La poésie au xvie siècle : de Clément Marot à Louise Labé

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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La poésie au xvie siècle : de Clément Marot à Louise Labé

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La poésie du xvie siècle hérite des formes médiévales, tout en s’engageant dans de nouvelles voies avec Clément Marot et les poètes de l’école lyonnaise (Maurice Scève, Louise Labé).

1 Clément Marot (1496-1544) : un souffle nouveau

 Au début du siècle, les Grands rhétoriqueurs conservent les formes héritées du Moyen Âge mais, à la recherche d’une poésie savante, ils cultivent la virtuosité technique (rimes) et la perfection formelle. Clément Marot s’inscrit dans cette lignée tout en donnant un souffle nouveau à sa poésie.

 Né à Cahors, Clément Marot a été formé à l’esprit de la « Grande Rhétorique » par son père Jean Marot. Il entre très tôt au service de Marguerite de Navarre, sœur de François Ier(>fiche13) et devient le poète officiel de la cour. Ses sympathies pour la Réforme lui valent d’être plusieurs fois emprisonné.

L’Adolescence clémentine (1532) est un recueil qui réunit sa production poétique : rondeaux, épîtres* (lettres en vers envoyées à ses amis, au roi, ou aux dames pour présenter une requête, adresser un remerciement…), élégies (épîtres amoureuses et plaintives), épigrammes.

[Dans cette épître bâtie autour du mot rime, le poète, âgé de vingt-deux ans, demande protection à François Ier.]

En m’ébattant je fais rondeaux en rime,

Et en rimant bien souvent je m’enrime.

L’Adolescence clémentine

[L’épigramme est un poème court de huit à dix vers, souvent satirique. Marot en fait un poème amoureux.]

Anne par jeu me jeta de la neige,

Que je cuidais [croyais] froide certainement :

Mais c’était feu, l’expérience en ai-je,

Car embrasé je fus soudainement […].

L’Adolescence clémentine

L’essentiel sur…

la poésie de Marot

  • Une pratique des formes médiévales (ballades, rondeaux, chansons).
  • L’introduction de formes poétiques nouvelles, imitées de l’Antiquité (épître, élégie, épigrammes) ou de l’Italie (sonnet).
  • Une œuvre qui célèbre les principaux événements de la vie de la cour, mais laisse aussi une large place à une poésie personnelle.

2 La poésie lyonnaise

À Lyon, se constitue un groupe de poètes humanistes* autour de Maurice Scève. Ils découvrent Platon et sa conception mystique de l’amour, et Pétrarque qui leur inspire une poésie précieuse (>fiche17).

A Maurice Scève (1522-1560) : chef de file des poètes lyonnais

 Né à Lyon, Scève est pourvu d’une solide culture humaniste. En 1536, il s’éprend de Pernette du Guillet, jeune poétesse lyonnaise qui l’aime aussi, mais que sa famille marie à un homme qu’elle n’aime pas.

Délie (1544) est un recueil constitué de 449 dizains (poèmes de dix vers) consacrés à Délie, pseudonyme sous lequel se cache Pernette du Guillet. Le poète y exprime sa souffrance et, paradoxalement, le délice de cette souffrance.

Plus tôt seront Rhône et Saône disjoints,

Que d’avec toi mon cœur se désassemble […].

Délie, dizain XVII

B Louise Labé (1524-1566) : la poésie amoureuse

info Le surnom de Louise Labé, « la Belle Cordière », vient du fait qu’elle était fille et femme de cordier (fabricant de corde).

 Louise Labé reçoit une éducation moderne : elle apprend le latin et l’italien, pratique l’équitation et l’escrime. Dans son salon, se rencontrent tous les beaux esprits du temps. L’expérience d’un amour malheureux, hors mariage, lui inspire ses sonnets.

 Dans ses Élégies et ses Sonnets (1555), l’auteure chante la joie de l’amour, du plaisir érotique, la douleur de l’absence.

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie.

J’ai chaud extrême en endurant froidure ;

La vie m’est trop molle et trop dure.

J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Sonnets, VII