Gouvernement et opinion publique depuis 1946

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Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Gouverner un Etat-Nation : la France depuis 1946
Corpus Corpus 1
Gouvernement et opinion publique depuis 1946

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Quels rapports les gouvernements entretiennent-ils avec l’opinion publique ?

1Une opinion publique liée aux médias

 Le jugement des citoyens sur un sujet d’actualité est synonyme d’opinion publique. Depuis la Révolution française, celle-ci s’exprime dans la rue ou par l’intermédiaire des médias. Elle exerce une surveillance critique des gouvernements.

 Cependant, au cours de la Seconde Guerre mondiale, les médias sont utilisés comme des instruments de conquête de l’opinion, qu’il s’agisse des médias officiels aux mains de l’État français, ou des médias clandestins soutenant la Résistance.

 De 1950 à 1970, l’audience de la radio s’élargit. Les gouvernements cherchent à la contrôler en imposant, dès 1949, le monopole de sa diffusion. Des radios périphériques (rtl, Europe 1) émettent de l’étranger pour informer l’opinion librement lors des grandes crises politiques comme la guerre d’Algérie. Le contrôle de l’ortf par le pouvoir est contesté en mai 1968.

 À partir des années 1970, la presse écrite est concurrencée par le journal télévisé. Dans les années 1980, le monopole de l’État prend fin, l’audience est mesurée (Audimat en 1985) et la télévision s’ouvre au secteur privé.

2Les sondages s’imposent dans le dialogue entre gouvernants et gouvernés


citation « Le sondage d’opinion est un instrument d’action politique : sa fonction consiste peut-être à imposer l’illusion qu’il existe une opinion publique. » P. Bourdieu, 1972

 Les sondages d’opinion apparaissent en France dès 1939, mais ce n’est qu’à partir de la VeRépublique (1958) qu’ils s’imposent : la mise en place d’un régime présidentiel, la pratique personnelle du pouvoir par un chef de l’État qui veut mesurer sa « cote de popularité » et l’appel fréquent aux urnes, favorisent leur usage.

À partir de 1962, avec l’élection du président de la République au suffrage universel direct, les sondages s’installent de façon définitive dans la vie politique.

 Les sondages, expression d’un échantillon de la population, influencent les sondés par le choix des questions et les réponses proposées. Ils ne laissent pas le temps de la réflexion et des discussions nécessaires pour se forger une opinion. Ils ont pourtant valeur d’avertissement ou d’encouragement de l’opinion publique envers les gouvernements.

 Les politiques peuvent alors être tentés d’agir pour « remonter dans les sondages » augmentant la défiance des citoyens vis-à-vis des médias traditionnels, des sondages et des politiques.

3Internet, une chance pour la démocratie ?

 Depuis les années 2000, le développement d’Internet entraîne un fléchissement de l’audience télévisuelle et l’effondrement des tirages de la presse. Les médias traditionnels doivent s’adapter en proposant des contenus d’information en ligne.

 La multiplication de la parole des citoyens, via les réseaux sociaux, remet en cause le concept même d’opinion publique, au sens d’expression collective. L’espace public devient le lieu de l’expression de chacun. On semble revenir à une information d’opinion, comme au xixe siècle, virulente, dont les sources ne sont pas toujours vérifiées.

 L’entrée dans une «démocratie d’opinion», construite à partir d’enquêtes, d’indices d’écoute visant à orienter l’action politique, inquiète parce qu’elle peut aller à l’encontre de la « volonté générale » liée au suffrage universel. Cependant, Internet permet aussi le partage des connaissances et contribue à former une opinion publique participative, bénéfique à la démocratie.

Conclure

Depuis 1946, les évolutions techniques multiplient
les outils dont le pouvoir dispose pour influencer l’opinion. Néanmoins, à partir des années 1990, la méfiance
envers les médias, les sondages et les gouvernants
est le symptôme d’une crise du politique.

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