L'Armée des ombres, Jean-Pierre Melville (1943-1969)

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Fiches
Classe(s) : 3e | Thème(s) : 1910-1945 : L’art entre propagande et libertés


Présentez le film L’Armée des ombres : évoquez son contexte de création, puis décrivez l’œuvre avant d’en donner une interprétation personnelle.

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Jean-Pierre Melville, L’Armée des ombres, 1969. Adapté du roman de Joseph Kessel (1943).
Film (couleur).
Durée : 139 min.

1 Situer l’œuvre

 Jean-Pierre Melville (1917-1973) est un cinéaste français considéré comme le père spirituel de la Nouvelle vague, car il réalise ses films à la manière d’un reportage.

INFO La Nouvelle vague est un mouvement du cinéma français des années 1960 caractérisé par la liberté revendiquée par les réalisateurs pour tourner leurs films.

 Le film L’Armée des ombres est l’adaptation fidèle du roman de Joseph Kessel (1943), ancien résistant comme Melville.

 Il sort en 1969, dans un contexte politique mouvementé, et il est assez mal reçu : dans la foulée de Mai 68, le général de Gaulle n’apparaît plus comme un héros libérateur ; il est devenu impopulaire.

2 Observer l’œuvre

A Le quotidien des résistants

 Le film présente le quotidien des résistants et des Français sous l’Occupation, en 1942, alors que la France est divisée en deux zones. Ils vivent dans le secret permanent et l’angoisse. Ils doivent changer d’identité, se cacher, agir dans l’ombre.

 Le film montre également le fonctionnement d’un réseau de Résistance organisé.

B Les personnages

 Les personnages sont inspirés de véritables résistants (Jean Moulin et Lucie Aubrac).

 Le film donne à voir la force héroïque des personnages mais aussi leurs difficultés, leur solitude, leur peur. Tous les personnages meurent avant la fin de la guerre.

3 Interpréter l’œuvre

 Le but de Melville n’est pas de glorifier la Résistance mais de montrer toute l’humanité de ces personnages courageux aux convictions inébranlables, dont les actions révèlent la psychologie.

 Le film frappe par sa sobriété : économie de plans et de dialogues, de musique, de couleurs.

 Il montre les actions héroïques, suscitant l’admiration (tonalité épique), provoquant le suspense (tonalité dramatique) et l’émotion (tonalité lyrique).

Pour ouvrir et conclure

Entre 1946 et 1957, en pleine guerre froide, on insiste sur la résistance extérieure et l’armée : La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara (1956).

Avec l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle en 1958, les films sur la Résistance se multiplient : Paris brûle-t-il ? (1966), La Grande vadrouille (1966), L’Armée des ombres (1969). Le Chagrin et la pitié (de M. Ophüls et A. de Sédouy), en 1971, montre que les résistants n’étaient qu’une minorité.

À partir des années 1990, le cinéma se fait hommage (Lucie Aubrac, 1997), nostalgie (Monsieur Batignolles, 2002), questionnement (Effroyables Jardins, 2003).