Les pronostics 2018 du bac L – Philosophie
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Les pronostics 2018 du bac L – Philosophie
Par François Jourde

 

Présentation générale de l’épreuve

> coefficient : 7
> durée : 4 heures

C’est une tradition : l’épreuve écrite de philosophie ouvre le baccalauréat. Vous devrez choisir et traiter un sujet parmi trois propositions : deux dissertations et une explication de texte.

Voici quels brefs rappels de méthode.

  • Dissertation (sujet “question). Il ne faut pas répondre immédiatement à la question posée. Il faut d’abord questionner la question (que veut-elle dire ? en quels sens différents peut-on la comprendre ? quels sont ses présupposés ? quels sont ses enjeux ?). L’introduction pose d’abord la problématique (une série articulée de questions), le développement examine les grandes réponses possibles, en les appuyant sur des arguments, des références philosophiques et des exemples ; la conclusion donne en synthèse la meilleure réponse possible.  > Voir la fiche sur la méthode de la dissertation et la fiche audio.
  • Explication de texte (sujet “texte”). D’une part, il s’agit de montrer que l’on comprend le texte (il n’est pas nécessaire de connaître l’auteur)  : le problème auquel il répond, sa thèse (sa réponse) et son argumentation principale. D’autre part, il s’agit de montrer que l’on est capable d’évaluer ce texte, autrement dit de le discuter : la thèse est-elle la seule réponse possible au problème philosophique ? Est-elle bien argumentée ? Est-elle à nuancer ou même à rejeter ? Ses conséquences sont-elles acceptables ? > Voir la fiche audio sur la méthode de l’explication de texte.

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L’épreuve de philosophie est un exercice de réflexion méthodique appuyée sur des connaissances (auteurs, doctrines, vocabulaire). Pour cela, les examinateurs évalueront vos efforts :

  • de réflexion : ce n’est pas l’exposé d’opinions, mais une démarche d’analyse et de questionnement (recul critique) ;
  • de méthode : votre propos doit être organisé et montrer une progression, notamment dans l’argumentation ;
  • de mobilisation des connaissances : vous devez nourrir votre propos avec le cours de philosophie et votre culture générale. Vous devez mobiliser les ressources que l’on attend d’un élève de terminale convenablement entraîné. De fait, vous ne pourrez utiliser intelligemment que ce que vous aurez compris en profondeur (non pas superficiellement « bachoté »).
    Pas de panique : toutes les notions ne se valent pas et certaines sont transversales ou surplombantes : il faut les étudier en priorité. Et n’oubliez pas que vous aurez le choix entre trois sujets couvrant au moins trois grandes notions du programme. Autrement dit, il y a peu de chance de « sécher » au bac de philo.

Rappels sur le programme

Le programme de philosophie en série L comporte :

  • une liste d’auteurs (il n’est pas obligatoire de les avoir tous étudiés) ;
  • une liste de 23 notions (elles devront toutes avoir été étudiées, dans les combinaisons et l’ordre choisis par l’enseignant). Ces notions sont organisées en 5 champs : le sujet (la conscience, l’inconscient, la perception, autrui, le désir, l’existence et le temps), la culture (le langage, l’art, le travail et la technique, la religion, l’histoire), la raison et le réel (théorie et expérience, la démonstration, l’interprétation, le vivant, la matière et l’esprit, la vérité), la politique (la société, la justice et le droit, l’État), la morale (la liberté, le devoir, le bonheur). Dans votre série, tout ce qui tourne autour de la philosophie morale et politique est particulièrement important ;
  • une liste de repères. Ce sont des outils transversaux pour construire une réflexion claire et distincte. Ils ne sont pas à négliger !

Le programme impose aussi l’étude d’au moins deux œuvres complètes : des références qui vous serviront à l’écrit (elles constitueront éventuellement aussi les sujets de l’oral de l’épreuve de « rattrapage »).

Les notions probables et quelques points clés

Toutes les notions au programme peuvent être proposées au baccalauréat. Voici cependant quelques notions fondamentales, avec des exemples de sujets corrigés sur Annabac.

Autrui : notion centrale de la morale, très liée à la conscience et à la liberté. Autrui, c’est l’autre moi… qui n’est pas moi. L’enjeu philosophique porte sur la relation à autrui, qui de fait peut être violente, mais qui de droit peut exiger le respect (si l’on défend l’égalité des personnes).

Un sujet corrigé : texte de Kant sur le respect d’autrui

La vérité : notion capitale, car c’est l’objet même de la philosophie et de la science ! Distinguez la vérité matérielle (accord de la pensée avec les choses) et la vérité formelle (accord de la pensée avec elle-même : cohérence logique). Pouvons-nous connaître la vérité avec certitude (dogmatisme), ou toute pensée reste-t-elle douteuse (scepticisme) ? Quelle est en outre la valeur de la vérité ? Ne faut-il pas préférer l’illusion réconfortante à la vérité angoissante ? > Voir la fiche sur la vérité.

Sujet corrigé : Peut-on en finir avec les préjugés ?

Autre sujet corrigé : texte de Descartes.

Théorie et expérience : comprenez à quel point la démarche scientifique est toujours méthodique et critique, et qu’elle articule les expériences particulières aux théories générales. > Voir la fiche sur la raison et le réel.

Sujet corrigé : De quoi l’expérience nous instruit-elle ?

Le droit et la justice : distinguez les deux sens de ces termes, qui s’entendent chacun à la fois comme un fait (le droit positif, la justice institutionnelle) et comme une valeur (le droit naturel, la justice idéale) : c’est aussi la distinction du légal et du légitime. Le droit établit un ordre au nom de la justice (au nom de certaines valeurs). La liberté, permise ou limitée par le droit, est un enjeu essentiel. > voir la fiche sur le droit et la justice.

Sujet corrigé : La liberté est-elle menacée par l'égalité ?
https://www.annabac.com/content/la-liberte-est-elle-menacee-par-l-egalite

La liberté : la liberté est la capacité de penser et d’agir de manière autonome. Elle pose à la fois une question de fait (sommes-nous effectivement libres ? n’est-ce pas une illusion ?) et une question morale et politique (la liberté est une exigence, un combat). > Voir la fiche sur la liberté.

Sujet corrigé : texte de Sartre sur la liberté comme responsabilité

La morale : la morale nous commande notre devoir (ce que l’on doit faire), au nom du bien et du mal. Ces valeurs font cependant l’objet d’un débat. Quelles sont-elles ? D’où viennent-elles ? Sont-elles universelles ? > Voir la fiche sur la morale et la fiche sur le devoir.

Sujet corrigé : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

Les thèmes moins probables

La conscience et l’inconscient : il faut connaître les approches psychologiques de la conscience, mais aussi les bases de la pensée de Freud (psychanalyse) ; il faut aussi pouvoir comprendre ce que signifie la conscience morale.

Sujet corrigé : Peut-on s'excuser en disant : « J'ai agi inconsciemment » ?

Le désir : pensez à relier le désir à la liberté (le désir peut être un esclavage, mais aussi une force libératrice), au bonheur (peut-on désirer avec sagesse ?) et à la vérité (désir et illusion). > Voir la fiche sur le désir.

Sujet corrigé : Peut-on désirer sans souffrir ?

L’art : l’art (qui vise la beauté) se distingue de la technique (qui vise l’utilité), même si les deux activités exigent du travail. Le beau est-il objectif ? C’est la question de la subjectivité ou de l’objectivité du jugement de goût (Kant). L’art est-il une illusion ? C’est la question du rapport de l’art à la vérité (Platon, Hegel, Nietzsche). > Voir la fiche sur l’art.

Sujet corrigé : texte de Bergson sur la perception artistique

Autre sujet corrigé : une société peut-elle se passer d’art ?

Le travail et la technique : comprenez le débat sur la valeur du travail et de la technique, ainsi que sur la valeur du progrès technique : libération ou aliénation ?

Sujet corrigé : Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

L’histoire : l’histoire désigne le devenir des humains et des choses (faire l’histoire, avoir une histoire), mais aussi la connaissance de ce devenir (étudier l’histoire).

Sujet corrigé : Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ?

La démonstration : différenciez la démonstration (raisonnement dont la conclusion est nécessaire et certaine) de l’argumentation (raisonnement dont le résultat reste probable, donc douteux) ; comprenez que certains domaines échappent à la démonstration, mais non pour autant à l’argumentation (philosophie, morale, esthétique, politique). > Voir la fiche sur la démonstration.

Un sujet corrigé : texte de Russell sur la science et la religion

La matière et l’esprit : notions mobilisables sur de nombreux sujets. L’idéalisme (tout est esprit) défend la liberté transcendante de l’esprit, tandis que le matérialisme (tout est matière) veut nous libérer des fausses croyances en un autre monde. Ne pas confondre le matérialisme philosophique ou métaphysique avec le matérialisme vulgaire (obsession des objets et des plaisirs faciles du corps).

Sujet corrigé : L'esprit dépend-il de la matière ?

La société : l’humain a une nature à la fois sociale et égoïste (c’est notre « insociable sociabilité » selon Kant) ; l’organisation juste de la société est un enjeu politique et moral fondamental.

Sujet corrigé : texte de Kant sur la société, le bonheur et la liberté.

L’Etat : l’Etat regroupe les institutions chargées de réguler la société pour garantir la justice et les libertés individuelles, dans le cadre des lois. La légitimité de l’Etat est l’enjeu des théories du contrat social (Hobbes, Locke et Rousseau).

Sujet corrigé : Le meilleur des gouvernements est-il celui qui gouverne le moins ?

Au final, sur quels sujets s’entraîner à J – 2 ?

Le sujet

Ce texte d’Alain nous fait réfléchir sur l'origine et les modes de formation de l'idée du Moi, dont la familiarité masque des difficultés. L'importance de l'intervention des autres, notamment à travers le langage, ne conduit-elle pas à dire que ce que nous croyons avoir de plus propre est en réalité le produit d'une formation sociale ?

La culture

Texte de Lévi-Strauss.

Qu’est-ce qu’un homme cultivé ? S’oppose-t-il à celui que l’on appelle barbare ? Et sur quoi repose la prétention à qualifier l’autre de « barbare » ? Ne manque-t-on pas soi- même d’humanité en la refusant à autrui ?

La vérité

La pluralité des opinions fait-elle obstacle à l'exigence de vérité ?

Une tâche essentielle de celui qui aime le savoir et la vérité consiste à identifier et à analyser les opinions afin de les dépasser. Cependant, leur nombre et leur variété sont un obstacle. Faut-il les dénombrer toutes et les réfuter une à une ? Leur multiplicité ne risque-t-elle pas de décourager un esprit animé des meilleures intentions ?

La liberté

Être libre, est-ce s’affranchir de toute autorité ?

Être libre dans un premier sens c'est faire tout ce que l'on veut, ne plus avoir à obéir aux ordres d'une quelconque autorité. Mais s'affranchir de toute autorité, n'est-ce pas vouloir se situer au-delà des lois de la société et même de celles de la nature, n'est-ce pas vouloir se poser comme maître absolu ? L'homme libre n'est-il pas plutôt celui qui a compris ces lois pour s'en servir et devenir son propre maître ?

La politique

La politique est-elle l’affaire de tous ?

Certes tous les citoyens ont le droit et le devoir civique de participer aux décisions dont les conséquences sont d'ordre public. Mais d'un autre côté, la politique est un métier relatif à l'exercice du pouvoir de commander. En ce sens, elle ne semble concerner que ceux qui s'y engagent et devient une affaire de professionnels. Que penser de cette dualité ?