La présence de la France dans le monde

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Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : La présence de la France dans le monde

La présence de la France dans le monde

Inscrite dans l’aire de puissance européenne, la France s’ouvre largement sur le monde. Comment peut-on expliquer cette ouverture ? Quels en sont les aspects et les limites ?

1Aux origines de la présence française dans le monde

A Le rôle de la géographie


Les territoires de la France dans le monde

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Le territoire métropolitain, en Europe. Il est baigné par l’océan Atlantique, la mer du Nord et la Méditerranée, les deux premiers comptant parmi les mers les plus fréquentées du globe. Il correspond à l’isthme européen, passage le plus court entre la Méditerranée et la mer du Nord.

La « France du dehors », à l’exception de la Terre Adélie et de la Guyane, est composée d’îles dispersées dans tous les océans.

Quelques chiffres

• Superficie de la France :

– métropole : 551 000 km2

– totalité, avec la Terre Adélie : 1,1 million de km2

• Population de la France :

– métropole : 63,9 millions (2e population européenne)

– totale : 66,6 millions

Le domaine maritime de la France est le 2e du monde. La zone économique exclusive (ZEE), ou zone des 200 miles nautiques, soit 370 km à partir des côtes, s’étend sur 11 millions de km2 ce qui procure ressources halieutiques et nodules polymétalliques. Le seul îlot de Clipperton, dans le Pacifique, donne à la France une souveraineté sur 435 000 km2 d’océan.

B Le rôle de l’histoire


Le rayonnement de la France au xviiie siècle. À l’époque des Lumières, la France est porteuse des idées d’égalité et de liberté, définies par les philosophes tels que Montesquieu. À ce titre, la France est admirée par Frédéric II de Prusse, Catherine II de Russie et aide les Américains à conquérir leur indépendance.

La colonisation des xviiie et xixe siècles entraîne la formation de l’empire français sur tous les continents : Amérique (Canada, Guyane), Afrique (AOF, AEF, Maghreb), Asie (péninsule indochinoise, comptoirs indiens) et Océanie (Nouvelle-Calédonie).

C Le rôle de l’économie


La France est la 5e puissance économique du monde. Son PIB/hab. (43 000 dollars en 2013) se classe parmi les premiers du monde. Son indice de développement humain (IDH : 0,893) est le 20e mondial. Le pays a, de ce fait, la capacité financière de se positionner favorablement dans le monde.

Son rôle est soutenu par son appartenance à l’Union européenne. Cette dernière, par sa politique et ses aides, a permis la modernisation des structures de production et des réalisations de prestige telles que les projets Ariane et Airbus.

Son rôle est conforté par son appartenance au G20 et au G8. Avec ces États reconnus comme les plus riches et les plus puissants du monde, elle participe à des forums de discussion visant à établir la meilleure organisation possible pour la planète.

2Les manifestations de la présence française dans le monde

A Une présence économique


Par ses investissements et ses multinationales, la France est le 5e détenteur d’investissements directs étrangers. 2 500 groupes français sont implantés dans le monde, particulièrement en Europe et dans les États émergents. Ils y détiennent 31 000 filiales employant 4,7 millions de ­personnes. Certaines d’entre elles sont leaders dans leur domaine. La France se classe aussi parmi les premiers récepteurs d’investissements étrangers puisqu’elle accueille le 4e stock d’investissements directs à l’étranger (IDE) et que 18 000 filiales de groupes étrangers employant 1,7 million de personnes y sont implantées.

Quelques firmes transnationales françaises ayant un réel rayonnement international :

Total : énergie

LVMH : luxe

Sanofi-Aventis : biotechnologies

Bouygues : construction

Carrefour : distribution

Par son commerce extérieur. La France est, par exemple, le 6e exportateur et importateur mondial de marchandises (elle vend des avions, des produits pharmaceutiques, des équipements automobiles, des armes, des produits agro-alimentaires et des produits de luxe). Elle est aussi le 4e exportateur mondial de services. Ces échanges sont facilités par ses liaisons rapides avec l’extérieur (autoroutes, LGV, réseau aérien, l’aéroport de Paris Charles-de-Gaulle étant le 6e aéroport mondial).

B Une présence géostratégique


Les appuis de la présence de la France sont :

– ses équipements militaires : armes conventionnelles, missiles et surtout force de dissuasion nucléaire appuyée sur la stratégie « du faible au fort » ;

– son rôle à l’ONU, où elle dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité et donc du droit de veto sur les décisions prises par ce conseil.

Les aspects de la présence de la France sont :

– son rôle diplomatique. La France détient des ambassades dans 193 États. Elle possède le 2e réseau diplomatique mondial ;

– son rôle de surveillance et de renseignement, grâce à ses bases militaires, scientifiques, de télécommunications dispersées sur toute la planète (par ex. : 50 à 100 personnes séjournent entre 6 mois et un an dans les TAAF inhabitées) ;

– ses interventions militaires, en particulier en Afrique, selon le principe « ni ingérence, ni indifférence ».

C Une présence culturelle


274 millions de personnes parlent le français dans le monde, contre 2 milliards de locuteurs anglophones. Le français est la langue la plus parlée sur Internet, une des langues officielles de l’ONU et des Jeux Olympiques. 77 États sont représentés aux sommets de la francophonie (en 2014 à Dakar). Le « français en partage » est encouragé par les établissements culturels à l’étranger (lycées français, Alliance française fondée en 1883).

La culture française est connue et admirée dans le monde et par les 83 millions de touristes (année 2013). Elle brille par ses marqueurs historiques et artistiques (châteaux, musées…), les produits de luxe, la mode, la cuisine, le vin. Elle brille aussi par ses manifestations artistiques (expositions), littéraires ou sportives. Ce n’est pas un hasard si le siège de l’UNESCO (Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture) se situe à Paris.

3Le recul de la présence française dans le monde

A Un recul économique


La France est devenue une puissance moyenne. Sa croissance économique est faible, son chômage élevé, ses problèmes financiers importants (déficit budgétaire, endettement…), sa population vieillissante. Elle n’a plus les moyens d’une politique internationale dynamique.

La France témoigne d’une certaine frilosité à l’international. Les grandes entreprises ont souvent des ressources financières limitées, une culture d’entreprise hexagonale ou au mieux, européenne, peu portée sur la prise de risques. Depuis 2007, les investissements concernant la France sont en net ralentissement.

La France se tourne vers l’Europe plus que vers le monde. Ainsi, les investissements reçus ou émis par la France sont à 72 % européens ; son commerce extérieur l’est à 68 % ; les touristes étrangers le sont à 86 %.

B Un recul dans d’autres domaines


Sur la scène géopolitique internationale, la France n’a plus le même dynamisme. Elle doit compter avec les ambitions des pays émergents comme la Chine. Son influence en Afrique s’émousse (fin de la « Françafrique »). L’arme nucléaire s’est banalisée.

D’autres cultures que la culture française ont le vent en poupe ou sont admirées. Ainsi, en est-il des cultures japonaises, chinoises. Les grands foyers de création artistique sont maintenant à New York, Londres, Tokyo ou Berlin.

4Sujet d’étude n° 1 : Les engagements militaires et humanitaires de la France et des Français dans le monde


La France et les Français conduisent diverses missions dans le monde, reflets de la position internationale de cet État. Quels en sont les buts et quels en sont les résultats ?

A La multiplicité des engagements


Des buts différents :

– diplomatiques ou militaires, afin d’empêcher ou d’apaiser les conflits ;

– humanitaires, afin de favoriser l’insertion économique, sociale, scolaire et, d’une façon générale, de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, mais aussi de porter secours aux victimes de catastrophes naturelles, technologiques ou politiques ;

– environnementaux, afin d’assurer le développement durable de la planète.

Des acteurs différents. Aux interventions de l’armée (début 2015, 20 000 soldats français sont stationnés hors de métropole), de la Sécurité civile qui assure des missions de secours (par ex. : à Sendai, au Japon en mars 2011), de l’Agence française pour le développement s’ajoutent les interventions des ONG. Il y a plus de 10 000 ONG en France (Médecins du Monde, Handicap International…) qui interviennent dans la lutte contre la pauvreté, la maladie (sida, fièvre Ebola…), l’intolérance.

La France et les mandats de l’ONU

– Pour des opérations de sécurité et de maintien de la paix.

– Pour l’application des traités de non- prolifération des armes nucléaires (TNP).

– Pour l’élimination des mines antipersonnel.

Des cadres différents. Les engagements peuvent être menés dans le cadre de mandats internationaux sous la tutelle de l’ONU, d’accords bilatéraux entre la France et le pays d’intervention, d’opérations ponctuelles de gré à gré, ou d’actions citoyennes.

B Les interventions


Les forces militaires françaises dans le monde

 Forces Exemples

– temporaires Tchad, Centrafrique

– sous mandat international Afghanistan, Haïti

– en présence (dans le cadre  Gabon, Sénégal, 
d’accords bilatéraux) Djibouti

– de souveraineté La Réunion, Guyane

Les modalités des engagements sont :

– les accords de défense, par exemple avec les anciennes colonies d’Afrique. Ils sont remplacés progressivement par des accords de coopération militaire avec les forces de sécurité locales (par ex. : au Mali) ;

– les interventions militaires encadrées par l’ONU. Ainsi, l’intervention en Afghanistan d’où la France se retire en novembre 2012 ; intervention au Mali soutenue par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Certaines de ces interventions peuvent être menées dans le cadre du droit d’ingérence introduit par une résolution de l’ONU en 1988 ;

– les aides d’urgence (par ex. : Haïti après le séisme de 2010) ;

– les aides financières régulières. Par le biais de l’Agence française pour le développement, la France s’est engagée à porter sa part de l’aide publique au développement à 0,7 % de son PIB en 2012. Cette aide est allouée aux ONG et aux organismes multilatéraux tels que le PAM (alimentation), l’UNICEF (enfance), l’UNHCR (réfugiés) ;

– la participation aux grandes conférences internationales et aux sommets de la Terre (par exemple : sommet sur le climat à New York en septembre 2014).

Les résultats et leurs limites. La France est ainsi présente dans le monde et elle contribue à des actions axées sur la défense des droits de l’homme et l’avenir de la planète.

Les engagements de la France sont toutefois dépendants de ses disponibilités financières. On assiste actuellement, avec la crise, à une déresponsabilisation des pouvoirs publics.

Les engagementspendent également de la volonté des États dans lesquels la présence de la France pourrait s’exercer. Ainsi, actuellement, la plupart des États d’Afrique souhaite une renégociation de ses contrats de défense avec Paris. Si, en 1980, il y avait 15 000 hommes en Afrique, il y en a aujourd’hui à peine 5 000.

5Sujet d’étude n° 2 : Les Français dans le monde, de nouvelles mobilités


Traditionnellement, la France était un pays d’immigration. Mais aujourd’hui, de nombreux Français vivent et travaillent à l’étranger, témoignage de l’ouverture de la France sur le monde. Qui sont ces Français ? En quoi contribuent-ils au rayonnement de la France ?

A Des Français de plus en plus nombreux à l’étranger


Les expatriations se multiplient. Au 31 décembre 2013, 1 643 000 personnes sont inscrites au registre des Français à l’étranger, ce qui semble bien inférieur à la réalité, bon nombre d’expatriés négligeant de se signaler auprès des consulats. Ce chiffre marque une croissance annuelle de 3 à 4 %.

Les motivations se diversifient. Les raisons professionnelles expliquent la plupart des départs : nécessité de rejoindre un groupe français ou étranger qui s’est internationalisé ou désir de créer sa propre entreprise. Mais d’autres motivations interviennent : familiales (rejoindre un membre de sa famille), fiscales (échapper à la pression fiscale), scolaires ou universitaires (poursuivre ses études à l’étranger), humanitaires (s’engager dans une ONG ou enseigner dans un État francophone) ou simplement désir de vivre ou de passer sa retraite dans un pays ensoleillé où le coût de la vie est peu élevé (Espagne, Maroc).

B Des Français à l’étranger marqués par la diversité


Répartition des expatriés français (%)

– Europe : 50,4

– Amérique du N. : 13

– Amérique latine : 6,1

– Afrique : 14,6

– Moyen-Orient : 8,4

– Asie et Océanie : 7,5

Diversité sociale. Les expatriés sont majoritairement des jeunes : étudiants (50 000 dans le cadre de programmes tels Erasmus) et jeunes actifs. Ce sont surtout des hommes (nombreux cadres). Ils sont plus diplômés que la moyenne française. La durée de leur séjour est variable : 43 % restent moins de 3 ans et 27 % plus de 10 ans. Il s’agit rarement d’une émigration définitive comme celle des Anglais ou Irlandais en Amérique au xixe siècle.

Diversité géographique. La proximité géographique (Europe), les conditions de vie proches de celles de la France sont déterminantes dans le choix du pays d’accueil. Plus de 50 % des expatriés français sont installés en Europe.

C Des Français qui contribuent au rayonnement de la France


Les expatriés maintiennent les liens avec la France. Ils sont représentés par l’Assemblée des Français à l’étranger créée en 2004 et composée de conseillers élus par les Français de l’étranger : elle dépend du ministère des Affaires étrangères. Les Français de l’étranger participent à la vie politique française (élection du président de la République et, au suffrage indirect, de 12 sénateurs). Beaucoup d’entre eux reviennent périodiquement en France.

Ils assurent le rayonnement de la France. Présents sur tous les continents, ils sont des acteurs essentiels de la francophonie. Ils sont aidés en cela par l’Alliance française, les centres culturels et les lycées français (par ex. : le lycée Charles de Gaulle dans « la vallée des grenouilles » à Londres). Ils contribuent non seulement à la diffusion de la langue et de la civilisation française, mais aussi à celle de sa technologie et de son savoir-faire.