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Les Oiseaux de passage

Ciné-chroniques

Film colombien de Cristina Gallego et Ciro Guerra

Avec : Carmiña Martinez, Jose Acosta, Jhon Narvaez, Natalia Reyes, Jose Vicente Cotes, Juan Martinez, Greider Meza

Festivals : Cannes 2018 : Sélection Quinzaine des Réalisateurs ; Biarritz 2018 : Abrazo du Meilleur Film ; Beaune 2019 : Sélection Officielle

2h05

10 avril 2019

Southern Colombien

Après le remarquable Los Silencios de Beatriz Seigner, voici une nouvelle bonne surprise du cinéma sud-américain, ces Oiseaux de passage qui survolent la Colombie dans un film exceptionnel qui mélange tous les genres ; ethnographie, western, polar, histoire d’amour contrariée et film de gangsters, le tout incorporé dans un scénario épique parfaitement maîtrisé par un jeune couple de réalisateurs, Cristina Gallego et Ciro Guerra, qui rejoignent ainsi  la liste des frères cinéastes, les Taviani, Dardenne et autres Coen avec une légère différence : ils ne sont pas frère et sœur mais, à l’origine, Productrice et Réalisateur. C’est leur troisième long-métrage après les succès de Los Viajes del vento (2009) et L’Étreinte du serpent (2015) pour lesquels Cristina avait ajouté à son activité de productrice tant d’interventions au scénario et au montage que Ciro souhaita qu’elle soit coréalisatrice pour Les Oiseaux de passage.

Le point commun de ces quatre films peut se situer dans la recherche d’un passé lointain, créateur de mythes qui survivent toujours malgré l’invasion espagnole. Mais, seul le scénario des Oiseaux de passage fait appel au banditisme des temps modernes aux prises avec les traditions ancestrales des cultes des peuplades locales wayuu. Le film se déroule dans la région désertique de la Guajira où les narcotrafiquants ont fait fortune dans la décennie 1970-1980 en exploitant la culture intensive de la marijuana dont raffolait la jeunesse californienne. Étrangement, ce pactole dû à l’avidité des hommes dérange les traditions matriarcales qui gèrent la société wayuu sous la houlette d’une énergique matrone. La parité est en action et les hommes n’en sortent pas vainqueurs. Si la Culture amazonienne est en péril, l’ethnie wayuu reste bien vivante à condition de ne pas se frotter aux influences occidentales. Ce film somptueux aux images superbes et aux multiples péripéties ne peut se résumer. Aller le voir est la meilleure solution pour l’apprécier.

Henri Lanoë
Cinéchronique

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