L’intégration par le travail fragilisée

Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Travail, emploi, chômage
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
L’intégration par le travail fragilisée

FB_Bac_98606_SesT_ES_052

52

111

2

Comment les évolutions de l’emploi fragilisent-elles l’intégration par le travail ?

1Précarité et chômage affaiblissent le lien social

ALa précarisation des emplois fragilise les relations sociales

 Le marché du travail est marqué par la montée des emplois précaires. Ces emplois regroupent les statuts d’emploi autres que les contrats à durée indéterminée (cdi), c’est-à-dire les contrats d’intérim, contrats à durée déterminée (cdd), contrats d’apprentissage et contrats aidés.

 De 1982 à 2011, leur part a plus que doublé en passant de 5,4 % à 13,5 % de l’emploi total. Les emplois précaires se généralisent chez les jeunes ; en 2012, 50,3 % des moins de 25 ans ayant un emploi occupent un emploi précaire contre 12 % pour l’ensemble des actifs.

 La précarisation fragilise le lien social (>fiche37), car elle ne permet pas aux individus de construire une identité professionnelle valorisante. Par ailleurs, l’individu n’est pas inséré dans un collectif de travail intégrateur et cette instabilité professionnelle renforce l’isolement. Enfin, l’emploi précaire favorise une surexposition au chômage.

BL’augmentation du chômage empêche l’intégration par le travail

 Le chômage remet en cause l’identité professionnelle du chômeur. La perte des compétences techniques et des relations sociales rendent le retour à l’emploi plus difficile.

 Un chômage prolongé conduit à une perte des repères sociaux et diminue l’employabilité des individus (capacité à retrouver un emploi).

 Cette fragilisation des liens sociaux peut conduire à d’autres ruptures, familiales (divorce) ou amicales, et donc à une perte de sociabilité, ainsi qu’à un certain isolement social. La dévalorisation de l’image de soi peut accroître les difficultés d’intégration.

2Transformations du marché du travail et exclusion sociale

APrécarité et chômage sont des facteurs de pauvreté

 Le chômage entraîne une diminution des revenus qui peut empêcher d’accéder à la norme de consommation, notamment pour les biens d’équipement.

 Le chômage est la principale cause de pauvreté, le risque de tomber dans la pauvreté augmentant avec la durée du chômage. En France, en 2011, 14,3 % des personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, qui est fixé à 60 % du revenu médian (977 euros mensuels). 38,9 % des chômeurs sont pauvres, contre 6,9 % des salariés (>fiche37).

 La précarité est la seconde cause de pauvreté. La France compte de plus en plus de « travailleurs pauvres ». Il s’agit d’individus ayant un emploi mais vivant dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

 En 2011, 2,022 millions de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales ou intégré les revenus de leur conjoint, d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.

BLa fragilisation de l’emploi peut conduire à une rupture du lien social

 L’exclusion est un processus dynamique qui consiste en un ensemble de ruptures affectant aussi bien les aspects matériels de la vie que les aspects symboliques et sociaux.

 Robert Castel définit l’exclusion comme un processus de « désaffiliation », résultant de la rupture des liens professionnels et familiaux.

 Chômage et précarité de l’emploi sont les deux facteurs essentiels de l’exclusion car ils ont à la fois un impact économique (perte de revenu, pauvreté…) et des impacts sociaux (isolement, dévalorisation…) (>fiche37).

Conclure

Sachant que le travail intègre les individus grâce au statut, au revenu et aux droits qu’il donne, on comprend que la précarisation des emplois et la montée du chômage représentent une menace pour la cohésion sociale.

>>