L’entrée en scène des deux Grands au Proche et au Moyen-Orient (1945‑1956)

Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Un foyer de conflits : le Proche et le Moyen-Orient depuis 1945
Corpus Corpus 1
L’entrée en scène des deux Grands au Proche et au Moyen-Orient (1945‑1956)

FB_Bac_98614_HgeT_S_012

12

39

3

(>rabatsIIetIII)

Comment les États-Unis et l’URSS
se sont-ils imposés comme puissances dominantes
et rivales au Proche et au Moyen-Orient ?

1La guerre froide commence en Turquie et en Iran

 En 1945, l’urss veut profiter de sa position de vainqueur de la guerre pour étendre son emprise sur les pays qui bordent sa frontière méridionale : la Turquie et l’Iran. Elle espère ainsi obtenir un accès aux Détroits.

 Cette politique expansionniste entraîne une réaction américaine. Pour « endiguer » le communisme, les États-Unis soutiennent la Turquie, qui se trouve ainsi amarrée au bloc occidental dès 1947 : bénéficiaire du plan Marshall, elle adhère à l’otan en 1952. (>fiche6)

 En 1953, les États-Unis intègrent l’Iran au bloc occidental en renversant le Premier ministre Mossadegh, qui avait nationalisé les ressources pétrolières du pays. Ils rétablissent dans ses pleins pouvoirs le shah, qui devient un solide soutien de leur politique au Moyen-Orient (le « gendarme du Golfe »).

 Le pacte de Bagdad (1955), qui doit contribuer à l’endiguement du communisme, lie les États-Unis avec la Turquie, l’Irak, l’Iran, le Pakistan et le Royaume-Uni. L’Égypte le refuse.

2La création de l’État d’Israël et la première guerre
israélo-arabe (1948-1949) (>fiche15)

 Le génocide des Juifs par les nazis impose à l’ensemble de la communauté internationale la légitimité d’un État juif. Trop affaibli pour résoudre seul la tension en Palestine, le Royaume-Uni confie la question à l’onu.

 L’onu propose un plan de partage en deux États, qui attribue 56 % du territoire à l’« État juif » et place Jérusalem sous administration internationale. Approuvé par les deux Grands (1947), ce plan est rejeté par les Palestiniens et les États arabes.

 À peine constitué, le 14 mai 1948, l’État d’Israël est confronté à une coalition d’États arabes : Égypte, Syrie, Transjordanie, Liban. Les Israéliens ont l’avantage et occupent 78 % de l’ancienne Palestine et Jérusalem-Ouest. Des accords d’armistice signés en 1949 mettent fin aux hostilités. (>rabatVI)

 La lutte contre Israël devient le ciment du nationalisme arabe, que défendent les États de la Ligue arabe depuis 1945.

3La crise de Suez et l’effacement des anciennes puissances coloniales (1956)

ALes origines du conflit

 Après s’être imposé à la tête de la nouvelle république égyptienne (1954), Nasser veut faire de l’Égypte une nation prospère et indépendante. Il procède à une réforme agraire et choisit une voie « socialiste » de développement.


citation « Les solutions réelles aux problèmes d’un peuple ne peuvent être calquées sur les expériences des autres peuples. »
G.A. Nasser, vers 1955

 Pour financer sa politique, il se tourne vers les États-Unis, qui refusent de lui accorder des crédits. Nasser réplique par la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez le 26 juillet 1956 et se rapproche de l’urss (financement du barrage d’Assouan).

BOffensive militaire et retrait forcé des armées

 Furieux, les Britanniques et les Français organisent le 29 octobre 1956 une riposte militaire avec l’aide d’Israël.

 Les États-Unis et l’urss les obligent à cesser leur expédition : les Soviétiques brandissent la menace de la bombe atomique ; les Américains menacent la stabilité monétaire de la livre et du franc. Cette victoire politique de Nasser signe la perte d’influence européenne au Moyen-Orient, y laissant les deux Grands face à face.

Conclure

Le Proche et le Moyen-Orient sont devenus un terrain d’affrontement entre les deux Grands, car ceux-ci ont réussi à s’imposer comme garants des intérêts contradictoires des nouveaux États, à la place des anciennes puissances coloniales européennes.

>