L’histoire


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Fiches
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : L'histoire
Corpus Corpus 1
L’histoire
séries L•ES

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Lorsque la société s’intéresse à son propre passé, que peut-elle attendre du récit le concernant ?

1Comment une société peut-elle percevoir son passé ?

AL’évolution est-elle nécessairement valorisée ?

On évoquait autrefois l’existence de « peuples sans histoire ». L’expression est excessive et mieux vaut considérer que ces sociétés participent à une histoire « froide » ou « non cumulative », qui ne valorise pas l’évolution. Celle-ci y est donc lente.

Par opposition, l’histoire « chaude » ou « cumulative » est collectivement vécue selon l’ordre linéaire d’une évolution, valorisée.

BDeux consciences possibles de la temporalité

Le passé peut être reçu selon deux modalités principales :

- soit comme origine de règles et de valeurs qui doivent être respectées et revécues (conscience mythique). Le mythe ravive un passé peu situable ; il légitime ce qui en demeure : ce qui a été établi par les ancêtres est nécessairement bien.

soit comme désignant un état antérieur dont le présent résulte, à la suite de nombreuses transformations (conscience historique). Le récit historique reconstitue un passé datable et souligne ce qui le sépare du présent.

2La constitution du récit historique

ALe récit historique comme littérature moralisatrice

En grec, historia désigne une « enquête ». Cependant, l’histoire est, initialement, une narration plus littéraire que scientifique. Elle recueille des témoignages sans les critiquer, relate des rumeurs ou des opinions plus que des faits – comme le montre Hérodote.

Cette histoire n’est, par ailleurs, jamais neutre. Dépendant de la mentalité de son époque, le narrateur en reflète les idées et préoccupations. Tite-Live relate comme des faits authentiques les fondations légendaires de Rome.

On attend volontiers des « hommes illustres » du passé des leçons – de courage ou de sagesse – utiles pour l’éducation des « princes ».

BLe récit historique comme interprétation

Au xviiisiècle, la réflexion historique commence à rechercher les causes (politiques, militaires, économiques) de ce qui a eu lieu.

Se voulant dès lors « scientifique », le récit historique définit plus précisément son matériau (critique rigoureuse des documents) et ses méthodes : aux diverses causalités qu’il peut concevoir, il adjoint une compréhension des faits.

Puisque ceux-ci concernent des hommes, on doit en déceler la signification – tant pour leurs contemporains que pour la société ultérieure : l’historien devient l’interprète du passé.

3La vérité historique peut-elle être unique??

AL’objectivité de l’historien

Pour Fénelon, le « bon historien » n’est « d’aucun temps ni d’aucun pays ».

Aujourd’hui, il est admis, au contraire, que c’est à partir de son temps et de son pays que l’historien travaille. Son objectivité consiste beaucoup plus à exposer ses principes de recherche et d’interprétation qu’à se prétendre « neutre ».

BLe récit se construit à partir du présent

L’historien appartient à une époque précise, dont il partage les espoirs, les attentes ou les angoisses. C’est en fonction de ce présent que certaines questions peuvent être posées au passé. Par exemple, c’est sous la présidence du général de Gaulle que les historiens et le public se sont intéressés particulièrement à la Seconde Guerre mondiale, à la Résistance, etc.

Les interprétations alors constituées ne peuvent être définitives, dans la mesure où l’évolution de la société entraîne l’apparition de curiosités différentes, aboutissant à d’autres analyses et d’autres réponses. C’est pourquoi le récit historique n’est jamais achevé : le passé peut être redécouvert, « relu » en fonction de principes différents.

Conclure

L’histoire, comme connaissance du passé, ne peut livrer une?version définitive des faits qu’elle étudie. La diversité des interprétations garantit que le passé a un sens ouvert qui continue à résonner dans le présent.