Centres d’impulsion et inégale intégration

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Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : Centres d'impulsion et inégale intégration

Centres d’impulsion et inégale intégration

Un petit nombre de pays rayonne sur le monde. Quels sont ces pays ? Quels sont leurs atouts ? Comment le monde s’organise-t-il autour d’eux ?

1Les centres d’impulsion se déclinent à des échelles différentes

A À l’échelle continentale et régionale


Les aires d’impulsion sont situées en Amérique du Nord, Europe occidentale et Asie orientale. Elles constituent l’oligopole mondial, ou Triade.

Elles sont concentrées : d’une part, sur la côte orientale d’Amérique du Nord ; d’autre part, au sein de la dorsale européenne ; enfin, sur la façade orientale du Japon et en Chine littorale. À l’exception de la dorsale européenne, ces aires d’impulsion correspondent à des interfaces.

Pièges et difficultés

Définir le sujet

Un centre d’impulsion est un espace géographique mesuré à différentes échelles qui, par son poids économique, stratégique ou intellectuel, occupe une place prépondérante dans l’organisation géographique de la planète, impulse et structure l’économie mondiale, intégrant plus ou moins les différents espaces. Les espaces marginalisés sont en retard de développement.

B À l’échelle locale


Les pôles d’impulsion sont situés dans les métropoles et plus particulièrement dans les CBD (Central Business Districts, ou quartiers d’affaires). Une trentaine de métropoles ont une influence mondiale, mais leur rayonnement reste incomplet (par ex. : Chicago, Milan).

Certaines métropoles sont des villes-monde ou villes globales, telles New York, Londres, Tokyo. Elles peuvent constituer, avec les métropoles environnantes, des systèmes urbains gigantesques ou mégalopoles (mégalopole du nord-est des États-Unis, de Boston à Washington ; mégalopole européenne ; mégalopole asiatique du « Japon de l’Endroit » ou de la Chine littorale).

Pièges et difficultés

Ne pas confondre

Une métropole est une ville dans laquelle se concentrent des fonctions politiques, économiques, culturelles qui lui donnent un pouvoir de commandement.

Une mégalopole est un ensemble urbain gigantesque constitué par plusieurs villes qui se rejoignent.

Une ville globale est une ville dont l’influence s’étend au monde entier.

2Les éléments de la puissance et de la capacité à impulser

A Les centres d’impulsion détiennent la richesse


Leur revenu national brut par habitant (RNB/hab.) et leur indice de développement humain (IDH), mesuré par la santé, l’éducation, le niveau de vie, les distinguent des autres territoires.

En revanche, ce n’est pas l’importance de leur population qui les définit. Par exemple, Mexico, avec son aire métropolitaine de 21 millions d’habitants a des activités internationales limitées, contrairement à Londres et ses 10 millions d’habitants.

B Les centres d’impulsion ont de fortes capacités


À diriger. Dans leurs métropoles, ils abritent les grandes institutions internationales : ONU à New York ; OMC à Genève ; FMI à Washington ; UNESCO à Paris. Ils sont le siège des institutions financières (bourses des valeurs comme Wall Street à New York, de commerce, banques) et des entreprises transnationales (Microsoft à Seattle, Toyota à Nagoya).

À produire. Leur production est importante et diversifiée, et peut aller du produit industriel de grande consommation ou de haute technologie aux services de pointe.

À créer et à innover. Ils bénéficient en cela du savoir-faire de leur population, de leurs infrastructures d’enseignement et de recherche, de leur investissement dans la recherche fondamentale et dans la recherche-développement et de leurs réseaux d’information (agences de presse, Internet, etc.).

À s’imposer au monde. Ils représentent souvent une référence politique et culturelle. Ils disposent d’un grand potentiel militaire, de réseaux économiques par le biais d’associations ou de structures de coopération, telles que ALENA entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

3Les centres d’impulsion et le reste du monde

A Une inégale intégration


Les centres d’impulsion ont des rapports privilégiés entre eux, soit complémentaires (par ex. : les États-Unis et l’Union européenne vendent des produits alimentaires au Japon), soit concurrents (par ex. : guerre commerciale entre l’Américain Boeing et l’Européen Airbus).

Ils entretiennent des relations intenses avec leurs périphéries proches, souvent dans le cadre d’une fragmentation du travail. Ainsi, les États-Unis avec le Mexique et le Canada ; le Japon avec la Corée du Sud et Singapour.

Ils polarisent certains territoires plus éloignés par le biais des échanges de marchandises (achat de matières premières comme le pétrole ou de produits industriels peu sophistiqués ; vente de produits stratégiques), de la fourniture de technologies, de l’aide au développement, des investissements directs. Ils créent ainsi des liens de dépendance Sud-Nord.

Ils marginalisent certains territoires, le plus souvent des (pays les moins avancés) (PMA) aux activités restées traditionnelles, aux échanges extérieurs limités, au faible PIB/hab.

Centres d’impulsion et inégale intégration

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B Une influence remise en cause


Par des difficultés internes. Les centres d’impulsion sont confrontés à des difficultés démographiques (vieillissement de la population), économiques (crise des industries traditionnelles voire stratégiques), financières (envolée de la dette publique), sociales (explosion du chômage).

Par la montée des puissances émergentes. Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) mais aussi les NPIA (nouveaux pays industriels d’Asie) et les États pétroliers s’intègrent de plus en plus dans l’économie mondiale. Partis de l’exportation de produits bruts et de productions à faible valeur ajoutée, ils ont remonté les filières et exportent aujourd’hui des productions de savoir-faire (Brésil) ou de services (Inde). La Chine est devenue, avec 17,5 % du total mondial, le 2e État du monde par l’importance de ses dépenses de recherche-développement. Les pays du Sud totalisent aujourd’hui 57 % du PIB mondial et sont devenus les banquiers du monde (la Chine est le premier créancier de la planète). Certaines de leurs villes (Bombay, Shanghai) jouent un rôle mondial. Par le biais du G20, ils revendiquent davantage de pouvoirs dans les instances internationales (ONU, FMI).

4Sujet d’étude n° 1 : Londres


Londres (9 millions d’habitants pour l’agglomération) appartient, avec New York et Tokyo, au club fermé des « villes globales ». Comment se justifie une telle appartenance ?

A Une métropole qui sait s’adapter


Jusque vers 1960, bénéficiant d’une situation remarquable au fond de l’estuaire de la Tamise, à proximité d’une des mers les plus fréquentées du globe, Londres est la capitale du Royaume-Uni et de l’empire colonial britannique. C’est aussi un des lieux majeurs de l’économie et de la géopolitique mondiales.

La place de Londres dans le Royaume-Uni :

– 0,7 % du territoire

– 12,5 % de la population

– 22 % du PIB

– 50 % des créations d’emplois

– 68 % des emplois du secteur culturel

– 29 % de la finance

Dans les années 1970, elle est confrontée à de sérieuses diffi­cultés : perte de l’empire colonial, désindustrialisation (aujourd’hui, Londres représente seulement 4,5 % de l’industrie du pays), fermeture des docks, etc.

Dans les années 1980-1990, la ville s’engage dans la voie du renouveau en se spécialisant dans des activités tertiaires de haut niveau (services aux entreprises, en particulier financiers ; culture), en accueillant des capitaux étrangers (par exemple le Shard, le plus haut gratte-ciel d’Europe qui a été financé par le Qatar) et en renouvelant ses paysages urbains, dans le centre-ville (quartier de la gare de Saint Pancras, terminal de l’Eurostar), dans les Docklands et de plus en plus dans les quartiers du sud de la Tamise.

B Une métropole spécialisée dans les activités stratégiques


Les activités londoniennes.

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Les défis d’une ville mondiale. Londres cherche à :

– maintenir son rang dans le cadre de la concurrence des villes globales (implication dans les Jeux olympiques de 2012) ;

– intégrer les nouveaux immigrants issus des anciennes colonies de l’empire britannique, mais aussi de l’Est de l’Europe. Un Londonien sur quatre est né en dehors du Royaume-Uni et les « Britanniques non-blancs » représentent 42 % de la population londonienne ;

– résoudre les fractures sociales : Londres connaît un des taux de pauvreté les plus élevés du Royaume-Uni et les grands travaux n’ont pas résolu le clivage social qui existe entre l’est et l’ouest de la ville.

5Sujet d’étude n° 2 : Shanghai


Dès 1910, Shanghai est la principale métropole portuaire et commerciale de la Chine. Dans quelle mesure cette situation perdure-t-elle aujourd’hui ?

A Les atouts de Shanghai


Une situation exceptionnelle. Shanghai est situé en Chine littorale, zone en pleine expansion, à proximité de la mer de Chine, au débouché du fleuve Yangzi, qui est l’axe de pénétration vers la Chine intérieure.

Une tradition d’ouverture. En 1842, le traité de Nankin autorise l’implantation de concessions étrangères (Angleterre, France, États-Unis) ; celles-ci permettent l’ouverture de la Chine sur l’extérieur.

Une volonté politique. Dès les années 1980 puis dans les années 1990, les dirigeants politiques chinois, souvent issus de Shanghai, cherchent à contrebalancer l’essor des provinces du sud centrées sur le delta de la rivière des Perles, Hongkong et la région de Canton, en dotant Shanghai d’avantages financiers. La métropole devient une ZES.

ZES : zone économique spéciale. Dotée d’avantages fiscaux et financiers, la ZES doit impulser le développement du pays.

B Une métropole au rayonnement mondial


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Par ses fonctions stratégiques. Les activités financières (Bourse, banques) et les services aux entreprises font de Shanghai un pôle majeur de commandement tertiaire. Les universités mettent actuellement l’accent sur la recherche et l’innovation, pour faire de Shanghai un pôle de haute technologie.

Par son ouverture sur le monde. Shanghai accueille des investissements chinois et étrangers ; des firmes transnationales s’y installent (IBM, Philips, Hewlett Packard), en particulier dans les nouvelles zones de développement. Des échanges importants de personnes et de biens sont assurés par l’aéroport international de Pudong et le port de Waigoaqiao doublé depuis 2005 par le port en eau profonde de Yangshan. La ville accueille des manifestations internationales, comme l’exposition universelle de 2010 sur le thème « une ville meilleure pour une vie meilleure ».

Par l’audace de son architecture. Aux gratte-ciel construits depuis les années 1990 dans la zone de Pudong et en particulier dans le quartier d’affaires de Lujigzui (par ex. : le Shanghai World Financial Center) s’ajoutent de spectaculaires ouvrages d’infrastructures : voies rapides surélevées, pont de Donghai de 33 km reliant Shanghai à Yangshan, etc.

C Une tête de pont pour la mise en valeur de l’intérieur


L’influence de Shanghai. L’influence de cette immense métropole de plus de 20 millions d’habitants doit s’étendre de plus en plus vers l’intérieur de la Chine, qui accuse des retards de développement.

Des liaisons avec l’intérieur renforcées. Les travaux d’aménagement du Yangzi, et en particulier la construction du barrage des Trois-Gorges, doivent faciliter la navigation sur le fleuve et permettre l’essor et le développement des villes de la Chine continentale telles que Chongquing.