La construction de l’intrigue

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme
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La construction de l’intrigue
 
 

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On appelle « intrigue » l’organisation des événements constituant l’action d’un récit ; elle est d’autant plus complexe que le récit est long.

1L’intrigue unique

Les récits courts sont généralement constitués d’une intrigue unique et simple. Pour la résumer, on recourt au schéma narratif, qui structure le déroulement de l’action dans le temps et de son organisation logique, en cinq étapes.

? La situation initiale correspond au début du récit ; souvent exposée dans l’incipit, elle définit le cadre de l’intrigue et la situation des personnages avant que l’action ne commence.

? La complication, ou élément perturbateur, bouleverse la situation initiale et marque le début de l’action proprement dite.

? Les péripéties forment la partie la plus importante de l’intrigue et fondent la dynamique de l’action ; elles sont constituées d’une succession d’événements qui, parfois, modifient considérablement la situation des personnages (on parle alors de rebondissement).

? La résolution, ou élément équilibrant, marque le terme de l’action ; un dernier événement met fin à l’intrigue, en résolvant le problème né de la complication.

? La situation finale caractérise la situation des personnages à la fin de l’intrigue.

2L’intrigue complexe

Dans les romans et les récits longs, l’action ne se limite pas à une seule intrigue mais combine souvent plusieurs séquences narratives : il existe trois manières de les assembler.

? L’enchaînement fait se succéder les séquences selon l’ordre chronologique ; d’une certaine manière, la situation finale d’une séquence devient la situation initiale de la suivante. C’est le cas ici, où la fin d’un entretien privé entre M. de Clèves et sa femme est suivie par le mariage de Madame, la sœur du roi, et du duc d’Albe :

 

M. de Clèves s’attendrit en prononçant ces dernières paroles et eut peine à les achever. Sa femme en fut pénétrée et, fondant en larmes, elle l’embrassa avec une tendresse et une douleur qui le mit dans un état peu différent du sien. Ils demeurèrent quelque temps sans se rien dire et se séparèrent sans avoir la force de se parler.

Les préparatifs pour le mariage de Madame étaient achevés. Le duc d’Albe arriva pour l’épouser.

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678.

? Le développement simultané travaille sur deux séquences concernant des personnages différents que l’on suit en même temps mais dans deux endroits différents :

 

La pendule sonna trois heures. Elle écouta les vibrations du timbre mourir. Et elle restait au bord de son fauteuil, les prunelles fixes, et souriant toujours.

La même après-midi, au même moment, Frédéric et Mlle Louise se promenaient dans le jardin que M. Roque possédait au bout de l’île.

Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, 1869.

? L’enchâssement introduit une séquence à l’intérieur d’une autre séquence ; un personnage de la séquence cadre devient le narrateur de la séquence enchâssée :

 

Alors, comme quelqu’un qui cherche à se rappeler diverses circonstances, après avoir appuyé quelque temps ses mains sur son front, voici ce que ce vieillard me raconta.

En 1726 un jeune homme de Normandie, appelé M. de la Tour, après avoir sollicité en vain du service en France et des secours dans sa famille, se détermina à venir dans cette île pour y chercher fortune.

Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, 1788.

Conclure

Que l’intrigue soit simple ou complexe, il est intéressant de la résumer pour voir la façon dont l’action est construite par l’auteur.