L’émergence des médias et de l’opinion sous la IIIe République

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Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l'affaire Dreyfus
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L’émergence des médias et de l’opinion sous la IIIe République

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Comment les grandes crises politiques, qui ont mis la IIIe République en question, ont-elles favorisé l’émergence et l’affirmation du pouvoir politique des médias et de l’opinion ?

1L’affaire Dreyfus (1894-1906)

ALa domination de la grande presse

 Au début des années 1890, la République est encore fragile. L’opinion publique demeure marquée par l’humiliation de la défaite de 1870 et n’est pas insensible à la contestation venant de l’extrême droite. C’est dans ce contexte qu’en décembre 1894, Dreyfus, officier juif, est condamné pour trahison.

 Cet événement rencontre un vif écho dans la grande presse, alors en plein développement. Populaire, bon marché (5 centimes), celle-ci contribue à dramatiser les épisodes successifs de l’Affaire.


citation « La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. » E. Zola, « J’accuse »,

L’Aurore, 1898

 Les doutes sur la culpabilité de Dreyfus apparaissent. Les journaux se divisent, comme l’opinion publique, entre dreyfusards (Le Petit Parisien) et antidreyfusards (Le Petit Journal). L’Affaire prend alors un tour politique avec le « J’accuse » de Zola, publié le 13 janvier 1898 dans le journal de Clemenceau, L’Aurore.

BLa mise à l’épreuve de méthodes pour capter l’opinion

 Les milliers de publications – journaux, caricatures, affiches, albums, tracts, brochures, chansons – « font » littéralement l’opinion, mettant au point les méthodes pour capter les lecteurs : dramatisation, scoop, fausses nouvelles pour obtenir des démentis, annonces sensationnelles, guerre des caricatures, etc.

 Dreyfus est finalement innocenté et réhabilité en 1906. Au cours de l’Affaire, la presse a acquis le statut de quatrième pouvoir et l’opinion publique est devenue un acteur décisif de la vie publique : la démocratie en sort renforcée.

2La crise politique des années 1930

AL’opinion, la presse et les ligues

 Les années 1930 sont marquées par la crise économique et par des scandales impliquant des personnalités politiques (affaire ­Stavisky). L’antiparlementarisme, l’antisémitisme et la xénophobie se déchaînent à nouveau, en particulier dans L’Action française, quotidien d’extrême droite, et dans la grande presse à 5 centimes.

 Le 6 février 1934, à l’appel des ligues de droite et d’extrême droite et d’associations d’anciens combattants, une grande manifestation se tient à Paris. Elle fait 15 morts et près de 1 500 blessés, et provoque la chute du gouvernement Daladier.

 Les réactions de la presse témoignent des divisions de l’opinion publique : tandis que L’Action française titre « Après les voleurs, les assassins », Le Populaire (socialiste) estime que « le coup de force fasciste a échoué ».

BLes médias et le Front populaire

 L’importance politique des médias – presse et, pour la première fois, radio – s’affirme au cours de la campagne pour les élections législatives d’avril-mai 1936. Le Front populaire est soutenu par les quotidiens des trois partis qui le composent : L’Humanité, Le Populaire, L’Œuvre, et par quelques hebdomadaires.

 Mais la presse de droite est beaucoup plus puissante. Les journaux à grand tirage (Le Temps, Le Petit Parisien, L’Illustration) manifestent une opposition plus ou moins implicite à la coalition de gauche.

 Sous le Front populaire, dessins, caricatures, photos, films, croquis, contribuent à fabriquer une nouvelle culture politique, fraternelle et confiante en l’avenir.

 Néanmoins, la grande presse, subventionnée par le patronat, conserve son influence sur une grande partie de l’opinion.

Conclure

Les grandes crises politiques de la IIIe République montrent comment l’opinion publique, largement façonnée par les médias, pèse désormais sur les décisions politiques des gouvernements.

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