Couleurs et arts : colorants et pigments

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Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : La formation des images. La couleur des objets
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Couleurs et arts?: colorants et?pigments
 
 

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1Distinction entre colorants et pigments

Les colorants et les pigments sont des substances colorantes qui ont la propriété d’absorber tout ou partie du rayonnement lumineux (>?fiche?18). La distinction entre les deux notions n’est pas rigide. Toutefois on admet généralement les faits suivants.

? Les pigments sont constitués d’éléments insolubles, c’est-à-dire qu’ils ne se dissolvent pas ou ne se mélangent pas directement avec le support. On va donc devoir les broyer finement avant de les incorporer dans un liant, plus ou moins fluide, et obtenir ainsi des enduits, des peintures, des encres,?etc.

? Les colorants sont, quant à eux, parfaitement absorbables par le support?: ils n’ont pas besoin d’un liant. On les utilise dans les industries du textile, des matières plastiques ou encore celles de l’agroalimentaire.

2Approche historique

AAu Paléolithique

? Les principaux pigments que l’on retrouve sur les parois peintes des grottes du Paléolithique (grotte de Lascaux, grotte de ­Chauvet…) sont peu nombreux.

  • Les ocres sont empruntées, en général, aux roches ferriques, constituées le plus souvent d’argiles et de pigments?: jaune (exemple la goethite), rouge (l’hématite) ou brun (la limonite).
  • Le charbon issu de bois brûlés ou d’os calcinés fournit le noir. Le charbon peut être utilisé directement sur la paroi ou bien broyé et mélangé à un liant (de la graisse animale par exemple).
  • La craie ou le kaolin (argile très fine) sont utilisés pour le blanc.

? L’Homme du Paléolithique avait bien compris que les ocres jaunes (en grande quantité) donnaient des ocres rouges par chauffage. Il savait aussi mélanger un pigment à de la craie pour obtenir des dégradés ou encore associer différents pigments pour parvenir à des nuances dans les couleurs.

BDans l’Antiquité

? Dans l’Égypte antique, deux couleurs dominent – le bleu et le vert. On retrouve ces couleurs dans les tissus, les temples, l’art statuaire (doc.?1) ou encore les sarcophages. Le bleu découle du broyage d’une pierre semi-précieuse, le lapis lazuli mais aussi d’un pigment artificiel – le «?bleu égyptien?» – préparé à partir de silice, de calcium, de cuivre et d’un fondant sodique. C’est sans doute le tout premier colorant synthétisé par l’Homme, il y a environ 4?500?ans. Le pigment vert, quant à lui, provient d’une pierre, la malachite.

? Dans la ville romaine de Pompéi, ville détruite par l’éruption du Vésuve en l’an?79 après J.-C., les riches propriétaires utilisent le rouge pour orner les murs de leurs villas. Ce rouge «?vermillon?» est issu du cinabre, un minerai de sulfure de mercure réduit en poudre.

CAux époques moderne et contemporaine

? La restauration (1990-1992) des noces de Cana du peintre italien Véronèse, fait découvrir aux scientifiques, historiens et conservateurs la richesse des pigments naturels (d’origine surtout minérale et végétale) disponibles dans l’Italie duxvie?siècle – pays dont le commerce avec l’Orient et l’Occident est florissant. On y trouve des pigments précieux?: des jaunes orangés, des rouges vifs et du lapis-lazuli?; couleurs qui jouent un rôle majeur dans la lisibilité du tableau.

? Le xixe?siècle, avec la synthèse de la mauvéine par le chimiste W. H.?Perkin, marque l’essor puis la généralisation des colorants et pigments synthétiques. Les impressionnistes (Monet, Manet, Degas,?etc.) apprécient ces substances – souvent bon marché – provenant de la chimie moderne.

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