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Asako I & II

Ciné-chroniques

Film japonais de Ryûsuke Hamagushi

 

Avec Masahiro Higashide, Erika Karata, Koji Seto, Rio Yamshita, Sairi Hito, Daichi Watanabe, Koji Nakamoto, Misako Tanaka

Festival de Cannes : Sélection officielle COMPETITION

 Quitte ou Double ?

 

            Diplômé en 2008 de la Graduate School of Film de Tokyo, Ryûsuke Hamagushi commence une carrière de documentariste avec des films concernant les victimes des grands tremblements de terre qui ébranlent régulièrement le Japon. Certains films suivants se caractérisent par leur longueur : Intimacies (2012) 4h15, Senses I II III IV V (2015) 5h17 ! Pour ASAKO I & II, les producteurs ont exigé un film de 2 heures (mais la mention I & II du titre peut entretenir un doute).

            Le scénario est inspiré d’un roman de Tomoka Shibasaki dont l’originalité a séduit Ryûsuke Hamagushi : une adolescente, Asako, tombe amoureuse d’un jeune homme décontracté mais peu fiable, Baku, qui l’abandonne un jour sans préavis. Désespérée, elle quitte Osaka pour Tokyo. Deux années passent… Un jour, elle croit l’y retrouver mais ce n’est pas lui : c’est un sosie parfait, quoiqu’un peu provincial, mais avec des qualités évidentes : Ryohei est travailleur et plein d’attentions séduisantes. Asako retombe amoureuse : cette fois c’est la bonne. On se demande quand même si elle n’est pas dupe d’un déguisement de l’imprévisible Baku jusqu’au jour où celui-ci réapparait et va semer le trouble dans la vie paisible du nouveau couple. Ryûsuke Hamagushi convient que l’adaptation du roman a pris beaucoup de temps et qu’il finissait par douter de ce projet jusqu’à ce qu’il trouve son couple d’acteurs : une jeune inconnue, Erika Karata, pour Asako. et Masahiro Higashide, déjà présent dans ses films précédents, pour les 2 rôles de Baku et Ryohei.

            Dans cette première partie, un climat léger baigne le récit, parfois teinté d’humour ou d’inquiétude lorsqu’un séisme provoque l’évacuation d’une salle de théâtre. Mais les Japonais cohabitent avec ce danger permanent. Par contre, le retour imprévu de Baku après 90 minutes de projection interrompt le style léger qui faisait le charme de cette histoire disparaît, remplacé par les interminables hésitations de Asako qui n’arrive pas à sélectionner qui sera son compagnon définitif durant une ultime demi-heure. Les producteurs peuvent être satisfaits : le film dure 2 heures comme promis, mais il était bien plus maîtrisé en 90 minutes.

Henri Lanoë
Cinéchronique

 

 

 

 

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