L’intégration régionale aux Amériques

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Fiches
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud


Comment les processus d’intégration régionale organisent-ils les Amériques ?

1 L’intégration continentale et ses échecs

A Essais et contre-essais d’intégration continentale

 Les États-Unis ont vu dans les organisations intégrées un moyen d’affirmer leur hégémonie.

 La guerre froide inaugure un panaméricanisme institutionnel : Traité interaméricain d’assistance réciproque (1947) ; Organisation des États américains (1948).

 Mais ces organisations apparaissent trop dépendantes des États-Unis. Des tentatives autonomes s’affirment : Association latino-­américaine d’intégration (1980), « Groupe de Rio » (1986).

B Des marchés communs régionaux

 À une échelle plus régionale, d’autres structures se créent sous la forme de marchés communs, afin de pallier les inconvénients économiques de la fragmentation politique née des indépendances.

 Ainsi, le Marché commun centre-américain (mcca) est créé en 1960 ; la Communauté andine des Nations (can) en 1969 ; la Communauté caraïbe (Caricom) en 1973. Mais il faut attendre le retour de l’Amérique latine à la démocratie et la fin de la guerre froide pour observer une relance de l’intégration régionale.

2 Deux pôles majeurs d’intégration régionale

A L’ALENA

 L’Accord de libre-échange nord-américain (1994) regroupe les États-Unis, le Canada et le Mexique. Il prévoit la libre circulation des capitaux et des marchandises, mais non des personnes pour limiter l’immigration mexicaine. En 20 ans, les échanges ont triplé et les maquiladoras (usines mexicaines travaillant pour des firmes états-uniennes) se sont multipliées.

 La frontière sud des États-Unis, traversée de flux migratoires massifs, est devenue une région multiculturelle : la Mexamérique.

 Le président Trump, qui accuse l’alena de favoriser la fuite des emplois vers le Mexique, a demandé qu’il soit renégocié.

B Le Mercosur

 Né en 1991 du rapprochement inattendu de deux puissances rivales, le Brésil et l’Argentine, le Mercosur compte aujourd’hui 10 pays membres et associés.

 En 20 ans, les échanges intra-zone ont notablement augmenté en raison de l’union douanière, initiant une certaine division régionale du travail. Toutefois, les tensions internes et les crises monétaires de la fin du xxe siècle grippent le processus.

3 De nouvelles dynamiques d’intégration

A L’intégration, pour ou contre les États-Unis ?

 Après leur projet avorté de Zone de libre-échange des Amériques (zlea) les États-Unis relancent des accords bilatéraux (Chili, Pérou) et créent la cafta (zone de libre-échange entre États-Unis, Amérique centrale et République dominicaine).

Hugo Chavez, alors président du Venezuela, lance en 2001 ­l’Alternative bolivarienne pour les Amériques. Tout s’accélère avec la création de la Communauté sud-américaine des Nations en 2004, puis de l’Unasur (Union des nations sud-américaines) en 2008, qui réunit Mercosur et can et intègre la totalité des États sud-­
américains. En 2010, naît la celac (Communauté d’États latino-américains et caraïbes), dont ne sont absents que les États-Unis et le Canada. En 2011 est créée l’Alliance du Pacifique, bloc libéral qui tente de contrer l’hégémonie brésilienne naissante.

B Un continent plus fragmenté qu’intégré

 Le jeu géopolitique sur le continent est donc devenu très complexe. Le continent paraît plus fragmenté qu’intégré.

L’Inde et surtout la Chine sont de plus en plus présentes, notamment dans l’exploitation des ressources naturelles.

Conclure

Les organisations continentales et régionales fragmentent le continent plus qu’elles ne l’intègrent. Seuls l’alena
et l’Unasur semblent en position de jouer un rôle majeur.