États et religions dans le monde

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : États, pouvoir et religion : liens historiques et sécularisation
 

En Europe, les relations entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux semblaient réglées. Mais, quand 84 % des êtres humains déclarent avoir une religion, la définition du rapport juridique entre l’État et les religions est un enjeu essentiel.

I Une majorité des pays sans religion d’État

1 La séparation État-religion : un modèle dominant

Mot clé

La laïcité désigne le principe selon lequel la religion n’a pas à interférer dans le domaine politique et doit limiter son expression à la sphère privée.

Si la France est l’un des rares pays à avoir inscrit la laïcité dans sa Constitution, la plupart des pays ont aujourd’hui adopté le principe de séparation entre l’État et la ­religion.

Sauf exception, en Europe, en Amérique, au Japon ainsi que dans de nombreux pays d’Afrique, il n’y a pas de religion d’État et la liberté religieuse est ­garantie. Les emplois publics y sont ouverts à tous.

Certains pays se déclarent officiellement athées : la Chine, où la liberté religieuse est reconnue, ou encore la Corée du Nord, qui interdit la religion.

2 Une séparation juridiquement plus ou moins stricte selon les pays

En France, l’article 2 de la loi de séparation des Églises et de l’État (1905) précise que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Mais dans de nombreux pays, l’État peut financer les activités sociales ou éducatives des religions au titre du « service public religieux ». Ainsi, en ­Allemagne, l’État autorise les Églises à percevoir l’impôt ecclésiastique acquitté par les croyants volontaires et organise des cours d’histoire religieuse.

En Turquie, l’un des rares pays musulmans à avoir adopté la laïcité, la religion est encadrée par le gouvernement qui finance et forme les imams et les écoles religieuses.

 

 

INFO + La pratique religieuse dans le monde

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Source : Pew Research Center, 2017

 

II Une minorité de pays avec une religion d’État

1 Religion officielle et respect du pluralisme religieux

Mot clé

Des sociétés sont dites sécularisées quand le sacré et les principes religieux ont peu d’importance dans la vie publique.

Dans un monde qui s’est fortement sécularisé, la religion d’État n’a cependant pas disparu. C’est le cas de l’anglicanisme au Royaume-Uni, du luthéranisme au Danemark ou du bouddhisme au Cambodge.

Si la religion officielle y bénéficie d’un statut juridique supérieur aux autres croyances, ces pays respectent cependant le pluralisme religieux et l’égalité de tous devant la loi.

2 Théocratie et discrimination des autres croyances

En Arabie Saoudite, l’islam sunnite est religion d’État et seuls les musulmans peuvent être citoyens. Les lieux de culte non musulmans sont interdits tandis que la loi islamique, la charia, s’applique à tous : religion et politique se confondent donc.

En Iran, la religion d’État est l’islam chiite. Le religieux domine le politique : le pouvoir y est détenu par les autorités religieuses, avec à leur tête un ayatollah. Les fonctions militaires et politiques sont interdites aux non-musulmans. La Constitution reconnaît néanmoins la liberté de culte pour les chrétiens, les juifs et les zoroastriens.