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Le Monde de Nathan

Ciné-chroniques

Film anglais de Morgan Matthews

Avec Asa Butterfield, Sally Hawkins, Rafe Spall, Eddie Marsan, Jo Yang, Martin McCann, Jake Davies

Sortie le 10-06-2015
          

Par Henri Lanoë    

Durée: 1h51

 
            
          
Matheux Matthews

Morgan Matthews est un documentariste britannique réputé qui s’est intéressé, principalement pour la télévision, à une grande variété de sujets qui lui ont rapporté de nombreux prix. C’est lors de la réalisation d’un film sur les Olympiades Internationales de Mathématiques (Beautiful Young Minds en 2007) que lui vint l’idée d’écrire un scénario pour son premier long-métrage, "Le Monde de Nathan", consacré à ces surdoués, souvent porteurs d’un trouble cognitif neurologique proche de l’autisme qui, étrangement, facilite le déchiffrement des problèmes mathématiques. Conscient que par essence le documentaire ne s’approprie que la réalité présente, Morgan Matthews a choisi de traiter l’enfance de Nathan - marquée par la mort de son père dans un accident de voiture - puis d’aborder son adolescence où sa capacité à résoudre les difficultés mathématiques le fait très vite remarquer par ses professeurs alors que, replié sur lui-même, il éprouve une profonde difficulté à communiquer avec le monde extérieur, y compris sa mère.

Cet intéressant sujet a déjà tenté les cinéastes (et les comédiens en quête d’Oscars). On n’a pas oublié Dustin Hoffman dans Rain Man (1988), Matt Damon dans Will Hunting (co-scénarisé par Ben Affleck 1997) et, plus récemment, Russel Crowe dans A beautiful Mind(2001). Mais ces trois films étaient soutenus par des comédiens dont la longue carrière a prouvé, depuis, qu’ils étaient aussi solides que les scénarios proposés. Faire reposer l’histoire de Nathan sur les jeunes épaules d’Asa Butterfield ne constituait pas un risque en soi, puisqu’il incarne remarquablement ce héros fragile et solitaire : l’évolution de sa relation avec le monde semblait suffisamment intéressante pour nous attacher à ses éventuels progrès. Mais, dans le doute, les scénaristes ont cru nécessaire d’enrichir (?) cette histoire en nous promenant alternativement de Taïwan - où vont se dérouler les Olympiades et un espoir d’ouverture vers les autres de la part de Nathan – à Cambridge où va se nouer une "love affair" délicate et hors sujet entre la maman veuve et le prof de maths (gravement malade) qui a beaucoup encouragé la candidature de Nathan. Et ce n’est pas le traitement à l’eau de rose de l’amourette qui s’ébauche entre ce génie timide et une jeune matheuse chinoise qui va réveiller notre intérêt. Comme souvent, quelques coupes dans la seconde partie de cette trop longue histoire (1h51) auraient suffi pour le maintenir.

 
                    

 

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