L’organisation du mouvement ouvrier en Allemagne (1875-1914)

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Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875
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L’organisation du mouvement ouvrier en Allemagne (1875-1914)

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Comment le mouvement ouvrier s’est-il imposé dans le paysage politique de l’Empire allemand ?

1La création du parti social-démocrate

 En 1875, le sap, premier parti socialiste de l’histoire, est crée lors du congrès de Gotha, dans une Allemagne unifiée et impériale.

 Son programme politique est le fruit d’un compromis entre deux tendances (l’une plus marxiste que l’autre). Il considère que le travail, source de la richesse et de la culture, doit être libéré du monopole capitaliste. Cette libération ne peut être l’œuvre que de la classe ouvrière, qui doit conquérir la majorité au Parlement pour obtenir l’égalité des droits, faire respecter la liberté de pensée et assurer l’accès universel à la formation et à la culture.

 Un nouveau programme, plus influencé par la pensée marxiste, est adopté au congrès d’Erfurt en 1891. Le parti prend le nom de spd (parti social-démocrate) et accepte de participer au jeu électoral « bourgeois ».

2Le dépassement des entraves imposées par Bismarck

ALes lois bismarckiennes

 En 1878, deux attentats contre l’empereur Guillaume Ier donnent prétexte au chancelier Bismarck pour décréter des lois d’exception : suspension des libertés constitutionnelles, interdiction des partis politiques, des rassemblements et des publications politiques.

 Cependant, bien que le sap soit interdit, des socialistes peuvent siéger au Reichstag en tant qu’élus hors parti, et former un groupe parlementaire.

 Pour désamorcer les luttes politiques et sociales, Bismarck fait voter un ensemble de lois sociales destinées à protéger les travailleurs et à les rallier à l’État : assurance contre la maladie (1883) et contre les accidents du travail (1884), assurance contre l’invalidité et système de retraite (1889).

BLe développement des syndicats

 Pour contourner l’interdiction du sap, les socialistes créent leurs propres organisations sociales et culturelles. Mais leur syndicat n’est pas le seul : il existe un syndicalisme chrétien et des syndicats libres.

 À la suite de la levée des lois d’exception (1890), la Ligue des syndicats allemands, créée en 1892, opte pour la signature de conventions collectives avec le patronat, sur les salaires et les conditions de travail. Elle inaugure ainsi la culture de la négociation caractéristique du mouvement syndical allemand.

 En France, la situation est inverse : la composante syndicale du mouvement ouvrier précède le parti socialiste (1895 : création de la cgt ; 1905 : création de la sfio).

3Les tensions au sein du mouvement ouvrier

 Trois tendances principales s’opposent au sein du spd :

– les réformistes, partisans de l’action parlementaire, prônent la réforme par l’élaboration de lois ;

– les « révisionnistes », autour d’Eduard Bernstein (1850-1932), soutiennent que, contrairement aux affirmations de Marx, le capitalisme ne va pas disparaître ;

– les révolutionnaires privilégient l’action violente.

 Malgré l’adoption, en 1905, du principe de la grève générale, c’est plutôt une ligne modérée qui domine.

 Ces tensions se retrouvent dans l’ensemble du mouvement socialiste européen. Elles s’expriment au sein de la IIeInternationale, regroupement de syndicats et de partis socialistes nationaux fondé à Paris en 1889. De plus en plus minoritaires en son sein, les révolutionnaires refusent de participer à un gouvernement bourgeois et veulent riposter à la « guerre bourgeoise » par la grève générale.

Conclure

Le mouvement ouvrier allemand s’est imposé en se structurant autour du parti social-démocrate : contrairement à ce qui s’est passé en France, il n’a donc pas connu la tension entre syndicat et parti. En 1914, il représente le groupe parlementaire le plus important, soutenu par 3 millions de syndiqués.

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