Merci !

La Route sauvage

Ciné-chroniques

Inspiré du roman de Willy Vlautin Lean on Pete

Film anglais d'Andrew Haig
Avec Charlie Plummer, Steve Buscemi, Chloe Sevigny, Travis Fimmel, Steve Zahn, Allison Elliot, Justin Rain, Lewis Pullman, Bob Olin, Teyah Hartley, Rachael Perrel Fosket, Jason Rouse

Au pas, camarade, au pas…

 

Charley est un adolescent solitaire de 15 ans qui vit près d’un champ de course dans un bled de l’Oregon. Apparemment peu scolarisé mais autonome, il court toute la journée sur les chemins, infatigable, ou bien va traîner près des chevaux et des jockeys car il n’a guère de famille alors qu’il aimerait tant en avoir une. Il y a bien la Tante Margie qu’il n’a jamais vu et qui habite au diable, dans le Colorado, mais en attendant il se contente de la fréquentation de Del Montgomery, propriétaire de chevaux, et de Bonnie, femme jockey et compagne de Del. Celui-ci a confié à Charley l’entretien d’un vieux pur-sang, Lean on Pete, Cette activité de lad l’enchante car il entretient avec Lean on Pete une relation de plus en plus privilégiée qui en fait, malgré sa taille, un animal de compagnie. Seule bizarrerie pour un garçon aussi sportif : il n’envisage pas d’apprendre l’équitation alors qu’il en a vraiment l’occasion. Mystère… Hélas, l’âge du pur-sang ne le condamne pas à une retraite paisible mais à l’équarrissage. Atterré par cette information, Charley décide une nuit de le sortir de son box et de s’échapper avec lui. Cette entrée en matière intrigante nous laisse espérer un développement riche en péripéties.

Mais la deuxième partie de ce récit est constituée par le très, très, très long voyage de Charley marchant à côté de son cheval qu’il tient par la bride, traversant ainsi l’Oregon, l’Idaho, le Wyoming, l’Utah et le Colorado, soit plus de 1000 kilomètres, en espérant trouver à l’arrivée la fameuse Tante Margie qui habite, peut-être, à Denver. Imaginez un piéton qui ferait Dunkerque / Marseille à la suite d’un pari : combien de semaines lui faudrait-il ? Si, au moins, Charley galopait à travers ces somptueux décors de cartes postales, on aurait un peu l’impression d’être au cinéma. De plus, dans ces paysages plutôt désertiques, les rencontres sont rarissimes et peu passionnantes, sauf la dernière qui est vraiment inattendue mais, après deux heures de projection pour y arriver, nous sommes plutôt fourbus... La seule véritable surprise c’est de découvrir que ce film languissant soit signé par Andrew Haigh, réalisateur du remarquable 45 ans. La campagne anglaise lui réussit nettement mieux que les grands espaces américains.

Henri Lanoë
Cinéchronique

 

Ces articles pourraient vous intéresser

Il Figlio Manuel
Alice T.