L’abstentionnisme électoral

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : La participation politique
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L’abstentionnisme électoral

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La montée de l’abstentionnisme est aujourd’hui un lieu commun. Quelle est la réalité de ce phénomène et comment peut-on l’expliquer ?

1Les évolutions récentes de l’abstention

ADéfinir et mesurer l’abstention

 L’abstention électorale* désigne un refus volontaire de participer à un scrutin. On la mesure en calculant le taux d’abstention, c’est-à-dire le rapport entre le nombre de personnes ayant voté et le nombre d’inscrits sur les listes électorales (le corps électoral).

 Le taux d’abstention n’est qu’une mesure imparfaite de la participation électorale, puisqu’une partie de la population n’est pas inscrite sur les listes électorales. Le taux de non-inscription sur les listes électorales est assez stable dans le temps, il est estimé à 10 % de la population en âge de voter.

BUne montée inégale de l’abstention

 On observe globalement une augmentation de l’abstentionnisme électoral. Moins d’un électeur inscrit sur deux vote à toutes les élections en France. Le vote devient donc plus intermittent. Ce phénomène touche un grand nombre de pays développés : aux États-Unis, plus de la moitié des électeurs ne vote pas.

 L’abstention est très dépendante du type d’élections : elle est plus forte pour les élections locales et européennes que pour les élections présidentielles. Mais elle connaît aussi des variations importantes pour un même type d’élection. Ainsi, le taux d’abstention au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 s’est élevé à 28,4 % contre 16,2 % en 2007 et 20,5 % en 2012 (>fiche15).

2Comment expliquer l’abstentionnisme électoral ?

ALes facteurs traditionnels de l’abstention

 L’abstention peut s’interpréter comme le signe d’un défaut d’intégration sociale. Le taux d’abstention est, par exemple, beaucoup plus élevé chez les chômeurs que chez les actifs occupés, chez les personnes célibataires que chez les personnes mariées. Toutes les formes d’appartenance communautaire renforcent ainsi la participation électorale.

 Le sociologue français Daniel Gaxie a montré qu’il existait un « cens caché » de la participation électorale (en référence au scrutin censitaire qui était réservé aux personnes pouvant s’acquitter d’un impôt, le cens). En effet, l’abstention est fortement corrélée à l’intérêt pour la politique et au sentiment de compétence politique (>fiche17), eux-mêmes très dépendants du niveau de diplôme. Le « cens caché » serait donc lié à une distribution inégale du capital culturel au sein de la population.

BLes différentes figures de l’abstention

L’abstention ne peut s’interpréter uniquement comme le signe d’un désintérêt croissant pour la politique. Pour rendre compte de la complexité de l’abstentionnisme électoral, la sociologue française Anne Muxel a établi une distinction entre l’abstention hors du jeu politique et l’abstention dans le jeu politique.

 L’abstention hors du jeu politique marque une forme de retrait de la vie politique, soit par un défaut d’intégration sociale, soit par un manque d’intérêt pour la politique et une faible politisation.

 L’abstention dans le jeu politique (ou le non-vote) est plutôt le fait de personnes bien intégrées socialement et politisées. L’abstention est ici intermittente et plus stratégique : elle est fortement liée au contexte de l’élection (type d’élection, candidat). Elle donne ainsi l’image d’un électeur rationnel qui s’abstient pour protester, ou qui vote au regard des enjeux qu’il perçoit de l’élection. Depuis les années 1970, les enquêtes démontrent que c’est cette forme d’abstention qui a le plus progressé.

Conclure

L’abstention électorale progresse. Elle est très variable selon le type d’élection. Son interprétation ne peut pas se limiter à un désintérêt pour la politique.

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