Chine et Japon : entre complémentarité et concurrence

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Classe(s) : Tle L - Tle ES | Thème(s) : L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance
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Chine et Japon : entre complémentarité et concurrence

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Jusqu’à quel point et dans quels domaines Chine et Japon sont-ils concurrents au niveau régional ?

1La complémentarité du « circuit intégré asiatique »

AUn Japon toujours donneur d’ordres


chiffre clé La part de la Chine dans la valeur ajoutée d’un iPhone théoriquement « made in China » est de moins de 4 %.

 Les grandes firmes japonaises jouent un rôle considérable. Elles ont investi massivement depuis trente ans dans une Chine qui leur assurait une plate-forme manufacturière idéale.

 La Chine exporte ainsi des produits « made in China » dont les composants à forte valeur ajoutée viennent en réalité du Japon. Chine et Japon sont donc plus complémentaires que concurrents dans le « circuit intégré asiatique ».

BLe court-circuit chinois

 Mais la Chine n’est pas un pays émergent comme les autres : sa masse démographique, la taille de son économie et ses marges financières considérables lui permettent de sortir progressivement de cette position dominée.

 Les transferts de technologies occidentales l’aident à combler son retard. Les transferts technologiques allemands ont ainsi permis à la Chine de produire un tgv « 100 % chinois ». Aussi la Chine, court-circuitant la remontée de filières industrielles, se pose désormais en concurrente du Japon.

2Les difficultés de l’intégration régionale

AL’enjeu de l’ASEAN

 Dans l’intégration régionale, Chine et Japon sont en concurrence. Toute la question est de savoir au profit de qui s’opérera l’intégration, qui peut modifier les équilibres économiques de la région.

 L’asean est une zone de libre-échange et un forum de coopération politique. Face à l’asean+3 (qui vise à établir des accords de libre-échange entre l’asean la Chine, le Japon et la Corée du Sud), le Japon s’efforce de promouvoir un asean+6 (en intégrant également l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Inde).

BL’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)

 Créée en 2001, l’ocs regroupe la Chine, la Russie et quatre pays d’Asie centrale. Elle inclut également des pays observateurs, qui pourraient potentiellement intégrer l’organisation (Iran, Inde, Pakistan, Mongolie, Afghanistan).

 Le statut de pays observateur a été refusé au Japon ainsi qu’aux États-Unis. La Chine affirme ainsi son leadership régional. Sa situation géographique lui permet de jouer un rôle pivot : au nord l’ocs, au sud l’asean+3.

3Des contentieux géopolitiques

ALe contentieux mémoriel

 Chine et Japon témoignent de nationalismes en voie d’affirmation ou de résurgence. La Chine ne manque pas de rappeler le massacre de Nankin et les crimes de guerre perpétrés par l’armée japonaise entre 1937 et 1945.

 Le sanctuaire shintoïste Yasukuni, à Tokyo, dédié aux morts pour le Japon, est un enjeu très sensible depuis que les noms de certains criminels de guerre y ont été ajoutés.

BLe cas des îles Senkaku/Diaoyu

 Les îles Senkaku/Diaoyu ne sont que des îlots entre Taïwan et Okinawa. Administrées par le Japon depuis 1895, les îles sont revendiquées tant par Taïwan que par la Chine populaire.

 Des incidents s’y produisent régulièrement. La zone a pris un nouvel intérêt en raison des gisements pétroliers offshore. Mais l’affaire des Senkaku/Diaoyu permet aussi au régime chinois de préserver son unité intérieure autour d’un nationalisme anti-nippon fédérateur.

Conclure

Chine et Japon sont plus complémentaires que concurrents dans le domaine économique. Toutefois, la Chine affirme ses ambitions économiques et géopolitiques régionales.

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