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Oleg

Ciné-chroniques

Lettonie/Lituanie/Belgique/France

 

Film de Juris Kursietis
AvecValentin Novopolskij, Dawid Ogrodnik, Anna Prochniak, Adam Szyszkowski,     Guna Zanna

Sélection Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2019

 

Born Loser Letton

 

Cette étrange histoire, co-produite par un quatuor européen, est le second film de Juris Kursietis après Modris (2013) qui avait déjà révélé un réel talent de cinéaste chez ce jeune réalisateur. Il nous propose aujourd’hui Oleg qui ne décevra pas les amateurs de films originaux. L’ouverture du récit confirme le goût du réalisateur pour les images choc : après un très large panorama sur des montagnes enneigées la caméra s’approche jusqu’au gros plan du visage d’un jeune homme étendu dans la neige, vêtu d’un T-shirt blanc. Nous le retrouvons barbotant sous la glace d’un lac qui l’emprisonne. Va-il périr noyé ?... Non, car il est à présent dans un car, puis dans un train qui le débarque à Bruxelles. Va-t-il virerr SDF ?... Non, car c’est un excellent garçon boucher et il trouve un emploi dans une entreprise de viande industrielle parmi d’autres émigrés lettons. Accusé à tort d’avoir blessé un ouvrier menteur, il perd son emploi mais fait la connaissance du sympathique Andrzej, un Polonais émigré qui l’héberge avec d’autres émigrants dans une maison qu’ils rénovent. Oleg n’est plus boucher mais vague apprenti maçon dans ce groupe qui mêle Lettons, Lithuaniens, Russes, Polonais, Belges et non-Citoyens (!), tous sous-titrés en français, rassurez-vous.

 Le hic, c’est que Andrzej ne paie personne et qu’il est, en fait, un mafieux dangereux recherché par la police. En découvrant cela, Le naïf Oleg ose de vagues tentatives d’escapades pour fuir ce guêpier, mais il revient sans cesse vers cet Andrzej qui le fascine. Comme un leitmotiv durant le déroulement de ces sinistres péripéties bruxelloises, son angoissante noyade sous le lac gelé resurgit fréquemment, nous dévoilant peut-être l’imaginaire d’Oleg durant son agonie, ou bien est-ce un simple cauchemar rémanent qui hante toujours son sommeil agité ? Lors d’une de ces escapades, Oleg va entrer dans une cathédrale et découvrir l’Adoration de l’Agneau Mystique des frères Van Eyck : il se demande enfin s’il n’est pas lui aussi une victime ? Certes oui, mais pourra-t-il se libérer du piège bruxellois et regagner la Lettonie ? Juris Kursietis nous suggère une conclusion assez surprenante que je ne vous révèlerai pas, bien entendu.

Henri Lanoë
Cinéchronique

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Alice T.