La construction de l'intrigue

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Le roman et le récit, du XVIIIe au XXIe siècle


On appelle « intrigue » l’organisation des événements qui constituent l’action du récit ; linéaire et chronologique dans les textes brefs, elle se complique dans les récits plus longs.

I L’entrée dans l’intrigue : l’incipit

Mot clé

L’incipit est le seuil du récit : il doit permettre au lecteur de passer du monde réel dans lequel il vit au monde fictif dans lequel évoluent les personnages.

Le mot latin incipit (du verbe incipere, « commencer ») désigne le début d’un récit.

1 Les fonctions de l’incipit

Il crée le monde de la fiction en donnant des informations sur le lieu et l’époque de l’action, le milieu social des personnages ou leur situation.

Il provoque la curiosité du lecteur pour lui donner l’envie de poursuivre sa lecture.

Il noue un pacte de lecture implicite entre l’auteur et le lecteur : ce dernier y reçoit des informations sur le récit qu’il s’apprête à lire, son genre, sa tonalité dominante, son mode de narration ou encore la focalisation adoptée.

2 Les formes de l’incipit

Selon la façon dont il distribue les informations et selon le rythme dans lequel il installe l’action, on distingue quatre types d’incipit.

L’incipit statique présente de façon très détaillée le cadre du récit, sous la forme d’une description ; l’action n’a pas encore commencé, le lecteur est dans une position d’attente.

L’incipit progressif donne les informations nécessaires sur le cadre et les personnages de façon graduelle, sans tout dévoiler.

L’incipit dynamique ou in medias res (« au milieu de l’action » en latin) jette le lecteur au beau milieu d’une histoire qui a déjà commencé, sans présenter d’abord les lieux, l’époque ou les personnages.

L’incipit suspensif ne donne aucune information, mais n’introduit pas non plus l’action ; il déconcerte le lecteur en mettant en question les procédés traditionnels du roman. C’est le cas du dialogue imaginaire entre le lecteur et le romancier au début de Jacques le Fataliste et son maître de Diderot :

Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ?

Diderot, Jacques le Fataliste et son maître (1796)

II Le développement de l’intrigue

1 L’intrigue unique

Les récits courts sont généralement constitués d’une intrigue unique, que l’on peut résumer en s’appuyant sur les cinq étapes du schéma narratif.

La situation initiale correspond au début du récit ; elle définit le cadre de l’intrigue et la situation des personnages avant que l’action commence.

L’élément perturbateur bouleverse la situation initiale et marque le début de l’action proprement dite.

Les péripéties forment la partie la plus importante de l’intrigue et fondent la dynamique de l’action.

La résolution marque le terme de l’action ; un dernier événement met fin à l’intrigue, en résolvant le problème né de l’élément perturbateur.

La situation finale caractérise la situation des personnages à la fin de l’intrigue.

2 L’intrigue complexe

L’action, dans les romans et les récits longs, ne se limite pas à une seule intrigue. Le plus souvent, plusieurs séquences narratives se combinent.

L’enchaînement permet d’assembler les séquences dans l’ordre chronologique.

Le développement simultané permet de développer deux séquences en même temps. Les deux séquences concernent des personnages différents, pris au même moment, mais dans deux endroits différents.

L’enchâssement permet d’introduire une séquence à l’intérieur d’une autre. Un personnage de la séquence cadre devient le narrateur de la séquence enchâssée.

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