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Ave, Cesar

Ciné-chroniques

Film américain de Joel et Ethan Coen
Avec Josh Brolin, George Clooney, Alden Ehrenreich, Ralph Fiennes, Jonah Hill, Scarlett Johansson, Frances McDormand, Tilda Swinton, Channing Tatum

Ouverture de la 66e Berlinade 2016

Ô Brothers

Depuis Blood Simple (Sang pour Sang 1984), les frères Coen ont réalisé 17 films dont 9 ont été sélectionnés à Cannes qui leur a offert, en plus de quelques prix, une présidence du jury bien méritée en 2015. On ne présente plus ce(s) réalisateur(s) bicéphale. Talentueux touche-à-tous-les-genres du cinéma (drame, comédie, polar, western), il ne leur manquait que le péplum : c’est désormais chose faite. On ne peut pas les comparer à Mel Brooks qui avait fait de la parodie son unique fond de commerce : les films « sérieux » de Joel & Ethan pourraient passer pour de vrais thrillers ou d’authentiques westerns, s’il n’y avait pas une discrète trace d’humour dans le traitement de la violence. J’aimerais mieux les comparer à des faussaires doués, comme ces peintres qui ont vécu en s’imprégnant du style des grands maîtres pour faire des chefs d’oeuvre capables de berner acheteurs, critiques d’art et experts autoproclamés. (Ce n’est pas une critique mais un compliment).

Ave César est donc un hommage réussi au cinéma hollywoodien des années cinquante. Tous les genres qui firent la fortune des grands studios (western, romance, guerre froide, comédie musicale, ballets aquatiques, antiquité) sont évoqués sur les multiples plateaux où une armée de comédiens et de techniciens fabrique les futurs "blockbusters" (ou bides) de la saison prochaine. Le "big boss" de cette industrie est constamment sollicité par des problèmes variés jusqu’au jour où la star qui incarne le chef des centurions romains est enlevée avec demande de rançon. La coupe est pleine ! C’est à ce moment que le PDG de l’usine Lockheed débarque et lui offre un pont d’or pour gérer sa société d’aviation en laissant tomber ses studios et leurs occupants paranoïaques : « le transport aérien c’est l’avenir alors que cinéma est agonisant… »

Laissons le "Big Boss" réfléchir à cette proposition alléchante tandis que le chef des centurions se laisse séduire par ses ravisseurs, et soulignons ce qui est commun aux frères Coen et à Mel Brooks : une troupe d’acteurs fidèles. Chez l’un, on retrouvait de film en film sa femme, Anne Bancroft, Gene Wilder, Dom de Luise, Marty Feldman ; chez les deux autres, il suffit de lire le générique pour en retrouver plein dans cet Ave César .

Henri Lanoë
Cinechronique

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