Fiche de révision

Comment se faire une représentation du monde ?

Contenu

Le monde désigne la totalité de ce qui existe, de l'infiniment petit jusqu'aux espaces infinis de l'univers, en passant par la société humaine. Comment se représenter tout cela en une image globale et cohérente ?

I L'émergence d'une nouvelle représentation du monde

1 Les enjeux de la représentation

La représentation consiste à redoubler une chose en en forgeant une image, qui peut être matérielle (par exemple, une peinture représentant un paysage) ou simplement mentale (se représenter quelque chose signifie alors s'en faire une idée).

Toute représentation du monde, qu'elle soit philosophique, scientifique ou religieuse, est une tentative de mise en ordre et d'explication de celui-ci. Celle des Anciens se fondait sur l'idée d'une nature vivante et finalisée, où chaque chose est à sa place ou tend à la rejoindre : « la nature ne fait rien en vain », avait coutume de dire Aristote. Mais les découvertes opérées à partir de la Renaissance ouvrent la voie à un nouveau système de pensée.

2 Des remises en question multiples

C'est d'abord dans la cosmologie et les sciences physiques que se construit une nouvelle image du monde . Récusant la distinction d'Aristote entre monde céleste et monde terrestre, Descartes préfère opposer la matière (ou chose étendue) et l'esprit (ou chose pensante).

Œuvre clé

Dans le Discours de la méthode (1637), œuvre fondatrice de la modernité, Descartes s'inspire du modèle mathématique pour reconstruire ­l'ensemble des sciences sur de nouvelles bases.

Un renouvellement des idées politiques et religieuses s'impose également, ouvrant un temps de crise allant de la Réforme protestante à la revendication, chez les philosophes des Lumières, de la pensée autonome et de la diffusion du savoir. Les idées libérales progressent à la faveur d'une laïcisation de la société ; la tolérance est prônée par Bayle (De la tolérance, 1686), Locke (Lettre sur la tolérance, 1686) ou Voltaire (Traité sur la tolérance, 1763).

II Un effort de rationalisation

1 Le désenchantement du monde

Max Weber présente la modernité comme un « désenchantement du monde » : les croyances religieuses et magiques reculent au profit de la rationalité scientifique (Le Savant et le politique, 1917).

La peinture passe de la représentation du sacré à celle d'un espace naturel, fondée sur la perspective et le respect des proportions .

L'influence des mathématiques se marque aussi dans la cartographie. Jusqu'à la Renaissance, les navigateurs utilisaient des « portulans », feuilles de route indiquant les ports, les vents et les dangers à éviter. Un changement majeur apparaît en 1569, lorsque ­Mercator met au point une méthode mathématique à la base des planisphères modernes, consistant à projeter une sphère sur un cylindre.

2 Un monde de part en part rationnel

La pensée philosophique est pénétrée de ce rationalisme. Spinoza compose ainsi une Éthique inspirée du modèle des Éléments d'Euclide, et « ordonnée selon l'ordre géométrique » (1677) : le monde entier, y compris ce qu'il y a de plus proprement humain, semble devoir se plier aux exigences de la démonstration rationnelle.

Posant que rien n'existe sans avoir une « raison suffisante » pour exister (Monadologie, 1714), la métaphysique de Leibniz affirme que Dieu lui-même s'adonne à une sorte de calcul pour déterminer un optimum et faire exister le plus parfait des mondes possibles.

Mot clé

La métaphysique est la discipline philosophique qui va « au-delà » de la physique et s'interroge sur le sens profond des choses.

L'essentiel

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