L’interprétation

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Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : L'interprétation
Corpus Corpus 1
L’interprétation
séries L•ES

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Le verbe latin interpretari signifie « expliquer », « traduire », « prendre dans tel ou tel sens ». Cette étymologie peut suggérer des axes de réflexion sur ce qu’est l’interprétation dans les sciences humaines.

1Le champ de l’interprétation

AInterpréter, c’est expliquer des événements de sens ouvert

Qu’il s’agisse d’un texte, d’une action ou d’un événement, ce qui se prête à l’interprétation présente des fluctuations possibles du sens, une signification dont les termes ultimes devront être à chaque fois précisés.

BL’interprétation dans les sciences humaines

Un fait physique ou chimique n’a ni signification, ni valeur : il est, tout simplement, et ne peut être autrement qu’il est. On ne saurait apprécier ce fait comme plus ou moins réussi ou satisfaisant, le juger « bon » ou « mauvais ».

En revanche, un événement humain n’est pas uniquement soumis au déterminisme naturel : il fait aussi intervenir les intentions des acteurs. Le chercheur devra donc interpréter ces intentions et leur réalisation.

L’herméneutique (initialement l’interprétation des textes bibliques) est une théorie générale de l’interprétation. Elle concerne les disciplines qui étudient les spécificités humaines : les sciences « humaines » ou « sociales ».

2La situation de l’interprète

AConditions d’apparition des sciences humaines

La diffusion, après 1789, d’une conception « égalitariste » de l’homme oblige à mettre au point de nouveaux critères de hiérarchie sociale (en particulier dans le monde industriel qui se développe). Les capacités et fonctions de chacun ne dépendant plus de sa naissance ou de sa famille, il faut les mesurer (en psychologie : tester).

D’autre part, le développement de l’industrie fait apparaître des problèmes concernant l’habitat, l’hygiène, l’éducation ou les loisirs, qu’aucun des discours politiques ou philosophiques classiques ne permet de traiter.

Parallèlement, les effets durables de la Révolution, mais aussi le désir d’en saisir précisément les causes encouragent les historiens à devenir plus « scientifiques » qu’auparavant. Cela les conduit à trouver dans l’histoire des formes spécifiques du déterminisme (démographique, économique, géographique, etc.).

BQuel homme cherche-t-on à connaître??

Les sciences humaines se constituent pour répondre à des demandes d’origine sociale. Elles ont une dimension idéologique immédiate : leur conception implicite de l’être humain est « instrumentaliste » (G. Canguilhem). L’objectif est que chacun trouve, dans la société telle qu’elle est, la place qui lui convient.

Il est vrai que les sciences de la nature ne sont pas davantage déterminées par un pur désir de savoir : leurs applications techniques (militaires) et leurs implications économiques concernent directement le pouvoir politique. Mais les buts, avoués ou non, des différentes sciences ne sont pas équivalents.

CL’interprétation sert-elle un pouvoir ?

Devenir « comme maître et possesseur de la nature » (Descartes) grâce aux sciences n’a pas la même signification que devenir éventuellement maître et possesseur de l’homme et de ses réactions – si l’on peut y parvenir en exploitant les données des sciences sociales (en politique, dans la publicité, etc.).

Il est donc normal que les chercheurs en sciences humaines, spécialistes de l’interprétation, voient à leur tour leurs propres pratiques interprétées, par des philosophes ou des épistémologues, et selon un point de vue qui ne leur est pas toujours favorable.

Conclure

L’interprète ne peut s’extraire de son monde, de sa mentalité, de ses inquiétudes et de ses interrogations. Ses centres d’intérêt et les questions qu’il cherche à éclaircir sont déterminés par son époque, en même temps bien entendu que par le travail des chercheurs qui l’ont précédé. En changeant d’époque, on changera d’interprétation.

 

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