La comédie au xviiie siècle

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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La comédie au xviiie siècle

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Le public du xviiie siècle manifeste un vif engouement pour le théâtre. La tragédie décline rapidement, tandis que la comédie se renouvelle avec Marivaux et Beaumarchais. Les deux genres fusionnent pour donner naissance au drame (>fiche39).

1 Lesage (1668-1747) : la comédie de mœurs

 Alain-René Lesage porte pour la première fois à la scène un personnage de financier parvenu et sans scrupules. La cabale des gens de finance contre sa pièce l’empêche de dépasser la septième représentation.

Turcaret ou le Financier (1709) : Turcaret, ancien laquais devenu un riche et vaniteux fermier général (financier chargé sous l’Ancien Régime de percevoir les impôts), est exploité et dupé par plus fripons que lui. La satire est violente, la verve mordante.

2 Marivaux (1688-1763) : la comédie psychologique

Marivaux a écrit trente-six comédies, jouées pour la plupart à la Comédie-Italienne. Appréciant la fantaisie du jeu des Comédiens-Italiens et leur art de la pantomime, il devient l’auteur attitré de la troupe. Aussi nombre de ses pièces ont-elles pour protagonistes les personnages types de ce théâtre : Silvia, Lélio, Arlequin.

La Double Inconstance (1723) : Silvia et Arlequin sont fiancés, mais Silvia est séduite par le Prince, tandis qu’Arlequin tombe amoureux de Flaminia, la confidente du Prince. Ils s’avouent leur inconstance et épousent chacun le nouvel élu de leur cœur.

Le Jeu de l’amour et du hasard (1730) : Dorante et Silvia, que l’on destine l’un à l’autre, ont tous deux, pour mieux se connaître, la même idée folle : prendre chacun la place de son domestique…

Les Fausses Confidences (1737) : le valet Arlequin, par d’ingénieuses confidences, révèle à la jeune Araminte l’amour timide que lui porte son maître Dorante.

L’essentiel sur…

l’œuvre de Marivaux

  • Une analyse subtile de l’amour naissant chez des jeunes gens qui craignent de ne pas être aimés pour eux-mêmes ou qui ne veulent pas s’avouer qu’ils s’aiment.
  • Une expression élégante et spirituelle, qui traduit la subtilité de l’analyse et les nuances délicates du sentiment amoureux : ce que l’on appelle le marivaudage*.
  • Une interrogation sur le préjugé social qui interdit l’union entre personnes de conditions différentes.

3 Beaumarchais (1732-1799) : la comédie d’intrigue

Parisien, fils d’horloger, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais mène une vie d’aventurier, fertile en intrigues et en procès.

INFO Ses deux pièces principales se heurtent à la censure ; il doit attendre plusieurs années avant de pouvoir les faire représenter.

Le Barbier de Séville (1775) : le comte Almaviva, secondé par son valet Figaro, réussit à épouser la jeune Rosine sévèrement gardée par un tuteur jaloux.

Le Mariage de Figaro ou la Folle Journée (1784) : le comte Almaviva, époux volage, courtise la charmante Suzanne, fiancée de Figaro. Un duel s’engage entre le maître et le valet, qui en sort vainqueur.

Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !… Noblesse, fortune, un rang, des places ; tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus.

Le Mariage de Figaro, V, 3

L’essentiel sur…

l’œuvre de Beaumarchais

  • Un retour à la comédie d’intrigue : conduite par un Figaro plein de verve, l’action repose sur une succession de ruses et de rebondissements.
  • Une âpre satire sociale : au travers du Comte, c’est toute la noblesse qui est visée par des traits mordants.
  • Une satire politique, avec de vives attaques contre les institutions (justice, censure…) où se reflète l’état d’esprit prérévolutionnaire.

Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur.

Le Mariage de Figaro, V, 3