La poésie lyrique au Moyen Âge

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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La poésie lyrique au Moyen Âge

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La poésie lyrique est à l’origine une poésie chantée. Au Moyen Âge, elle s’affranchit progressivement de la mélodie.

1 Une poésie chantée par les troubadours

Au Moyen Âge, certaines formes de poèmes, célébrant l’amour ou déplorant ses tourments, étaient destinées à être chantées.

A La chanson de toile

Au début du xiie siècle apparaît la chanson de toile, que les femmes chantent en filant ou en cousant. Ponctuée par un refrain triste, elle conte un petit drame d’amour.

B Le lyrisme courtois

 À la même époque se développe dans le Midi de la France une poésie de cour (dite courtoise*), d’inspiration amoureuse, chantée par les troubadours*.

info Les plus anciens troubadours sont Guillaume IX de Poitiers, duc d’Aquitaine (1071-vers 1126) et Bernard de Ventadour (vers 1150-1200).

 Bientôt, la vogue du lyrisme courtois se répand dans les cours du Nord par l’intermédiaire des trouvères* et sous l’impulsion d’Aliénor d’Aquitaine (reine de France en 1137, puis reine d’Angleterre en 1154) et de sa fille Marie de Champagne.

 Troubadours et trouvères, les premiers en langue d’oc, les seconds en langue d’oïl, modulent à l’infini le thème de lafin’amor ou parfait amour, véritable culte voué à la dame que l’amant s’efforce de mériter en se soumettant à de nombreuses épreuves.

2  Le lyrisme personnel

À la fin du xiiie siècle, la poésie lyrique cesse d’être chantée. L’inspiration se fait plus personnelle.

A Rutebeuf (xiiie siècle) : une vie de misère

 Rutebeuf, vit péniblement de sa plume à Paris. Son nom est un surnom : il est un « rude bœuf », qui trace son sillon avec patience.

 Son œuvre poétique mêle lyrisme et satire : le poète exprime sa souffrance face à la pauvreté (qui éloigne ses amis), en même temps qu’il dénonce les injustices.

Que sont mes amis devenus

Que j’avais si près tenus

Et tant aimés.

La Complainte Rutebeuf, 1261-1262 (?)

B Charles d’Orléans (1394-1465) : un prince poète

 Frère du roi Charles VI, blessé et fait prisonnier à Azincourt (1415), il passe vingt-cinq ans de captivité en Angleterre.

 Sa poésie, composée de pièces courtes (ballades, rondeaux…), exprime la mélancolie de l’exil ou célèbre la beauté de la nature.

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie,

Et s’est vêtu de broderies,

De soleil luisant, clair et beau.

Rondeau, xve siècle

C François Villon (1431-apr. 1463) : une existence tourmentée

Né à Paris, d’origine humble, il est reçu maître ès arts à la Sorbonne. Condamné plusieurs fois à la potence il est sauvé par de grands personnages.

 Dans Le Grand Testament (1461), le poète vit sous la menace constante d’une condamnation à mort. Malade, pauvre et seul, il pleure sa jeunesse perdue et lègue ce qu’il possède aux siens (une ballade* à sa mère, son corps à la terre…).

INFO La ballade est composée de trois strophes de huit ou dix vers suivies d’un envoi (demi-strophe de quatre ou cinq vers). Chaque strophe se termine par le même vers.

 Dans La Ballade des pendus, le poète, sur le point d’être pendu, en appelle à la pitié des hommes. Il donne la parole au misérable cadavre qu’il sera, se balançant au bout d’une corde, proie des intempéries, des corbeaux et des pies.

Frères humains, qui après nous vivez,

N’ayez les cœurs contre nous endurcis.

La Ballade des pendus, date incertaine