Fiche de révision

Comment former un bon orateur ?

Contenu

L'usage de la parole s'acquiert dans l'enfance et peut devenir un art grâce à une formation spécifique. Mais un bon orateur doit également savoir exercer ses talents à bon escient.

I Apprendre la rhétorique

1 L'importance de l'exercice

Si certains sont plus à l'aise que d'autres dans le maniement de la parole, l'éloquence n'est pas pour autant une disposition innée : comme tout art, elle est acquise par l'apprentissage puis la mise en pratique d'un certain nombre de règles.

Cicéron distingue l'homme « disert », amateur de belles paroles pour son plaisir et souvent celui des autres, de l'homme « éloquent », qu'il faut voir comme un professionnel du langage. La nature fait des bavards, mais seul l'art fait des orateurs.

Cicéron lui-même se présente comme un besogneux, d'abord entravé par un défaut de prononciation. Il parvint à le surmonter en travaillant sa diction et en s'exerçant à poser sa voix. De même, la légende rapporte que Démosthène, qui était bègue, s'entraînait à parler avec des cailloux dans la bouche.

À noter

Très admiré par Cicéron, l'homme politique athénien Démosthène (384-322 av. J.-C.) fut l'un des plus grands orateurs de l'Antiquité.

2 Un programme de formation

On ne devient pas orateur tout à fait de la même façon dans les Cités grecques ou à Rome. Le jeune Athénien recevait des leçons de sophistes payés à prix d'or . Chez les Romains, la formation était davantage orientée vers la pratique : le jeune se plaçait sous le patronage d'un orateur confirmé et s'inspirait de son exemple.

Les règles à acquérir étaient cependant à peu près intangibles et donnaient lieu aux mêmes exercices : lecture de discours, mémorisation, commentaire et discussion pour la partie théorique ; séances d'improvisation et joutes verbales pour la partie pratique.

II Rhétorique et philosophie

1 Le sens de la justice

Dans sa polémique contre les sophistes, Platon juge que la rhétorique est un outil puissant mais pervers. Il l'oppose à la philosophie, qui délaisse les ornements du langage pour ne considérer que le vrai, le juste, le beau (Gorgias, La République, IVe s. av. J.-C.) .

La tradition est plus mesurée. Dans la Rhétorique (IVe s. av. J.-C.), Aristote distingue la « rhétorique sophistique », qui se met au service de n'importe quelle cause, de la « rhétorique philosophique » animée du souci de la vérité et de la justice. De même, Isocrate, auteur d'un traité Sur l'échange (Ve s. av. J.-C.), défend l'idée d'une « éloquence philosophique », c'est-à-dire éclairée, qui soit profitable à la société.

2 Bien penser pour bien parler

Cicéron insiste sur les qualités morales qu'il faut éveiller et développer chez l'orateur. Il prône l'association de la sagesse et de l'éloquence : la première est inutile sans la seconde qui permet de la partager, mais la seconde est funeste si elle n'est pas éclairée par la première.

Dans L'Orateur idéal (46 av. J.-C.), il présente la philosophie comme une propédeutique à l'enseignement de l'art oratoire car elle apprend à bien penser : elle offre une méthode rigoureuse et des connaissances variées sur la nature et les hommes.

Mot clé

Une propédeutique est un enseignement général préalable à un apprentissage plus approfondi.

Cicéron souhaite que l'orateur complète ensuite sa formation par des connaissances spécifiques en administration des affaires publiques s'il se destine à la politique, en droit s'il souhaite exercer dans les tribunaux, et en littérature pour les discours cérémoniels .

L'essentiel

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