L’avènement du roman moderne : Proust, Gide

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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L’avènement du roman moderne : Proust, Gide

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Proust et Gide renouvellent le roman, le premier en abandonnant l’intrigue comme fil conducteur, le second en posant au cœur de la fiction les questions de la vérité romanesque.

1 Marcel Proust (1871-1922) : le roman du souvenir

Né à Paris, fils de médecin, Proust a une enfance choyée mais une santé fragile. Il fait des études de lettres, fréquente les salons mondains, écrit des essais critiques. Après la mort de ses parents, il renonce à la vie mondaine et se consacre exclusivement à l’écriture de son cycle romanesque.

À la recherche du temps perdu (1913-1927) est composé de sept volumes : Du côté de chez Swann, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Le Côté de Guermantes, Sodome et Gomorrhe, La Prisonnière, Albertine disparue, Le Temps retrouvé. Le narrateur cherche, au travers de ses souvenirs, à remonter le temps et à accéder à la vérité de son être.

 Dans le premier volume, il fait revivre les visages et les lieux de sa petite enfance : vacances à Combray, chez sa tante Léonie, entre le côté de Méséglise, où se trouve la propriété de Swann et le côté de Guermantes, où coule la Vivonne et ses nymphéas.

 Les souvenirs de ce passé restent incomplets jusqu’à ce qu’il le ressuscite miraculeusement, grâce à la mémoire involontaire :

Je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis [...]. Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu.

Du côté de chez Swann, I, 1

L’essentiel sur ...

À la recherche du temps perdu

  • Une vaste fresque sociale et un roman psychologique : l’itinéraire d’un homme à la recherche de lui-même.
  • L’importance de la mémoire involontaire et de la création artistique qui permet d’échapper au temps.
  • Une phrase longue et complexe qui suit les méandres de la pensée.

2 André Gide (1869-1951) : un non-conformiste

Gide reçoit une éducation rigoriste et se révolte contre la famille. Puis il mène une existence tourmentée « d’immoraliste », revendiquant au travers de la littérature son homosexualité.

Les Nourritures terrestres (1897) sont un manifeste du « gidisme » : Gide enseigne au jeune Nathanaël l’art de goûter la vie.

 Dans Les Caves du Vatican (1914), Lafcadio, à la recherche de « l’acte gratuit », précipite un homme par la portière d’un train sans raison ni profit.

 Dans La Symphonie pastorale (1919), le pasteur d’un village perdu du Jura suisse recueille et éduque Gertrude, une jeune aveugle. Il s’éprend d’elle, en même temps que son fils Jacques. Après une opération, Gertrude recouvre la vue. Déçue par le visage vieilli du pasteur, elle comprend qu’elle est amoureuse de Jacques, et se jette dans la rivière.

Les Faux-Monnayeurs (1925) se présentent comme le roman d’un roman. Édouard se demande comment écrire son roman intitulé Les Faux-Monnayeurs. L’action s’organise autour d’une bande d’adolescents qui s’affranchissent de leurs familles.

Et... le sujet de ce roman ?

– Il n’en a pas, repartit Édouard brusquement ; et c’est là ce qu’il a de plus étonnant peut-être. [...] je voudrais tout y faire entrer, dans ce roman. Pas de coups de ciseaux pour arrêter, ici plutôt que là, sa substance. Depuis plus d’un an que j’y travaille, il ne m’arrive rien que je n’y verse, et que je n’y veuille faire entrer [...].

Les Faux-Monnayeurs, II, 3, © Éditions Gallimard

L’essentiel sur...

Les Faux-Monnayeurs

  • Une innovation importante dans l’écriture romanesque avec la technique de la « mise en abyme » (le récit dans le récit) et l’entrecroisement des intrigues et des points de vue.
  • Des personnages qui trichent avec l’existence, en véritables faux-monnayeurs de la vie.