Comment donner une image fidèle de l’entreprise ?

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Classe(s) : Tle STMG | Thème(s) : Comment synthétiser fidèlement l’image de l’entreprise ?

Comment donner une image fidèle de l’entreprise ?

L’exercice comptable enregistre toutes les opérations financières d’une entreprise sur 12 mois. Il obéit à des principes de calcul précis qui permettent de réaliser des opérations d’inventaire (amortissements, dépréciations, régularisations des charges et produits) et d’établir ensuite des documents de synthèse comme le bilan et le compte de résultat.

1L’exercice comptable, l’inventaire et les principes comptables


L’exercice comptable est une période durant laquelle l’entreprise enregistre tous les faits en rapport avec sa comptabilité. Cette période dure en principe 12 mois et court généralement du 1er janvier au 31 décembre.

Au terme de l’exercice comptable, un inventaire physique des actifs et des passifs de l’entreprise est réalisé. Ces éléments sont ensuite pris en compte pour établir les documents de synthèse (bilan et compte de résultat).

En comptabilité, un certain nombre de principes de base doivent être respectés :

principe de prudence : tout événement menaçant de réduire la valeur du patrimoine d’une entreprise doit être pris en compte ; par contre, tout élément constituant une plus-value latente (non certaine) ne doit pas l’être ;

principe d’indépendance des exercices : seuls les produits et les charges réalisés à la date de clôture d’un exercice peuvent être rattachés à cet exercice ;

principe de permanence des méthodes : les entreprises sont tenues de respecter les mêmes procédures et les mêmes règles comptables d’un exercice à l’autre ;

principe de continuité de l’exploitation : pour l’établissement des comptes, l’entreprise est considérée comme devant poursuivre normalement son activité dans l’année qui vient.

2Les amortissements et les cessions d’immobilisations

A L’élaboration d’un plan d’amortissement


Un plan d’amortissement doit suivre les règles de base suivantes :

– la base amortissable d’un actif est son coût d’acquisition ;

– l’amortissement d’un actif commence le jour de sa mise en service ;

– l’entreprise peut choisir d’amortir un actif en mode linéaire ou en mode non linéaire ;

– le cumul des amortissements se calcule en additionnant les amortissements pratiqués depuis le début de la mise en service du bien ;

– la valeur nette comptable (VNC) d’un actif est égale au coût d’acquisition déduit du cumul des amortissements pratiqués à une date donnée.

À savoir

Un actif amortissable est un actif dont l’utilisation par l’entreprise est déterminable. L’utilisation par l’entreprise se mesure par la consommation des avantages économiques attendus de l’actif. Des critères physiques, techniques et juridiques limitent cette utilisation dans le temps.

L’amortissement en mode linéaire

• Lorsque l’actif est acquis en cours d’année, le nombre de lignes du plan d’amortissement correspond au nombre d’années d’utilisation + 1.

• Pour calculer les annuités d’amortissement, il faut connaître le taux d’amortissement :

Taux d’amortissement = (1/durée de vie) × 100

• La première et la dernière annuité d’amortissement sont calculées au prorata temporis, c’est-à-dire en fonction de la durée de possession de l’actif par l’entreprise. La première année, le prorata temporis se calcule du jour de la mise en service de l’actif jusqu’au 31/12. La dernière année, il se calcule du 01/01/N jusqu’à la date anniversaire de la mise en service.

Annuité au prorata temporis = base amortissable × taux d’amortissement × prorata temporis

• Les autres annuités se calculent toutes de la même façon. On parle d’annuité constante :

Annuité constante = base amortissable × taux d’amortissement

Cas pratique

Société Malicorne

Énoncé

Le 05/05/N, la société Malicorne a fait l’acquisition d’un ensemble informatique pour un coût d’acquisition de 3 000 €. La durée de vie du bien est de 4 ans. Le bien est mis en service le 15/05/N. Le mode d’amortissement est le mode linéaire. Vous devez réaliser le plan d’amortissement de cette machine.

Corrigé

Taux d’amortissement = ¼ × 100 = 25 %

Mise en service le 15/05/N = 7,5 mois jusqu’à fin décembre

Annuité d’amortissement complète = 3 000 × 25 % = 750 €

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L’amortissement en mode non linéaire

• Dans ce cas, les annuités d’amortissement se calculent en fonction des unités d’œuvre (UdO). Il convient de calculer pour chaque annuité, la part annuelle des UdO par rapport au nombre total d’UdO.

Annuité d’amortissement = base amortissable × (UdO annuelles/UdO totales)

EXEMPLE

La société Malicorne acquiert une voiture le 24/09/N. Son coût d’acquisition est de 15 000 €. Le nombre prévisionnel de kms est le suivant : en N : 10 000 km, en N+1 : 25 000, en N+2 : 30 000 et en N+3 : 20 000, soit au total 85 000 km.

Le calcul des annuités sera le suivant :

En N :  15 000 × (10 000/85 000) En N+1 : 15 000 × (25 000/85 000)

En N+2 :  15 000 × (30 000/85 000) En N+3 :  15 000 × (20 000/85 000)

• Le plan d’amortissement se présente de la même manière que pour le mode linéaire. Les calculs du cumul des annuités et de la VNC sont également identiques au mode linéaire.

L’enregistrement comptable

• À la date de clôture de l’exercice comptable (généralement le 31/12/N), quel que soit le mode d’amortissement choisi (linéaire ou non linéaire), l’entreprise doit enregistrer chaque annuité d’amortissement.

• Pour cela, elle débite le compte 6811 : dotations aux amortissements et elle crédite un compte d’amortissement des immobilisations (compte 28).

Astuce

Pour trouver le compte d’amortissement, il suffit de prendre le compte dans lequel l’actif a été enregistré lors de son acquisition et d’ajouter un « 8 » en seconde position.

EXEMPLE 

Pour l’ensemble informatique de la société Malicorne, il faut débiter le compte 68112 pour la somme de 468,75 € et créditer le compte 28183 – amortissement du matériel de bureau et informatique.

B La cession des immobilisations


À la date de la cession, il faut enregistrer la vente en tenant compte de la TVA.

À l’inventaire, il faut enregistrer la dotation complémentaire pour la période qui va du 1er janvier à la date de cession (seulement pour les biens amortissables).

Toujours à l’inventaire, il faut enregistrer la sortie du bien du patrimoine de l’entreprise et annuler la totalité des amortissements pratiqués.

Cas pratique

Passer les écritures au journal et calculer une plus ou moins-value

Énoncé

Le 12/08/N, la société Malicorne a cédé une machine pour une somme de 4 000 € HT (TVA à 20 %). Au 31/12/N-1, le cumul des amortissements pratiqués était de 15 000 €. Pour la période allant du 01/01/N au 12/08/N, le montant de l’amortissement à pratiquer est de 2 500 €. Cette machine avait été acquise pour une somme de 24 000 € HT. Passer au journal de la société Malicorne les écritures liées à cette cession et calculer la plus ou moins-value de cession.

Conseil

Pour faire sortir le bien du patrimoine, il faut solder le compte d’immobilisations et pour annuler les amortissements, il faut solder le compte d’amortissements (contre-passation).

Corrigé

PB_9782216129348_T_STMG_05_Compta_Tab_60

Calcul de la plus ou moins-value de cession = cpte 775 – cpte 675 = 4 000,00 – 600 € = moins-value de 2 500,00 €.

3La dépréciation des actifs

A La dépréciation des créances


À savoir

Une dépréciation est la constatation d’une moins-value latente (possible) sur un actif possédé par l’entreprise (créances, stocks, terrains…).

On parle de dépréciation des créances clients lorsqu’un client ne règle pas tout ou partie de sa créance. On parle de clients douteux.

À l’inventaire, il faut calculer le montant HT de la créance due par chaque client douteux. Il faut aussi déterminer le montant de la perte probable (ce montant correspond à la dépréciation). Cette perte probable doit être comparée à la dépréciation de l’année précédente.

Deux cas sont possibles. Si la dépréciation de l’année N est supérieure à celle de l’année N-1, on procède à une dotation pour la différence. Dans le cas contraire, on fait une reprise.

Attention, si le client est devenu irrécouvrable (on est certain qu’il ne paiera plus), on doit annuler toutes les dépréciations existantes (il faut faire une reprise).

Cas pratique

SA Palatio

Énoncé

On vous communique l’état des créances douteuses de la SA Palatio au 31/12/N. Vous devez compléter le tableau suivant et passer les écritures nécessaires.

PB_9782216129348_T_STMG_05_Compta_Tab_59

• Deroin : on pense perdre 80 % de la créance.

• Lamy : le client est parti avec la caisse, la créance est définitivement perdue.

• Torres : il s’agit d’un nouveau client douteux, on pense récupérer 60 % de la créance.

Corrigé

PB_9782216129348_T_STMG_05_Compta_Tab_58

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B Les autres dépréciations


Il existe d’autres dépréciations, notamment pour les terrains et les stocks.

Pour les terrains : on utilise le compte 68162 (dotation pour dépréciation des immobilisations corporelles) au débit et le compte 2911 (dépréciations des terrains) au crédit.

Pour les stocks : on utilise le compte 68173 (dotation sur dépréciation des actifs circulants) au débit et le compte de dépréciation du stock (39…) au crédit.

4La régularisation des charges, des produits et des stocks

A La régularisation des charges et des produits


À savoir : Les intérêts courus

Au 31/12/N, l’entreprise doit comptabiliser la part des intérêts de ses emprunts qui concerne l’exercice N.

Exemple : soit un emprunt contracté le 01/10/N et remboursable à partir du 
30/09/N+1. La 1re année, les intérêts seront de 500 €. Au 31/12/N, il faut comptabiliser la part des intérêts concernant l’exercice N à savoir 500 × (3/12).

Les charges à payer et les produits à recevoir

• Les charges à payer sont des consommations de l’exercice non encore comptabilisées qu’il faut rattacher à l’exercice comptable correspondant.

• Les produits à recevoir sont des produits réalisés ou livrés qui n’ont pas encore été facturés. Il convient également de les rattacher à l’exercice comptable correspondant.

Les charges et produits constatés d’avance

Les charges constatées d’avance sont des charges comptabilisées durant l’année mais dont la totalité ne concerne pas l’exercice. Il faut ôter la part qui concerne l’exercice N+1.

Les produits constatés d’avance sont des produits comptabilisés durant l’année mais dont la totalité ne concerne pas l’exercice. Il faut ôter la part qui concerne l’exercice N+1.

Cas pratique

Société Malicorne

Énoncé

Enregistrez dans le journal de la société Malicorne les opérations suivantes au 31/12/N :

Réception de marchandises le 28/12 (4 500€ HT) la facture arrivera en janvier N+1.

Livraison de marchandises à un client (1 000€ HT), la facture sera envoyée début janvier N+1.

Le 01/11/N, enregistrement du loyer pour 3 000€ (période du 01/11/N au 31/01/N+1).

Le 31/12/N, on constate qu’il reste pour 250€ de timbres postes non utilisés.

Corrigé

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B La régularisation des stocks


À la fin de l’exercice comptable, deux écritures doivent être passées sur les comptes de stocks :

annulation du stock de début d’exercice ;

constatation du stock de fin d’exercice.

EXEMPLE

Supposons que la société Malicorne dispose des renseignements suivants sur son stock de marchandises (stock au 01/01/N : 2 000 € et stock au 31/12/N : 3 000 €). Voici les écritures nécessaires :

PB_9782216129348_T_STMG_05_Compta_Tab_62

C L’incidence des opérations d’inventaire


Toutes les opérations étudiées dans ce chapitre ont une influence sur les documents de synthèse.

Sur le compte de résultat : lorsqu’un compte de charges est utilisé (au débit), cela se traduit par une augmentation des charges et donc par une baisse du résultat. Lorsqu’un compte de produit est utilisé (au crédit), cela se traduit par une augmentation des produits et donc par une hausse du résultat.

À savoir

Au terme de toutes les opérations d’inventaire et après toutes les vérifications d’usage, on procède à la clôture de l’exercice comptable avec la production du bilan, du compte de résultat et de l’annexe au 31/12/N.

Au 01/01/N+1, on procède à l’ouverture d’un nouvel exercice comptable.

Sur le bilan : lorsqu’un compte d’amortissement (ou de dépréciation) est utilisé au débit, cela va diminuer la valeur de l’actif. Inversement, si ce compte est utilisé au crédit, cela va augmenter la valeur de l’actif.

Sur la trésorerie : les amortissements et les dépréciations sont des charges non décaissées et des produits non encaissés. Ils n’ont aucune influence sur le niveau de la trésorerie.