La chimie du médicament au XXe siècle

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Fiches
Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : De la molécule au médicament

A L’évolution au cours des siècles

Pendant des millénaires, les malades ont été soignés de manière empirique en utilisant certaines substances naturelles qui avaient produit des effets sur le cours des maladies. De nombreux principes actifs comme le quinquina, l’ipéca, le coca ou le café ont été ramenés par les explorateurs lors de la découverte du Nouveau Monde.

Le XXe siècle est marqué par l’isolement des principes actifs grâce aux progrès de la chimie (la morphine de l’opium, la quinine du quinquina, etc.) et par la synthèse organique de médicaments : l’aspirine en 1897, la novocaïne en 1901, les antisyphilitiques en 1906 et les antipaludéens en 1927. De nombreuses autres découvertes interviennent au cours de ce siècle, avec la découverte de nouvelles classes de médicaments : les sulfamides, la pénicilline et la streptomycine à partir de bactéries, les antihistaminiques, etc.

La plupart de ces découvertes ont été le fruit du hasard. À partir de 1960, des méthodes de sélection avec une étude préclinique permettent d’élaborer de nouveaux médicaments à partir de modèles de médicaments existants ou en perfectionnant les substances naturelles. Ceci permet, en une vingtaine d’années, de proposer les bêtabloquants ou les antihistaminiques de nouvelle génération.

De nouveaux outils sont maintenant disponibles grâce au génie génétique : une bactérie peut fabriquer des molécules avec une grande pureté, une fois son ADN modifié.

B Le taxotère®

En 1962, un extrait brut de l’if du Pacifique montre une activité toxique importante sur les cellules. Après extraction et identification, le principe actif est nommé Taxol.

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En 1971, sa structure est déterminée et dans les années 1980, la forte activité antitumorale du taxol est comprise : elle bloque la division cellulaire.

Au niveau clinique, les résultats observés pour les cancers du sein et de l’ovaire sont intéressants, cependant son approvisionnement est problématique : il faut traiter 8 t d’écorce séchée d’if pour obtenir 1 300 g de Taxol. Il était donc essentiel de réaliser la synthèse de ce principe actif…

En 1979, une équipe française disposant d’une grande quantité d’aiguilles d’if européen (Taxus baccata) entreprend une hémisynthèse conduisant à une substance moins active que le Taxol, car elle différait de ce dernier par sa chaîne latérale. Après greffage de cette chaîne latérale, une espèce chimique différente de celle espérée est produite, bien plus active que le Taxol.

En 1990, les essais cliniques débutent en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis : ils confirment son activité anticancéreuse et l’autorisation de mise sur le marché (AMM) est obtenue en 1995, permettant à des millions de malades d’être traités par le Taxotère®.