La mobilité sociale

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Classes, stratification et mobilité sociales
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La mobilité sociale

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Pourquoi la mobilité sociale est-elle un enjeu essentiel ?

1Les différentes formes de mobilité sociale

 La mobilité sociale désigne un changement fonctionnel dans la position sociale d’un individu (mobilité individuelle) ou d’un groupe (mobilité collective). Elle se mesure habituellement à partir de l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle. Elle est dite ascendante lorsqu’elle entraîne une majorité de changements de pcs dans le sens d’une élévation (de revenus, de qualifications, de responsabilité).

 La mobilité sociale peut prendre différentes formes.

  • La mobilité intergénérationnelle recense les catégories socioprofessionnelles respectives des pères et des fils aux mêmes âges.
  • La mobilité intragénérationnelle recense la position sociale d’une personne à différents âges (mobilité personnelle).
  • La mobilité géographique (ou spatiale) concerne le changement d’un lieu de résidence à un autre (mobilité résidentielle) ou d’un lieu de travail à un autre (mobilité dans l’emploi). Elle n’est pas en soi un type de mobilité sociale, mais elle y est associée car la migration est souvent accompagnée d’un changement de statut social.

2Deux indicateurs essentiels : la mobilité nette et la fluidité sociale

AMobilité structurelle et mobilité nette

 La mobilité structurelle est la proportion d’actifs qui doivent occuper une position sociale différente de leurs parents suite au changement de la structure des emplois intervenue entre les deux générations. Il y a ainsi aujourd’hui plus de cadres et moins d’agriculteurs qu’il y a 40 ans.

 La mobilité nette est celle qui reste une fois prise en compte la mobilité structurelle. Elle est « pure » car indépendante de la structure sociale. On la calcule en faisant la différence entre mobilité brute (ou observée) et mobilité structurelle.

BLa fluidité sociale

 La fluidité sociale mesure la mobilité d’une catégorie par rapport à une autre. Si, sur 100 fils de cadres, 80 deviennent cadres et 20 employés, alors que pour 100 fils d’employés, 75 deviennent employés et 25 cadres, alors le rapport de chances relatives (fluidité) pour devenir cadre est de (80/20)/(25/75) = 12. Les chances de devenir cadre plutôt qu’employé sont 12 fois plus élevées pour les fils de cadres que pour les fils d’employés.

 La fluidité sociale complète l’étude de la mobilité intergénérationnelle car elle permet d’analyser les chances respectives des membres de différents groupes sociaux d’atteindre tel ou tel statut. Depuis les années 1950, l’inégalité relative des chances entre fils de cadres et fils d’ouvriers d’accéder à une position de cadre diminue : la fluidité est donc plus importante.

3Importance et limites de la mobilité sociale

 La mobilité sociale est un enjeu politique, car elle permet d’évaluer la réalité de l’égalité des chances dans les sociétés démocratiques. Il y a égalité des chances lorsque les chances d’accéder à une position sociale sont indépendantes de l’origine sociale.

 Les données sur la mobilité sociale intergénérationnelle comportent des lacunes :

– la dernière enquête remonte à 2003 ;

– l’insee étudie uniquement la mobilité des hommes de 40 à 59 ans : les femmes sont écartées du fait de la forte hausse de leur taux d’activité professionnelle (les comparaisons entre générations sont difficiles) ;

– les études de mobilité ne reflètent pas toujours le ressenti des individus lié au contexte dans lequel vit chaque génération.

Conclure

La mobilité sociale reste un enjeu important dans nos sociétés, car elle est le reflet d’un idéal démocratique d’égalité des chances. Il faut donc en évaluer l’évolution, les formes et les limites.

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