États et religions dans la politique intérieure des États-Unis

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : États, pouvoir et religion : liens historiques et sécularisation
 

Vue d’Europe, la vie publique aux États-Unis offre un singulier mélange de politique et de religion. La liberté religieuse, garantie par la Constitution, se conjugue ainsi avec une religion civile qui s’est accrue.

I Un modèle original

1 Un « mur de séparation » entre religion et politique

Le premier amendement à la Constitution de 1787 déclare : « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion ». En 1802, le président Thomas Jefferson parle du « mur de séparation » entre le politique et le religieux.

Même si tous les présidents des États-Unis, hormis le catholique John ­Fitzgerald Kennedy, sont protestants, l’État fédéral n’a aucune religion.

2 Un modèle de sécularisation ?

L’État fédéral se doit d’observer une stricte neutralité et un respect égal envers toutes les religions. La Cour suprême, plus haute juridiction américaine, impose ce même principe aux États fédérés à partir de 1940.

Dans un pays où près de 70 % des habitants se déclarent chrétiens, la référence à Dieu reste forte. Cependant, l’athéisme, longtemps mal perçu dans la société américaine, est aujourd’hui en progression.

II L’omniprésence de la religion dans la vie politique

1 Une pratique politique fortement teintée de religion

La pratique politique intègre un ensemble de croyances, de symboles, de rites, à forte connotation religieuse. Chaque année, la fête de Thanksgiving commémore les prières des colons remerciant Dieu pour leur première récolte (1621).

Mot clé

Le puritanisme est un protestantisme caractérisé par son rigorisme moral et la discipline de la vie communautaire.

Des concepts tels que ceux de « peuple élu » ou de « destinée manifeste », imposant aux États-Unis d’étendre le règne de la liberté dans le monde, sont issus du puritanisme.

2 Une présence croissante du religieux

Lors de son investiture, le président prête serment sur la Bible. Depuis 1937, la cérémonie intègre des prières publiques. En 1956 une nouvelle devise proclame « In God we Trust » (« Nous avons foi en Dieu »), en réponse à l’Union soviétique athée.

En 2002, la Cour suprême assouplit le « mur de séparation » entre religion et politique et autorise le financement d’écoles religieuses par des fonds publics.

III La religion, matrice du combat politique

1 Religions et luttes politiques

Nombre des luttes politiques sont largement inspirées d’idéaux religieux. Ainsi, Martin Luther King, figure la plus emblématique du combat des Noirs pour les droits civiques dans les années 1960, est un pasteur baptiste.

D’autres, comme Malcom X, voient à la même époque dans l’islam l’outil politique susceptible de rompre avec la société américaine.

2 Le poids politique de l’évangélisme

Mot clé

L’évangélisme est un courant du protestantisme qui prêche un rapport individuel à Dieu, à travers la « conversion » du croyant. Il valorise le contenu émotionnel de la religion.

Dès les années 1950, l’évangélisme se mobilise contre le communisme. Le prédicateur baptiste Billy Graham jouit d’une large audience. Très proche de Dwight Eisenhower, il entretient d’étroites relations avec tous les présidents jusqu’à Barack Obama.

L’arrêt de la Cour suprême autorisant l’avortement en 1973 amène les évangéliques à militer pour un retour aux « vraies valeurs de l’Amérique » (religion, famille, nation). Ils soutiennent les présidents républicains Ronald Reagan puis George W. Bush.