L’argumentation indirecte aux XVIIe et XVIIIe siècles

Merci !

Fiches
Classe(s) : 2de | Thème(s) : Genres et formes de l’argumentation aux XVIIe et XVIIIe siècles
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
L’argumentation indirecte aux?XVIIe?et?XVIIIe?siècles
 
 

FB_Bac_98609_Fra2_TT_048

48

101

5

De nombreux auteurs, aux XVIIe et XVIIIsiècles, préfèrent défendre leurs thèses par une argumentation indirecte. Ils racontent une histoire fictive, souvent invraisemblable, pour délivrer un enseignement à leurs lecteurs.

1La fable

? Le genre a été inventé dans l’Antiquité, par des auteurs tels que le grec Ésope ou le latin Phèdre. Le récit, généralement en prose, illustre un enseignement moral parfois explicite, parfois implicite. C’est alors au lecteur de dégager le sens de l’histoire qu’il vient de lire.

? Au xviisiècle, La Fontaine donne ses lettres de noblesse à la fable, qu’il appelle aussi « apologue ». Il s’inspire des histoires racontées par ses prédécesseurs, les met en vers et les développe pour les rendre plus attrayantes. Au xviiisiècle, le genre survit avec un certain succès (Florian, Fables, 1792).

2Le conte

? Le conte naît lui aussi dans l’Antiquité, mais c’est à la fin du xviisiècle qu’il connaît un succès retentissant dans la littérature française.

APerrault et le conte merveilleux

?Perrault publie à partir de 1694 des histoires qui consacrent la vogue du conte merveilleux : ces récits relativement brefs rapportent des événements surnaturels et mettent en scène des personnages imaginaires (fées, ogres, animaux dotés de pouvoirs magiques…).

? Leur vocation est de distraire le public mondain, mais aussi de délivrer un enseignement moral. Les contes sont donc suivis de brèves moralités qui explicitent la leçon (souvent ambiguë) à tirer du récit.

BVoltaire et le conte philosophique

? Au cours du xviiie?siècle, le genre est renouvelé par l’invention du conte philosophique. Voltaire reproche au conte merveilleux de ne délivrer aucun enseignement digne de ce nom : il imagine alors des histoires dotées d’une véritable ambition philosophique.

  • Zadig (1747) est une fiction orientale au service d’une délibération politique.
  • Micromégas (1752) mêle exposé scientifique et réflexion morale.
  • Candide (1759) critique le système optimiste du philosophe allemand Leibniz.
  • L’Ingénu (1767) est l’occasion de remettre en cause le bien-fondé de conceptions morales ou religieuses.

3Les autres genres de l’argumentation indirecte

Si la fable et le conte (qu’il soit merveilleux ou philosophique) sont les principales formes de l’argumentation indirecte aux xviie et xviiisiècles, d’autres genres relèvent de ce principe.

? L’utopie est un récit qui décrit une société idéale. Véritable fiction politique, elle est pour l’auteur un moyen d’exposer ses conceptions tout en critiquant indirectement la société réelle. Née au xvisiècle sous la plume de l’anglais Thomas More, l’utopie se répand en France aux xviie et xviiisiècles, comme genre à part entière ou comme épisode dans un récit plus vaste. Ainsi, l’Eldorado de Candide (1759) ou les Troglodytes des Lettres persanes de Montesquieu (1721) constituent de véritables utopies.

? La parabole est à l’origine un récit imagé qui, dans les livres saints tels que la Bible, permet d’illustrer un enseignement religieux. Elle est un des moyens de persuader l’auditoire pour l’éloquence religieuse, en particulier au xviisiècle.

? Il peut arriver que l’argumentation indirecte emprunte un détour autre que le récit pour défendre sa thèse. Ainsi, on peut considérer le portrait comme l’une des ressources de l’argumentation indirecte : à travers les portraits caricaturaux de ses Caractères (1688), La Bruyère dénonce les défauts des hommes et fait œuvre de moraliste.

Conclure

Si les formes de l’argumentation sont très diverses aux XVIIe et XVIIIsiècles, elles ont toutes en commun de vouloir plaire au lecteur pour mieux l’instruire.