En quoi la socialisation diffère-t-elle selon le genre ?

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Comment devenons-nous des acteurs sociaux ?


Avec le milieu, le genre est un facteur important de différenciation sociale. Au-delà des distinctions biologiques selon le sexe, des différences de comportements, de normes, voire de goûts se forgent avec la socialisation : dans la famille, par les médias, à l’école et au travail.

I L’effet de la famille et des médias

1 Normes féminines et masculines

mot clé

Le genre désigne les différences construites socialement entre le masculin et le féminin lors du processus de socialisation.

La socialisation dépend du genre, car on considère dans nos sociétés que filles et garçons n’ont pas les mêmes envies, besoins et capacités selon les domaines.

Des normes et valeurs sont considérées féminines ou masculines. Par exemple, le calme, la douceur sont perçues comme des normes féminines, tandis que l’esprit de compétition, le goût de la bagarre sont des normes jugées masculines.

2 L’effet de la famille

Au sein de la famille, les pratiques sociales diffèrent selon le sexe des enfants : les petites filles sont aisément habillées en rose ; plus grandes, on attend d’elles une plus grande implication dans les tâches ménagères.

Les jouets choisis par la famille sont différenciés. Les filles reçoivent plus classiquement des poupées ou cuisinières, les garçons des jeux de construction. Or, ces jouets leur servent à se préparer à leurs futurs rôles sociaux.

Les sports sélectionnés renforcent le clivage : on oriente plutôt les garçons vers le football, la boxe, et les filles vers la danse, l’équitation, la gymnastique.

3 L’effet des médias

Les dessins animés, qui accompagnent l’enfant dès le plus jeune âge, véhiculent souvent des images stéréotypées des hommes et des femmes. Ainsi Blanche-Neige se cache parce qu’elle est trop belle, elle passe le temps en faisant le ménage et finalement s’endort ensorcelée pour avoir naïvement « croqué la pomme »… Seul un prince charmant courageux pourra la sortir de son sortilège.

À l’adolescence et à l’âge adulte, ce phénomène perdure avec les séries télévisées et les magazines féminins qui renvoient l’image de femmes minces, jolies, douces, maternelles, etc.

II L’effet de l’école et du travail

1 L’effet de l’école

Le groupe des pairs répète et confirme la différenciation construite dans la famille. Dès l’école primaire, les filles jouent plutôt sur les bords de la cour de récréation à des jeux calmes. Quant aux garçons, ils occupent le milieu de la cour pour pratiquer des jeux compétitifs, comme le football.

Bien que les résultats scolaires des filles soient généralement meilleurs que ceux des garçons, les filles choisissent des filières moins valorisées. Pour une même moyenne, elles se dirigent plus souvent vers les langues ou la littérature, et les garçons vers les filières scientifiques ou techniques.

Les enseignants peuvent participer à cette socialisation genrée en considérant, par exemple, que les normes des filières littéraires (sensibilité, goût pour l’art…) sont avant tout féminines, et les normes des filières scientifiques plus masculines.

2 L’effet du travail

Lors des études supérieures menant à l’emploi, la différence entre les genres s’accentue. Les filles ne se dirigent que rarement vers les filières valorisées, comme les classes préparatoires et les grandes écoles.

Des métiers sont largement féminisés, comme ceux qui concernent la santé, l’éducation ou le soin aux personnes âgées ; alors que les métiers du bâtiment ou de l’ingénierie sont occupés essentiellement par les hommes.

Zoom

Part des hommes et des femmes dans quelques métiers

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D’après Jobat.be, données 2010.

En 2010, 99 % des aides ménagers étaient des femmes alors que 99 % des ouvriers du bâtiment étaient des hommes. La part des hommes et des femmes dans les différents métiers reflète bien une socialisation genrée.