La liberté


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Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : La liberté
Corpus Corpus 1
La liberté
séries L•ES•S

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Le concept de « liberté » concerne aussi bien l’individu que la société. Mais l’articulation entre ses différentes versions n’est pas toujours simple.

1Un concept difficile à définir

AÊtre libre, est-ce faire ce que l’on veut ?

L’expérience d’un comportement libre enseigne qu’il n’est soumis à aucun empêchement : être libre, c’est faire ce que l’on veut… Dès l’Antiquité, le terme désigne le statut du citoyen ou du maître, par opposition à l’esclave.

BLa liberté résulte d’une histoire

Cette liberté reconnue au citoyen reste, comme le souligne Hegel, un privilège : ce n’est pas encore l’homme en général qui est conçu comme libre.

Pour reconnaître que tout homme est libre, il faudra que le christianisme confirme les affirmations des stoïciens, en faisant de la liberté un principe spirituel.

De cette liberté intérieure à la liberté concrète, dans le réel, le chemin parcouru est pour Hegel le « long processus qui constitue l’histoire elle-même ».

2De la liberté intérieure à la liberté en situation

AIndifférence, choix et obéissance à la loi

Descartes conçoit la liberté comme le pouvoir de choisir entre deux partis (« liberté d’indifférence ») sans subir aucune contrainte extérieure ; mais la connaissance du bien aide à choisir.


 

citation « La véritable liberté est l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite. » Rousseau (1712-1778)

 Kant postule l’existence de la liberté dans l’homme, parce que notre raison est non conditionnée lorsqu’elle effectue un choix moral. Il réoriente la conception politique de Rousseau. Dans les deux cas, la vie en commun nécessite de penser la relation entre la liberté et la loi.

BResponsabilité et action dans l’histoire

L’existentialisme sartrien néglige d’abord la présence du social : la liberté de chacun est absolue. Mais tout choix individuel engage une conception possible de l’humanité en général : la responsabilité devient écrasante.

 La multiplicité des choix individuels mène nécessairement à des conflits. Lorsque Sartre éprouve le besoin d’unifier globalement les actions dans l’histoire, il ne trouve d’autre solution qu’un rapprochement avec le marxisme. La liberté initiale de chacun se fond alors dans la conquête de la liberté par une classe sociale.

3Liberté et politique

ALa liberté se réalise dans les droits

 Aujourd’hui, être libre, politiquement et socialement, signifie bénéficier d’un certain nombre de droits (liberté d’expression et d’opinion, sécurité des biens) garantis par la loi.

 Cette loi doit correspondre à l’expression de la « volonté générale » – ce qui entraîne de nouvelles difficultés. La persistance, dans les États, d’inégalités oblige à se demander si, par exemple, le droit de vote – aspect positif de la liberté – va nécessairement de pair avec d’autres dimensions, économiques ou sociales, de la liberté.

BLiberté ou inachevable libération ?

 Marx reproche à Hegel de s’illusionner sur la réalisation de la liberté qu’aurait constituée la Révolution française. Elle n’est aux yeux de Marx rien de plus que la libération d’une classe sociale, au détriment de la suivante.

Dans cette optique, la liberté serait plutôt à penser sous l’aspect d’une libération progressive, dont l’achèvement serait, si l’on néglige les prévisions de Marx, interminable.

Conclure

Relativement à la réalité politique, les libertés acquises sont toujours à défendre, tandis que d’autres sont à revendiquer. Toute la difficulté est d’admettre que, si l’État garantit aux citoyens une absence effective de contrainte, on ne peut guère lui demander davantage.

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