L’Union européenne : du traité
 de Maastricht au traité de Nice
(1992-2003)

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Fiches
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Gouverner à l'échelle continentale : une gouvernance européenne depuis 1992
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L’Union européenne : du traité
de Maastricht au traité de Nice
(1992-2003)

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Comment la fin de la guerre froide permet-elle à l’Europe de s’orienter vers un projet
plus politique ?

1Un nouveau projet européen après la guerre froide

AUne construction d’abord économique

 Née du congrès de La Haye en 1948, la construction européenne a connu de nombreux obstacles. Deux visions se sont opposées : celle des fédéralistes, favorables à un transfert de la souveraineté des États à une fédération européenne, et celle des unionistes qui souhaitaient mettre en place une simple coopération économique entre les États.

 Les unionistes ont longtemps dominé les débats, permettant la création de la ceca (Communauté européenne du charbon et de l’acier) en 1951, puis de la cee (Communauté économique européenne) par les traités de Rome du 25 mars 1957.

 Jusqu’aux années 1980, les « pères de l’Europe » échouent donc à construire une Europe politique ; l’intégration économique, plus pragmatique, est plus facile à réaliser. Néanmoins la paix triomphe et la communauté accueille de nouveaux membres.

BLa construction politique relancée par le traité de Maastricht

 À partir de 1989, la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide redonnent du dynamisme à l’Europe qui peut se rapprocher de l’Est et relancer un projet politique.

 Fondateur de l’Union européenne (ue), le traité de Maastricht (7 février 1992) institue une coopération en matière de politique étrangère et de sécurité commune (pesc), instaure une citoyenneté européenne et élargit le recours à la majorité qualifiée. Il prévoit l’instauration d’une monnaie unique pour 1999.

 Le statut de citoyen européen dote les individus de droits : résider librement dans la communauté, voter et être élu pour les élections européennes et municipales dans l’État où il réside.

 Après avoir rejeté le traité, les Danois en obtiennent un remaniement afin de rester dans l’ue, sans faire partie de l’union monétaire. Les Français ne l’adoptent qu’à une faible majorité (51 %) et il n’entre en vigueur que le 1er novembre 1993. Le manque de transparence des procédures aboutit à des marchandages, voire à des pressions, et nourrit l’euroscepticisme.

2Un approfondissement économique et politique

AL’Union économique renforcée

 L’euro est géré par la Banque centrale européenne (bce), créée en 1997. Il entre en circulation en 2002. La « zone euro » compte 19 membres en 2015. Le Royaume-Uni n’en fait pas partie.

La monnaie est un élément unificateur de l’Europe. La vigueur de l’euro face au dollar a des conséquences bénéfiques pour les recettes des entreprises. À l’inverse, pour celles qui facturent en dollars, le déficit est évident (Airbus par exemple). Dans le contexte de la globalisation financière, l’euro constitue un tremplin vers une meilleure intégration européenne à la mondialisation.

BUne Europe élargie

 Le 26 février 2001 les États membres de l’ue signent le traité de Nice. En vigueur le 1er février 2003, il vise à réformer les institutions de l’Union pour qu’elles s’adaptent à l’adhésion de dix nouveaux pays membres. Il faut trouver un équilibre entre les grands et les petits États et simplifier la prise de décision.

 Le 1er mai 2004 s’opère le plus grand élargissement réalisé par l’Europe avec huit pays d’Europe centrale et orientale (­Estonie, ­Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, République tchèque, ­Slovaquie et Slovénie), ainsi que Chypre et Malte.

Conclure

L’élargissement de la communauté européenne
et l’approfondissement de ses institutions ont permis
de mettre en place un projet original. « Ni Europe des États, ni Europe fédérale », l’ue ressemble à une « fédération d’États-nations ». Mais, à mesure qu’elle se complexifie, elle rencontre des résistances.

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