L’évolution des classes sociales

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Classes, stratification et mobilité sociales


Les théories des classes sociales sont‑elles encore d’actualité en France ?

1 L’évolution du capitalisme transforme la structure sociale

 Avec les transformations du capitalisme, la division du travail s’approfondit et induit la multiplication des tâches de gestion qui s’accompagne de la montée des cadres (17,8 % de la population active) et des professions intermédiaires (25,8 % de la population active).

 Le progrès technique et le besoin de personnel d’encadrement expliquent également le recours à une main-d’œuvre plus qualifiée et plus diplômée.

 Les mutations structurelles de l’emploi aboutissent au recul des effectifs ouvriers (20,3 % des emplois) aujourd’hui dépassés par les employés (27,4 % des emplois), à la féminisation des emplois (48 % des actifs) et à la tertiarisation de la population active (75 % des emplois concernent les services).

 L’intervention croissante de l’État dans les affaires économiques et sociales nous éloigne du capitalisme étudié par Marx. En effet, celui-ci n’aurait jamais pu prévoir que l’État puisse redistribuer les revenus comme il l’a fait au xxe siècle.

2 L’essor des classes moyennes depuis 1945

A La « moyennisation » de la société

 On appelle « moyennisation » de la société l’atténuation des clivages sociaux accompagnée d’un gonflement des couches sociales intermédiaires ou « moyennes ». Depuis 1945, l’essor des classes moyennes s’accompagne d’une certaine harmonisation des consommations et des niveaux de vie, et brouille les clivages habituels. Tous les groupes sociaux sont affectés par ce processus.

 Le sociologue Henri Mendras représente la moyennisation comme le ventre d’une toupie qui aurait grossi depuis les années 1950.

À la pointe basse de la toupie se trouvent les classes pauvres (chômeurs, précaires, travailleurs pauvres).

citation « La classe moyenne est en train de se détruire elle-même en tant que classe, entraînant une transformation de toute la structure sociale qui enlève du même mouvement à la classe ouvrière et à la classe dirigeante leur caractère de classe au sens fort, marxiste du terme. » H. Mendras, 1988

À la pointe haute se situe l’élite sociale (professions libérales, chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires) ; dans le « ventre » se trouvent les catégories intermédiaires, les plus nombreuses : en bas, les ouvriers et employés, au-­dessus, les indépendants (commerçants, artisans) puis les professions dites intermédiaires (cadres, enseignants, ingénieurs).

B Les différents facteurs

 La relative démocratisation de l’école améliore les chances de mobilité sociale intergénérationnelle et accélère l’effacement des frontières entre catégories sociales.

 Avec la montée de l’individualisme, les individus autonomisent leurs comportements vis-à-vis du groupe d’appartenance.

3 L’analyse de classe reste pertinente

 Une identité de classe persiste. La bourgeoisie se maintient au sens marxiste du terme : classe mobilisée, agissante, soucieuse de défendre ses intérêts. La classe ouvrière, pour sa part, n’a pas disparu : elle compte 5,2 millions d’actifs en 2015. Si on l’élargit aux classes populaires (ouvriers, employés, travailleurs précaires et chômeurs), on arrive à 51 % de la population active.

 La dynamique de réduction des inégalités sociales a pris fin au terme des Trente Glorieuses (1945-1973). L’évolution du marché du travail conduit à la précarisation d’une partie des emplois, alors que le chômage de masse se développe. Le partage de la valeur ajoutée se fait au détriment des salariés. Les inégalités de revenus s’accroissent. L’écart entre le niveau de vie mensuel moyen des 10 % les plus riches et des 10 % les plus pauvres est passé de 3 700 euros en 2003 à 4 000 euros en 2013.

Conclure

Depuis la fin du xixe siècle, l’émergence d’une vaste classe moyenne a transformé la structure sociale de la société française. Cependant, une certaine identité de classe se maintient aux deux extrémités de l’échelle sociale.