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Le Chant du merle

Le chant du merle
Ciné-chroniques

Film français de Frédéric Pelle
Avec Adélaïde Leroux, Nicolas Abraham, Myriam Boyer, Patrick d Assumsao, Pierre Bouysset, J-M Teulière, Thomas Arnaud, Sylvie Jobert, Denis Duvin, Jade Phan Gia

L'espoir fait mourir

Frédéric Pelle a déjà réalisé de nombreux courts-métrages et un premier long en 2010, La Tête ailleurs. Ancien assistant de René Féret, il a hérité de celui-ci le goût des histoires simples qui se déroulent dans des provinces d’apparence paisible, ainsi que le désir d’être son propre producteur pour garder le contrôle artistique de ses films. Le Chant du merle a été réalisé dans ces conditions avec l’aide de René Féret qui a participé aux finitions du scénario et a assuré le rôle de distributeur quelques mois avant son décès. Ce film tourné en Corrèze avec une équipe réduite et peu d’acteurs professionnels – la plupart des personnages étant interprétés par les habitants eux-mêmes – se fait forcément remarquer au milieu du déferlement des « grandes » productions peuplées de stars qui inonde les écrans de la planète.

Frédéric Pelle en a écrit le scénario avec Orlanda Laforêt, sa compagne, dans l’auberge du village, à Aubazine, où ils viennent régulièrement en vacances. Inspiré par la disparition d’Aurélie, la servante de l’établissement quelques années auparavant, le couple a imaginé ce qu’aurait pu être la vie de cette jeune femme effacée et discrète, s’occupant également d’un vieux monsieur retraité et participant aux sorties en forêt du Club d’ornithologie local. Cette vie simple et réglée va être transformée par la rencontre d’un voyageur de commerce serviable et sympathique qui la dépanne, un jour, sur la route. Une véritable passion va naître dans le coeur de la solitaire Aurélie qui guette désormais les retours de cet amant itinérant qui semble également fort épris. Cette histoire simple entre des gens simples, traitée avec délicatesse, semble inspirée par une nouvelle de Maupassant, y compris la possibilité d’une menace planant sur ce couple amoureux. Dans ses précédents courts-métrages Frédéric Pelle avait déjà mélangé acteurs professionnels et amateurs, méthode qui renforce la crédibilité des personnages dans un récit cherchant le réalisme des lieux et des situations. Précédé d’une longue préparation sur place, Le Chant du merle, au rythme lent et paisible, a été tourné en seulement 23 jours : exploit aussi raisonnable et modeste que le budget du film.

Henri Lanoë
Cinechronique

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