La justice et le droit


Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : La justice et le droit
Corpus Corpus 1
La justice et le droit
séries L•ES•S

FB_Bac_98607_PhiT_TT_050

50

109

5

C’est parce que la vie collective rencontre des difficultés, dans l’articulation des intérêts individuels, que le droit et la justice sont nécessaires et doivent être élaborés.

1Droit et société

ALe droit résout les problèmes de la vie en société

Le droit désigne ce qui est conforme à une règle (on a « le droit de faire » ceci ou cela), c’est-à-dire ce qui, généralement, est permis.

L’existence d’un cadre juridique relatif à l’organisation sociale permet ainsi à un sujet d’exercer et de préserver sa liberté.

BDroit naturel et droit positif

L’expression « droit naturel » apparaît, aux xviie et xviiie siècles, pour contester la théorie selon laquelle le droit aurait pour origine l’autorité de Dieu. Elle a ainsi une valeur d’abord polémique et affirme que le droit ne renvoie pas à une transcendance.

Le droit positif, de son côté, résulte des lois écrites formulées par une société. On peut alors reconnaître sa variabilité, pourvu que son efficacité soit garantie par des sanctions socialement organisées.

2Droit et force

APeut-on fonder le droit sur la force ?

Le monde humain est traversé de conflits qui se règlent par la force. Même si l’on reconnaît que la sphère du droit doit être distinguée soigneusement du domaine des simples faits, est-il possible de concevoir qu’un rapport initial de forces se soit transformé en droit ?

Rousseau montre que l’expression « droit du plus fort » n’a aucun sens et que la force ne fait pas droit. Risquant toujours d’être supplantée par une force supérieure (aucune stabilité sociale garantie), la force ne conserve le pouvoir qu’en s’exerçant en tant que telle. Pourquoi aurait-elle besoin de devenir du droit ?

La force renvoie à la nature, le droit appartient au contraire à l’ordre culturel : il y a, entre les deux, discontinuité.

BLe droit définit l’usage légitime de la force

Dans une société bien organisée, le recours à la force est lui-même soumis au droit. Ce dernier définit les conditions de son exercice légitime. On constate ainsi que la force est alors au service du droit, et non le contraire.

Car l’idée même du droit et de ses lois n’implique pas que tous les membres de la communauté les respectent automatiquement : tout acte « hors la loi » conteste le droit. C’est dans le cadre des sanctions à appliquer pour défendre la loi que la force peut être utilisée.

3Des droits universels ?

ALa justice instituée est variable


 

citation
« Plaisante justice qu’une rivière borne ! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. » Pascal (1623-1662)

Tout système juridique est relatif à une société. Il est donc permis de déplorer la relativité de la justice institutionnelle.

La justice ne pourrait-elle donc se concevoir comme un principe universel ?

BPeut-on universaliser les « droits de l’homme » ?

On affirme pourtant des « droits de l’homme et du citoyen », signalant la coïncidence « en droit » de tout « homme » et de tout « citoyen ».

Cette coïncidence est loin d’être universelle. De tels droits ne peuvent donc être affirmés que dans des communautés qui la réalisent. Ils concernent cependant tout être humain – y compris celui d’une communauté encore incapable de penser l’universalité de l’humain ou la citoyenneté.

Conclure

Bien que résultant d’une histoire particulière, notre droit positif peut concerner tout être humain : l’appartenance de celui-ci à l’humanité lui confère au minimum les droits que demande l’affirmation de sa dignité.

 

>