Fiche de révision

Comment la modernité a-t-elle changé la vision du monde ?

Contenu

La pensée moderne renouvelle profondément la conception de la nature et de l'univers, bousculant toutes les représentations que s'en faisaient les Anciens et se heurtant souvent aux résistances de l'Église.

I Du monde clos à l'univers infini

1 Le système de Ptolémée

Les Anciens avaient compris que la Terre était ronde : Aristote donne des arguments en ce sens dans son Traité du Ciel (IVe siècle av. J.-C.), de même que Strabon dans sa Géographie (Ier siècle).

À noter

Le Grec Ératosthène (276-194 av. J.-C.) estima très convenablement la circonférence de la Terre en l'évaluant à environ 40 000 km.

Ils se représentaient l'univers comme clos, avec la Terre immobile en son centre. C'est sur cette base que l'astronome grec Ptolémée avait proposé dans l'Almageste (IIe siècle) un ingénieux système d'explication du mouvement des astres.

Au fil des siècles, les héritiers de Ptolémée ont évidemment observé de nombreuses anomalies par rapport à ce système, et ont longtemps cherché à le corriger par petites touches.

2 La révolution copernicienne

En 1543, Copernic publie une hypothèse différente sur laquelle il travaille depuis des années : la Terre est en mouvement sur elle-même et autour du Soleil (De la Révolution des orbes célestes). Or cette nouvelle théorie n'est compatible ni avec l'enseignement d'Aristote, qui fait alors autorité, ni avec le dogme chrétien.

L'Église désapprouve aussi de nouvelles doctrines professant que l'univers est infini, car seul Dieu est infini. Le philosophe Giordano Bruno est brûlé vif en 1600 à Rome pour avoir soutenu une telle thèse (De l'Infini, de l'univers et des mondes, 1584).

Muni de la lunette astronomique qu'il a mise au point, Galilée fait dès 1610 des observations qui confirment l'hypothèse de Copernic (Le Messager des étoiles). Il est forcé d'abjurer en 1633 et placé en résidence surveillée pour avoir eu l'imprudence de donner trop de publicité à ses travaux.

II La mathématisation de la physique

1 La théorie du mouvement chez Aristote

Aristote soutient que « la nature ne fait rien en vain » : tout corps occupe un lieu qui lui est naturel, ou bien tend à le rejoindre, contribuant ainsi à un monde ordonné (kosmos).

Dans sa Physique, il distingue donc le « mouvement naturel » et le « mouvement violent » : la pierre, par exemple, est un corps grave dont la tendance naturelle est d'aller vers le bas, tandis que le feu, qui est léger, va vers le haut. Imprimer à ces corps des mouvements inverses, c'est contrarier leur nature, leur raison d'être (Aristote parle de « cause finale »).

Le mot « mouvement » désigne tout changement affectant un être. Outre le déplacement, la naissance, la croissance ou la corruption sont des mouvements par lesquels un être devient ce qu'il est naturellement destiné à être (par exemple, une graine est potentiellement un bel arbre).

2 La révolution galiléenne

La science nouvelle réduit la nature à de la matière inerte, et le mouvement au déplacement dans l'espace. À la suite de mesures expérimentales précises, ­Galilée montre que l'accélération des corps en chute libre est indépendante de leur masse, mais proportionnelle à leur temps de chute.

Citation

« Ce vaste livre constamment ouvert devant nos yeux (je veux dire l'univers) (…) est écrit en langue mathématique » (Galilée, L'Essayeur, 1623).

Tout changement dans l'état de mouvement ou de repos d'un corps ne vient pas de ce corps lui-même mais de l'action mécanique d'un autre corps sur lui : c'est la conséquence du principe d'inertie, énoncé par Descartes dans ses Principes de la philosophie (1644).

Cette nouvelle vision de la nature exclut les causes finales, jugées illusoires voire superstitieuses, et impose une explication strictement mécaniste de l'ensemble de la nature, y compris du vivant .

L'essentiel

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