Des frontières entre contestations et débats

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : Géopolitique des frontières : tracés, contestations et débats
 

Dans les années 1990, les frontières ont semblé perdre de leur importance au profit de la libre circulation des hommes, des idées et surtout des marchandises, mais on assiste aujourd’hui à un retour en force de l’idée de frontière et des contestations frontalières.

I Des frontières contestées et négociées

1 La permanence des contestations

Les contestations de frontières ont diverses causes : limites pas ou mal bornées, cartes imprécises, règles internationales incertaines, etc. Mais elles peuvent aussi relever de revendications territoriales contradictoires.

Ces situations peuvent déboucher sur des conflits, l’intervention militaire ayant pour but de déplacer la frontière, comme lors de la guerre de Corée. Les contentieux se sont aussi multipliés en mer pour la délimitation des ZEE, surtout si des ressources en hydrocarbures sont en jeu.

2 Des espaces de négociation

Les frontières sont généralement fixées dans des traités bilatéraux, négociés entre les États limitrophes. L’Inde et la Chine ont ainsi signé un accord en 2005 pour régler leur différend territorial dans l’Himalaya.

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La Cour internationale de justice est un organe des Nations unies. Son siège est situé à La Haye, aux Pays-Bas.

En cas de désaccord, les tracés se prêtent à des règlements internationaux – qui ne sont pas toujours facilement acceptés par les États. Depuis 1945, la Cour internationale de justice rend ainsi des sentences arbitrales : en 2014, elle a par exemple accordé au Pérou une zone maritime sous souveraineté chilienne.

Enfin, la mise en place et la gestion d’espaces transfrontaliers montre que les frontières sont loin d’être seulement conflictuelles. La création de régions frontalières en Europe ou l’établissement de zones franches permettent d’encourager les flux de travailleurs ou de marchandises.

II Les frontières en débat

1 Vers la fin des frontières ?

Dans les années 1990, les zones de libre-échange – surtout de marchandises –se sont multipliées, élargies et intensifiées : Union européenne (UE), Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), Mercosur en Amérique du Sud.

La création d’un « espace sans frontières » au sein de l’UE, à la suite de l’accord signé à Schengen en 1985 a modifié en profondeur la nature juridique des frontières, tout en laissant inchangées les bornes géographiques des pays européens. On parle de dématérialisation de la frontière-ligne.

2 Le retour des frontières ?

Face à cette évolution et quand surgissent des drames (exode de demandeurs d’asile depuis l’Orient vers l’Europe dans les années 2010) et des crises graves (attentats de 2015 en France), on voit apparaître dans les discours politiques ou l’opinion une demande de retour à la frontière et de renforcement des contrôles.

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Le protectionnisme est une politique ­ douanière qui vise à protéger ­l’économie ­nationale contre la ­concurrence ­étrangère.

Sur le plan économique, face aux excès d’une mondialisation dont les conséquences sociales sont dénoncées, on assiste également à la réaffirmation du protectionnisme.

En termes de mobilité, la dématérialisation est loin de signifier la disparition de la frontière. Celle-ci peut même être « externalisée ». La Libye exerce ainsi un contrôle des flux humains en direction de l’UE avant même le franchissement des frontières de cette dernière, en vertu d’un accord de coopération.

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