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Mes jours de gloire

Ciné-chroniques

Film français d'Antoine de Bary
Avec : Vincent Lacoste, Emmanuelle Devos, Christophe Lambert, Noée Abita, Damien Chapelle, Marc Fraise, Antoine Poulet, Jochen Hagele, Pierre Maillard, Thomas Blumenthal

Durée : 1h39

Sortie : 26 février 2020

Sélection au 76e Festival de Venise

Vingt cent Lacoste !

 

En 2009, première apparition du lycéen Vincent Lacoste dans un rôle de préado onaniste qui le rendra célèbre : Les Beaux Gosses de Riad Sattouf. 24 films plus tard, le voici dans Mes Jours de Gloire d’Antoine de Bary où il incarne Adrien, jeune comédien très apprécié quand il était enfant, mais délaissé aujourd’hui par les producteurs. Seule la branlette inaboutie reste encore présente dans son intimité puisqu’il n’arrive toujours pas à « conclure » avec les filles, comme disait Michel Blanc. Pourtant lorsqu’il rencontre la timide et délicieuse Léa (Noée Abita), un espoir d’amélioration érotique semble enfin possible, mais leur relation demeure désespérément platonique, malgré le charme évident de Vincent Lacoste.

Voici donc un comédien à l’affiche de 24 films qui, depuis une dizaine d’années, incarne ce personnage séduisant, sympathique, relax, avec son visage enfantin de page florentin, mais capable d’interpréter drames ou comédies avec la même sérénité et le même naturel, car il est convaincant dans les situations tragiques ou humoristiques. Souhaitons que son actuelle notoriété, ces multiples couvertures de magazines et ces portraits abondants de son visage juvénile exprimant toutes sortes de sentiments divers (joie, chagrin, indifférence, colère, mépris ou ironie comme dans l’étrange affiche de Mes Jours de Gloire), ne lassent pas un public encore séduit par son talent.

Antoine de Bary, réalisateur du film, est un vieil ami de Vincent Lacoste qui a naturellement accepté de participer à son premier long-métrage. Le scénario, écrit sur mesure, va tenter d’utiliser toutes les facettes de ce comédien surdoué, du sourire aux larmes, de la joie au drame. Le prologue montre l’intervention des sapeurs-pompiers dans son immeuble. Adrien assiste à l’installation de la grande échelle, puis l’emprunte pour monter chez lui par la fenêtre, car il avait égaré les clefs de l’appartement ! Nous voici presque chez Buster Keaton. Bien entendu, il loge toujours chez ses parents, encadré par une mère psychanalyste et un père alcoolique, passant de la grasse matinée aux siestes réparatrices… Sans enthousiasme, entre deux branlettes, il tente parfois sa chance dans d’hasardeux castings. Un jour, miracle, on lui propose d’incarner le Général de Gaulle ! Pourquoi pas, puisque les essais semblent satisfaire la Production ? Mais, sans préavis, c’est finalement Lambert Wilson qui décrochera le rôle, question de taille ! Vont se succéder désormais divers échecs qui amèneront Adrien à une tentative de suicide. E finita la commedia : Keaton a laissé la place à Donald Sirk et le spectateur reste perplexe devant le long épilogue qui clôt ce récit au titre ambigu.

Adrien deviendra-t-il enfin un adulte ?   

Henri Lanoë
Cinéchronique

 

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