Histoire-géographie Bac ES-L - Corrigé de la composition 1
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Composition

 

Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale

 

Analyse du sujet

• Le sujet est vaste. Il ne faut pas se perdre dans les détails. Le plan chronologique s’impose.

• Le sujet implique des changements d’échelles. Il faut distinguer par la construction du devoir les enjeux locaux et ceux qui sont plus mondiaux.

• Ne pas limiter le sujet au conflit israélo-palestinien même s’il mérite qu’une place importante lui soit attribuée. Définir (en introduction ?) la distinction entre Proche et Moyen Orient est un plus.

 

Corrigé

Introduction

[Contexte] En 1945, à la faveur de la paix retrouvée, Proche et Moyen-Orient forment une région politiquement réorganisée ; mais les accords ne satisfont pas tous les partis en présence. [Problématique] Quels foyers de conflits apparaissent ? En quoi déstabilisent-ils la région pour longtemps ? [Annonce du plan] Après avoir évalué les enjeux propres à la région (1945-1947), nous évoquerons les guerres israélo-arabes (1948-1979) auxquelles font suite les guerres du pétrole (depuis 1980).

I. 1945-1947 : une région riche en atouts, politiquement redessinée

1. Le carrefour de trois continents, réservoir mondial de pétrole

• La région est au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe. Des routes maritimes importantes y sont rattachées (Bosphore, canal de Suez, détroit d’Ormuz).

• Elle détient les plus importantes réserves d’hydrocarbures mondiales. Les plus gros pays producteurs de pétrole s’y concentrent (Arabie Saoudite, Irak, Iran, Émirats arabes unis).

2. Des États pauvres confiés à des alliés jugés fiables

• Suite aux promesses faites pendant la Seconde Guerre mondiale, des États y voient le jour : le Liban en 1943, la Jordanie et la Syrie en 1946. En Irak et en Iran, le pouvoir est confié à des personnalités amies des vainqueurs.

• Les États de la région ont tout à construire. Pour la plupart se pose aussi la question de l’eau, ressource rare.

• Des minorités ethniques (druzes, kurdes) ou religieuses (yézidis, maronites) sont marginalisées ou ignorées.

3. La création de l’État d’Israël dans un espace à haute identité sacrée

• Berceau des religions monothéistes, la région est riche en lieux saints disputés (Jérusalem, La Mecque, Nadjaf, etc.).

• Les juifs revendiquent la création d’un État promis en 1917 par les Britanniques.

• En 1947, l’Organisation des Nations unies (ONU) propose un plan de partage de la Palestine en trois entités : un État juif, un État palestinien et Jérusalem sous statut international. Validé par les grandes puissances, il est rejeté par la Ligue arabe. [Transition] Espace à forte identité confessionnelle, Proche et Moyen-Orient constituent une région où se croisent de nombreux intérêts. La victoire de 1945 a permis aux Grands d’imposer leur ordre ; mais celui-ci résistera-t-il à ceux qui le désapprouvent ?

II. 1948-1979 : des guerres israélo-arabes entretenues par les grandes puissances

1. La guerre de 1948 et la question palestinienne

• La création de l’État d’Israël en 1948 est remise en cause par les pays arabes qui déclenchent un conflit militaire contre lui.

• La victoire des Israéliens leur permet d’agrandir leur territoire. Elle provoque aussi l’exode de 800 000 Palestiniens.

• Les Israéliens revendiquent leur droit à disposer du territoire qui leur a été accordé par la communauté internationale. Les Palestiniens réclament le même droit, mais l’État prévu pour eux n’a pas vu le jour.

2. 1956 : Un conflit israélo-arabe instrumentalisé par les Européens

• Soucieux de se développer, les États arabes cherchent des capitaux. Pour financer la construction du barrage d’Assouan sur le Nil, le président égyptien Gamal Abdel Nasser décide de nationaliser le canal de Suez.

• Français et Britanniques, qui en avaient alors la gestion, incitent les Israéliens à déclencher une guerre préventive contre l’Égypte. Ils prévoient de proposer ensuite leur arbitrage. Si l’opération est un échec pour eux, elle est un succès pour Israël qui désarme ainsi son grand voisin.

• Nasser se tourne vers l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Dans le cadre de la guerre froide, Proche et Moyen-Orient constituent un enjeu pour les deux Grands.

3. 1967-1977 : des guerres soutenues par les grandes puissances

• Les États-Unis aident Israël, l’URSS soutient les États arabes. Les guerres des Six Jours en 1967 et du Kippour en 1973 n’apportent aucune solution.

• En 1967, Israël s’est emparé de vastes territoires (Sinaï, Gaza, Cisjordanie et plateau du Golan) qu’il promet de rendre en échange de la paix. L’ONU condamne l’occupation israélienne ; mais, bloquée par le veto américain au Conseil de sécurité, elle ne peut agir.

• Après l’échec de la guerre du Kippour, l’Égypte traite avec Israël qui lui rend le Sinaï en 1979. Livrés à eux-mêmes, les Palestiniens multiplient les attentats. [Transition] L’équilibre entre les deux Grands, les intérêts nationaux des États arabes et la résistance des Israéliens figent la situation. Mais en 1979 l’Iran fait une révolution islamique. Comment s’en ressent l’ensemble de la région ?

III. De 1980 à nos jours : une région en feu sur fond de radicalisation islamique

1. Batailles pour la domination régionale

• Depuis 1945, Turquie, Arabie Saoudite, Irak et Iran cherchent à asseoir leur domination régionale. Mais, au début des années 1980, l’échec des nationalismes et l’espoir suscité par la révolution iranienne déstabilisent la région.

• Pendant huit ans (1980-1988), l’Iran et l’Irak se déchirent dans une guerre qui a de fortes répercussions internationales : second choc pétrolier en 1979, contre-choc en 1986.

• Les ambitions nucléaires de l’Irak et de l’Iran inquiètent les Occidentaux.

2. Les guerres du pétrole

• En 1991, Saddam Hussein tente d’annexer le Koweït pour faire de l’Irak la première puissance pétrolière mondiale. Les États-Unis obtiennent mandat de l’ONU pour l’en chasser. C’est la première guerre du Golfe.

• En 2001, Al-Qaïda revendique les attentats contre le World Trade Center de New York : c’est une véritable déclaration de guerre à l’Occident.

• Les États-Unis interviennent alors en Afghanistan (2001) puis en Irak (2003) dans le cadre de la lutte contre le « terrorisme ». Ils cherchent aussi à garder le contrôle du pétrole. Contre l’Iran, ils soutiennent l’Arabie saoudite et Israël. Les attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz (2019) témoignent des fortes tensions maintenues dans la région.

3. Le conflit israélo-palestinien

• En 1986, une nouvelle forme de guerre oppose l’État d’Israël aux Palestiniens des territoires occupés qui se battent à mains nues : c’est la première Intifada (« guerre des pierres »).

• La disparition de l’URSS en 1991 change la donne géopolitique : Yasser Arafat se rapproche des États-Unis et accepte les accords d’Oslo en 1993. La paix semble possible.

• Mais un front du refus bloque le processus : l’intransigeance israélienne qui colonise les territoires occupés d’une part, l’émergence de nouveaux mouvements palestiniens se réclamant de l’islamisme (Hamas, Hezbollah) d’autre part, perpétuent l’état de guerre. L’élection de Donald Trump qui installe l’ambassade américaine à Jérusalem et soutient la politique de colonisation israélienne, y contribue également.

Conclusion

Depuis 1945, l’ingérence des grandes puissances, les ambitions régionales des États et la radicalisation des peuples attisent les foyers de conflits et maintiennent Proche et Moyen-Orient dans le chaos. Les tensions au Yémen ou celles qui opposent l’Iran aux États-Unis vont-elles déclencher un nouveau conflit ?