« L’atelier de l’écrivain »

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Classe(s) : 1re L | Thème(s) : Les réécritures
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
« L’atelier de l’écrivain »
•1reL

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Quels sont les différents types de réécritures dont dispose un écrivain ?

1Variations sur un texte

ALe travail de l’écrivain

Le travail de l’écrivain est parfois déjà une réécriture : l’étude des variantes et des brouillons le montre. Ainsi, Montaigne, de 1572 à 1592, modifie ses Essais.

BL’amplification

Le texte source devient une sorte de matrice à partir duquel le texte second se développe. L’exemple type est celui des réécritures des apologues d’Ésope par La Fontaine.

2La transposition

AD’un genre à l’autre, tout est possible

Du récit au théâtre : les tragédiens français du xvie et du xviie siècle transposent au théâtre les récits bibliques ou les récits des historiens latins et grecs.

De la prose à la poésie : les Fables d’Ésope sont de courts récits en prose, La Fontaine leur donne une forme versifiée.

D’un genre théâtral à un autre : « […] Voilà le fond, dont on eût pu faire, avec un égal succès, une tragédie, une comédie, un drame, un opéra, et caetera », explique Beaumarchais dans sa Lettre sur la chute et la critique du Barbier de Séville.

De l’essai à l’apologue : les chapitres que Montesquieu consacre aux Troglodytes dans les Lettres persanes, reprennent, dans le genre de l’apologue, les idées développées dans De l’esprit des lois.

BD’un art à l’autre

 La peinture d’histoire retrace les grandes scènes historiques, mythologiques ou religieuses (>fiche15).

 L’ekphrasis (>fiche15) transpose l’art en littérature.

 Le cinéma s’empare de tous les genres (on parle alors d’adaptation) pour les mettre en images.

CÀ l’intérieur du texte

 Dans Exercices de style (1947), Queneau propose quatre-vingt-dix-neuf versions d’un même événement, en variant les registres, les niveaux de langue, etc.

 À l’intérieur d’un récit, les jeux sur les changements de focalisations présentent des variantes d’une même scène. Le roman épistolaire procède de cette manière.

3L’imitation

 La parodie (du grec : para- « à côté de » et odê « chant ») emprunte à un genre ses caractéristiques pour s’en moquer :

– dans la parodie burlesque, le modèle est noble mais le registre utilisé est bas ;

– dans la parodie héroï-comique, le sujet est bas (vulgaire, quotidien) et on le traite de manière exagérément noble.

 Le pastiche est une écriture « à la manière de ». Il suppose une étude attentive du style du texte-source.

4Le commentaire

Un auteur fait clairement allusion à un autre et commente son œuvre, comme dans ce passage évoquant Rousseau :

le voyant en train de lire […] chacun des vingt-trois volumes de prose larmoyante, idyllique et fumeuse, ingurgitant pêle-mêle les filandreuses et genevoises leçons d’harmonie, de solfège, d’éducation, de niaiseries, d’effusions et de génie […].

Claude Simon, La Route des Flandres, 1960.

5La citation, l’allusion et le plagiat

 La citation, littérale, est rendue visible par la typographie.

 Le plagiat est un emprunt non déclaré mais littéral.

 L’allusion est plus ou moins implicite et non littérale. Elle demande au lecteur une activité de décryptage.

Conclure

Les formes de réécriture sont très diverses. L’écrivain peut en jouer à sa guise. Mais il ne faut pas oublier qu’elles supposent un lecteur capable de tisser lui aussi des réseaux entre les textes et les auteurs.

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