Les pronostics 2016 du bac ES – Philosophie
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Les pronostics du bac ES – Philosophie
Par François Jourde

Présentation générale de l’épreuve

> coefficient : 4
> durée : 4 heures

C’est une tradition : l’épreuve écrite de philosophie ouvre le bal du baccalauréat. On vous demande de choisir un sujet parmi deux dissertations et une explication de texte.

  • La dissertation consiste d’abord à transformer une question en un problème, puis à examiner les arguments des différentes positions, en vous appuyant sur votre culture philosophique.

Voir la fiche sur la méthode de la dissertation et la fiche audio.

  • L'explication de texte consiste à d’abord comprendre la thèse et l’argumentation d’un texte, puis à examiner si ce texte répond au problème philosophique qui l’encadre.

Voir la fiche audio sur la méthode de l’explication de texte.

L’épreuve de philosophie est un exercice de réflexion méthodique appuyée sur des références (auteurs, doctrines, vocabulaire). Les examinateurs vont évaluer vos efforts :

  • de questionnement,
  • d’argumentation,
  • d’utilisation du cours de philosophie et de votre culture générale.

Vous devrez mobiliser les ressources que l’on peut attendre d’un élève de terminale convenablement entraîné. De fait, vous ne pourrez utiliser intelligemment que ce que vous aurez compris en profondeur (non pas ce que vous aurez superficiellement « bachoté »). Cela est possible, car toutes les notions ne se valent pas : certaines sont transversales et surplombantes. Elles doivent donc être étudiées en priorité.

Finalement, n’oubliez pas que vous aurez le choix entre trois sujets couvrant au moins trois grandes notions du programme. Autrement dit, il y a peu de chance de « sécher » au bac de philo.

 

Rappel sur le programme

Le programme de philosophie en série ES comporte :

  • Une liste d’auteurs et l’étude d’au moins une œuvre ;
  • Une liste de 19 notions organisées en 5 champs :

Le sujet (la conscience, l'inconscient, autrui, le désir) ;

La culture (le langage, l'art, le travail et la technique, la religion, l'histoire) ;

La raison et le réel (la démonstration, l'interprétation, la matière et l'esprit, la vérité) ;

La politique (la société et les échanges, la justice et le droit, l'État) ;

La morale (la liberté, le devoir, le bonheur).

  • Une liste de repères, qui sont autant d’outils pour construire une réflexion claire et distincte. Ils ne sont pas à négliger.

 

Les notions probables

Pour vous guider dans vos révisions, voici quelques notions fondamentales avec des exemples de sujets corrigés sur Annabac.

 

Le désir : pensez à relier le désir à la liberté (le désir peut être un esclavage, mais aussi une force libératrice), au bonheur (peut-on désirer avec sagesse ?) et à la vérité (désir et illusion).

Voir la fiche sur le désir.
 

Sujet corrigé : Peut-on désirer sans souffir ?

L’art : l’art (qui vise la beauté) se distingue de la technique (qui vise l’utilité), même si les deux activités exigent du travail. Le beau est-il objectif ? C’est la question de la subjectivité ou de l’objectivité du jugement de goût (Kant). L’art est-il une illusion ? C’est la question du rapport de l’art à la vérité (Platon, Hegel, Nietzsche). >

Voir la fiche sur l’art.

Sujet corrigé : texte de Bergson sur la perception artistique.
 

Le travail et la technique : comprenez le débat sur la valeur du travail et de la technique, ainsi que sur la valeur du progrès technique : libération ou aliénation ?

Sujet corrigé : Le développement technique transforme-t-il les hommes ?
 

La vérité : notion capitale, car c’est l’objet même de la philosophie et de la science ! Distinguez la vérité matérielle (correspondance entre la pensée et les choses) et la vérité formelle (simple cohérence logique de la pensée). La connaissance de la vérité est-elle tout à fait possible ? Pouvons-nous connaître la vérité avec certitude (dogmatisme), ou bien tout reste-t-il douteux (scepticisme) ? Autre question : quelle est la valeur de la vérité ? Ne faut-il pas préférer l’illusion réconfortante à la vérité angoissante ?

Voir la fiche sur la vérité.

Sujet corrigé : Peut-on en finir avec les préjugés ?
http://www.annabac.com/content/peut-en-finir-avec-les-prejuges

Le droit et la justice : distinguez les deux sens de ces termes, qui s’entendent chacun à la fois comme fait (le droit positif, la justice institutionnelle) et comme valeur (le droit naturel, la justice idéale) : c’est la distinction du légal et du légitime. Le droit établit un ordre des choses au nom de la justice (au nom de certaines valeurs). La liberté, permise ou limitée par le droit, est un enjeu essentiel.

Voir la fiche sur le droit et la justice.

Sujet corrigé : La liberté est-elle menacée par l'égalité ?
 

La liberté : la liberté est la capacité de penser et d’agir de manière autonome. Elle pose à la fois une question de fait (sommes-nous effectivement libres ? n’est-ce pas une illusion ?) et une question morale et politique (la liberté est une exigence, un combat).

Voir la fiche sur la liberté.

Sujet corrigé : texte de Sartre sur la liberté comme responsabilité
 

La morale : la morale nous commande notre devoir (ce que l’on doit faire), au nom du bien et du mal. Ces valeurs font évidemment l’objet d’un débat. Quelles sont-elles ? D’où viennent-elles ? Sont-elles universelles ?

Voir la fiche sur la morale et la fiche sur le devoir.

Sujet corrigé : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?
http://www.annabac.com/content/pour-agir-moralement-faut-il-ne-pas-se-soucier-de-soi

 

Les notions probables et quelques points clés

Autrui : une notion intimement liée à la conscience, à la liberté et à la morale. Autrui, c’est l’autre moi qui n’est pas moi. L’enjeu philosophique concerne la relation à autrui, qui de fait peut être violente, mais qui de droit exige le respect.

Un sujet corrigé : texte de Kant sur le respect d’autrui.

Théorie et expérience : comprenez à quel point la méthode scientifique est une activité toujours construite et critique, qui articule les expériences particulières aux théories générales.

Voir la fiche sur la raison et le réel.

Sujet corrigé : De quoi l’expérience nous instruit-elle ? 

La société et les échanges : l’humain a une nature à la fois sociale et égoïste (c’est notre « insociable sociabilité » selon Kant) ; l’organisation juste de la société est un enjeu politique et moral fondamental. Les échanges sont au cœur du lien social (toute société est un système d’échange) et ne sont pas seulement économiques (les échanges non-marchands forment des liens).

Sujet corrigé : Que gagne-t-on à échanger ?
 

L’État : l’État (n’oubliez pas la majuscule) regroupe les institutions chargées de réguler la société pour garantir la justice et les libertés individuelles, dans le cadre des lois. La légitimité de l’État est l’enjeu des théories du contrat social (Hobbes, Locke et Rousseau).

Voir la fiche sur la société et l’État.

Sujet corrigé : Le meilleur des gouvernements est-il celui qui gouverne le moins ?
 

Finalement, sur quels sujets s’entraîner à J – 2 ?

Texte d'Alain, sur le sujet

Ce texte d’Alain nous fait réfléchir sur l'origine et les modes de formation de l'idée du Moi, dont la familiarité masque des difficultés. L'importance de l'intervention des autres, notamment à travers le langage, ne conduit-elle pas à dire que ce que nous croyons avoir de plus propre est en réalité le produit d'une formation sociale ?

 

Texte de Lévi-Strauss, sur la culture

Qu’est-ce qu’un homme cultivé ? S’oppose-t-il à celui que l’on appelle barbare ? Et sur quoi repose la prétention à qualifier l’autre de « barbare » ? Ne manque-t-on pas soi-même d’humanité en la refusant à autrui ?

 

La vérité

 

La pluralité des opinions fait-elle obstacle à l'exigence de vérité ?

Une tâche essentielle de celui qui aime savoir la vérité consiste à identifier et à analyser les opinions afin de les dépasser. Cependant, leur nombre et leur variété sont un obstacle. Faut-il les dénombrer toutes et les réfuter une à une ? Leur multiplicité ne risque-t-elle pas de décourager un esprit animé des meilleures intentions ?

 

La liberté

Être libre, est-ce s’affranchir de toute autorité ?

Être libre dans un premier sens c'est faire tout ce que l'on veut, ne plus avoir à obéir aux ordres d'une quelconque autorité. Mais s'affranchir de toute autorité, n'est-ce pas vouloir se situer au-delà des lois de la société et même de celles de la nature, n'est-ce pas vouloir se poser comme maître absolu ? L'homme libre n'est-il pas plutôt celui qui a compris ces lois pour s'en servir et devenir son propre maître ?

 

La politique

 

La politique est-elle l’affaire de tous ?

Certes tous les citoyens ont le droit et le devoir civique de participer aux décisions dont les conséquences sont d'ordre public. Mais d'un autre côté, la politique est un métier relatif à l'exercice du pouvoir de commander. En ce sens, elle ne semble concerner que ceux qui s'y engagent et devient une affaire de professionnels. Que penser de cette dualité ?