Crise et fin de la démocratie : le Chili de 1970 à 1973

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : Caractéristiques et évolutions des démocraties
 

La présidence de Salvador Allende offre l’exemple singulier d’une expérience socialiste dans un cadre démocratique. Celle-ci suscite des tensions sociales et politiques qui aboutissent au renversement de la démocratie par l’armée.

I La « voie chilienne vers le socialisme »

1 1970 : la victoire électorale de l’Unité populaire

Depuis les années 1940, le Chili connaît une réelle stabilité politique dans un cadre démocratique. Mais le pays est également marqué par de très fortes inégalités sociales : 10 % de propriétaires possèdent 86 % des terres fertiles.

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Une nationalisation consiste à faire passer sous le contrôle de l’État des entreprises privées. Une réforme agraire est une politique visant à répartir les terres agricoles de manière plus équitable.

C’est dans ce contexte que, le 4 septembre 1970, est élu président le leader de gauche ­Salvador Allende. Celui-ci est parvenu à réunir les partis socialiste et communiste au sein d’une alliance électorale, l’Unité populaire (UP).

Son programme prévoit des nationalisations et une accélération de la réforme agraire lancée par son prédécesseur démocrate-chrétien.

2 La politique économique et sociale de l’Unité populaire

En 1971, conformément à son programme électoral, l’UP nationalise les industries de base, les banques, les mines, en particulier celles de cuivre, minerai qui constitue la première ressource du pays.

De grands domaines agricoles (latifundios) sont saisis et répartis entre les paysans. L’UP procède également à d’importantes hausses de salaires.

Ces réformes entraînent une augmentation importante de la production. Mais elles sont également à l’origine d’une pénurie croissante des biens alimentaires et d’une très forte inflation. Cette mauvaise situation économique, ajoutée aux occupations d’usines et de terres, mécontente les classes moyennes.

 

INFO + Le Chili, un pays d’Amérique latine

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Superficie : 741 767 km²

Capitale : Santiago du Chili

Population : 7 800 000 habitants (1967)

Langue : espagnol

 

II La montée des périls

1 Des oppositions multiples

Par crainte d’une contagion socialiste en Amérique latine, les États-Unis utilisent l’arme économique contre l’UP. Les compagnies américaines présentes au Chili s’opposent aux nationalisations, financent l’opposition et les grèves.

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Le castrisme désigne le mouvement mené par Fidel Castro. En 1959, celui-ci prend le pouvoir à Cuba et y instaure une dictature communiste.

À l’extrême gauche, certains poussent vers une révolution communiste de type castriste et rêvent d’armer les masses.

À droite, d’autres pensent aussi à un coup d’État. La démocratie chrétienne, quant à elle, glisse vers une opposition frontale. En décembre 1971 est organisée à Santiago une « marche des casseroles vides » contre les pénuries.

2 La chute d’Allende

La grève lancée par la droite en octobre 1972 échoue tandis que les législatives de mars 1973 donnent 44 % des suffrages à l’UP. Ce résultat traduit la bipolarisation de la société chilienne.

L’armée est également fortement divisée. Le 29 juin 1973, Allende résiste, grâce au soutien du général Carlos Prats, à une tentative de putsch militaire.

Mais, le 11 septembre 1973, le coup d’État du général Augusto Pinochet entraîne la chute de la République et la mise en place d’une dictature qui dure jusqu’en 1990.