Philosophie Bac S - Corrigé 1
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Dissertation n° 1

 

La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?

 

La problématique du sujet

• Nous constatons que, contrairement aux espèces animales, le genre humain est divisé en cultures différentes, voire opposées : diversité de langues, de religions, de coutumes alimentaires ou vestimentaires, de pratiques artistiques, de conceptions sociales et politiques.

• Dès l’Antiquité, les Grecs excluaient les esclaves et les barbares de l’humanité proprement dite. Montesquieu se demandait « Comment peut-on être Persan ? ». Aujourd’hui encore, certains parlent de « choc des cultures » à propos des phénomènes migratoires ou de conflits politico-religieux.

• La question est donc posée de l’unité du genre humain : si la diversité et les divisions entre humains paraissent évidentes, qu’est-ce qui peut en assurer l’unité par-delà ces différences culturelles ? Autrement dit, qu’est-ce qu’être universellement un être humain ?

 

Plan détaillé

1. La pluralité des cultures divise le genre humain

A. Quelles différences culturelles ?

• Depuis le récit biblique de la tour de Babel, c’est d’abord la pluralité des langues qui divise l’humanité. Elle est présentée comme une punition divine censée affaiblir les hommes. Les Grecs appelaient « barbares » les peuples qui ne parlaient pas grec, et donc prononçaient une langue incompréhensible. Depuis, les philosophes, comme Leibniz, ont recherché une langue universelle pour abolir malentendus et incompréhensions.

• Au-delà de la langue, qui est le socle d’une identité culturelle, les hommes se distinguent par toutes ces coutumes symboliques qui les arrachent à la simple naturalité ; marquage du corps (tatouages), rites alimentaires, vestimentaires ou religieux, structures de la parenté, organisation de la société, visions du monde religieuse ou scientifique, avancement des techniques et formes artistiques. Ethnologues et historiens enseignent cette diversité souvent étonnante des cultures, comme on peut le lire chez Hérodote ou le voir au musée de l’Homme.

 

B. Pluralité ou opposition ?

• Cette pluralité a longtemps existé dans une coexistence pacifique et une ignorance mutuelle. Pourtant, dès l’Antiquité, des peuples entrent en conflit en raison de leurs conceptions culturelles antagoniques : les Grecs contre les Barbares, ou contre les Perses ; l’Empire romain contre les tribus de Germanie ; ou les tribus arabes à l’assaut de l’Empire byzantin.

• Des oppositions religieuses ou politiques ont conduit, au cours de l’histoire, à des guerres qui ont déchiré le genre humain, jusqu’à des entreprises d’extermination raciales, comme la Shoah, ou religieuses, comme les guerres entre catholiques et protestants.

 

2. Affirmer l’unité du genre humain

A. L’unité spécifique

• L’humanité est d’abord une réalité naturelle, celle d’une espèce vivante parmi d’autres, qui a son unité génétique, et qui peut se reproduire au sein de cette seule espèce.

• L’unité de l’humanité, en dépit des guerres, s’est affirmée par la découverte et la connaissance réciproque des peuples, grâce aux grands récits de voyages des navigateurs, aux historiens et aux ethnologues, qui nous font connaître la riche diversité des cultures, dont se nourrit aujourd’hui le tourisme de masse planétaire.

 

B. Une exigence humaniste

• Mais l’unité de l’humanité est aussi l’expression d’une volonté morale et politique qui, prend, dès l’Antiquité, la forme de l’idéal cosmopolitique : vouloir être citoyen du monde, pour Socrate et les Stoïciens, c’est vouloir dépasser les divisions et conflits interculturels pour affirmer l’universalité rationnelle du genre humain.

• La Déclaration des droits de l’Homme reprend cet idéal universaliste en considérant que, par-delà la pluralité des peuples et des cultures, chaque homme jouit des mêmes droits « naturels ». L’unité du genre humain s’établit ainsi en deçà et au-delà de la pluralité des cultures.

 

3. Articuler pluralité et unité

A. Dégager l’universel dans chaque culture

• Les religions, par-delà leur diversité, aspirent souvent à une même spiritualité et à une morale universelle, qui peut fonder une réconciliation œcuménique.

• La rencontre des cultures ne produit pas seulement des guerres, mais aussi des symbioses fécondes dans les domaines artistiques, médicaux, techniques ou environnementaux.

B. Lutter pour l’unité

• L’idéal humaniste et universaliste, depuis l’Antiquité et la Renaissance, nous guide vers l’unité de l’humanité à travers des valeurs comme la liberté et l’égalité, voire la fraternité universelle.

• La mondialisation engagée peut être ce mouvement d’unification du genre humain à travers un maximum de diversité culturelle préservée.

 

Conclusion

Si la pluralité des cultures a souvent été facteur d’incompréhension et de conflits, elle est aussi facteur de richesse à préserver dans une humanité réconciliée qui saurait imposer des valeurs universelles compatibles avec cette pluralité culturelle.