La présence de la France dans le monde

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Classe(s) : Tle STMG | Thème(s) : La présence de la France dans le monde

La présence de la France dans le monde

La France dispose d’un rayonnement international qui n’est pas nouveau. Héritée de l’histoire, cette influence se manifeste de différentes manières. La construction européenne, dont elle est l’un des piliers, et le cadre de la mondialisation procurent à la France une place de choix comme semble en témoigner l’intervention militaire au Mali en 2013. Mais cette importance internationale est désormais concurrencée, voire mise en cause par une série de difficultés internes et externes.

1Un rayonnement hérité de l’histoire


Le rayonnement international de la France provient de son passé. À la tête jusqu’aux années 1960 du deuxième plus grand empire colonial, la France a conservé de cette époque de nombreuses traces de son influence. Les DROM-COM (anciennement DOM TOM), respectivement départements, régions et collectivités d’outre-mer se présentent comme des territoires ultramarins ou ultrapériphériques qui procurent des bases militaires et des ZEE (Zones d’Économie exclusive) à la métropole. La présence mondiale de la France s’appuie donc sur un ensemble de territoires pour la plupart insulaires en bordure de tous les océans du monde. Cela lui procure le monopole de l’exploitation des ressources halieutiques sur trois millions de km2. La révision de la constitution en 2003 procure à chaque territoire un statut administratif particulier qui lui confère plus ou moins d’autonomie. Depuis 2011, Mayotte a adopté son statut de département français. Inversement, la Nouvelle-Calédonie est appelée par référendum à choisir son indépendance au plus tard en 2018.

L’ancien contexte colonial procure à la France un rayonnement culturel et linguistique essentiel. Créée en 1970, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) regroupe 57 États et environ 274 millions de francophones. La langue française demeure en vigueur au sein d’institutions internationales telles que l’ONU et le CIO (Comité International Olympique). La diffusion de la langue française apparaît comme un vecteur de rayonnement des valeurs républicaines fondées sur la défense des Droits de l’homme. Elle facilite les accords de coopération interétatiques et contribue à faire de la France une puissance de premier rang. L’Alliance française diffuse l’enseignement de la langue française et se distingue comme le premier réseau culturel mondial. Elle se fonde sur 1 040 implantations dans 136 pays. 450 000 personnes apprennent chaque année le français. Le pays entretient donc des liens privilégiés avec la partie francophone du monde et dispose à cet effet du deuxième plus vaste réseau diplomatique international après les États-Unis. TV5 Monde et RFI (Radio France International) diffusent l’information à 250 millions de personnes à travers le monde.

La France demeure l’un des premiers pays d’immigration au monde et bénéficie d’une image positive liée à son histoire, à ses patrimoines, à son modèle social et à son savoir-vivre. À ce titre, elle est la première destination touristique mondiale et abrite dans sa capitale le siège de l’UNESCO. La France apparaît enfin comme une puissance culturelle de premier plan. Elle défend dans les instances internationales l’exception culturelle censée entretenir la diversité des cultures à travers le monde. Son cinéma, la renommée de ses artistes et de ses écrivains, le classement au patrimoine mondial de 38 sites et de 9 pratiques traditionnelles contribuent à forger son image culturelle à l’étranger. Les 61 récipiendaires du prix Nobel depuis 1901 (dont 10 depuis l’an 2000) et le prestige des Grandes Écoles qui figurent dans les meilleurs classements internationaux procurent une renommée mondiale à la France.

Les territoires de la France dans le monde

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2Une puissance moyenne avec des atouts majeurs


Les 162 ambassades et les 98 consulats œuvrent en faveur des intérêts stratégiques de la France. L’influence de celle-ci s’exerce en premier lieu dans son espace proche, c’est-à-dire au sein de l’Union européenne. Avec l’Allemagne, la France a joué depuis les années 1950 un rôle primordial dans la construction européenne dont elle est l’un des piliers. À l’échelle mondiale, le siège permanent qu’elle occupe au Conseil de sécurité de l’ONU lui attribue le droit de veto, ce qui la met au même plan que les États-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni. La France fait partie du « club nucléaire », c’est-à-dire du groupe des cinq États qui possèdent officiellement l’arme atomique. Cette caractéristique lui permet de figurer parmi les plus grandes puissances mondiales aux côtés des États-Unis.

La France est la sixième puissance économique mondiale ; elle participe au G8 et à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). La valeur de son PIB atteint les 2 113 milliards de dollars en 2013. Bien intégrée dans l’ensemble économique régional de l’UE dont elle est la deuxième puissance, la France se localise dans l’un des trois pôles de la Triade. Son économie en grande parie fondée sur le secteur tertiaire témoigne d’un haut niveau de développement. Paris est l’une des rares villes globales d’Europe et se présente comme un atout pour ancrer le pays dans la mondialisation. De nombreux territoires industriels et agricoles sont en lien avec les marchés européens et mondiaux. La France figure parmi les premières puissances qui émettent et reçoivent les IDE (Investissements Directs à l’Étranger). Parmi les 500 premières FMN mondiales, 39 sont françaises. Plus de 23 000 entreprises étrangères ont fait le choix de s’installer en France. L’internationalisation de l’économie française témoigne donc de son intégration aux circuits de la mondialisation.

Le rayonnement mondial de la France se heurte néanmoins à certaines limites. Considérée comme la première des puissances moyennes, la France ne parvient pas à résoudre un certain nombre de problèmes devenus structurels tels que la question du développement des DROM-COM et de la répartition sur place des richesses, le chômage, le déficit commercial, l’importance des charges et du coût du travail et la lourdeur administrative. L’appartenance à l’alliance américaine de l’OTAN qui la rend dépendante, la relative désindustrialisation, l’endettement et les déficits de l’État qui l’obligent à des économies et la fragilisation des acquis sociaux sont autant d’éléments qui laissent croire aux Français que leur pays est sur le déclin. La nouvelle concurrence des pays émergents (dont l’Inde et le Brésil) en accentue très certainement le risque. Dans tous les cas, la France ne pourra éviter le déclassement qu’au prix de réformes de grande envergure.

La francophonie dans le monde

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Pièges et difficultés

Ne pas confondre

DROM : les départements et les régions d’outre-mer bénéficient du même statut que les départements métropolitains. Ils regroupent la Guadeloupe et ses dépendances, la Martinique, la Guyane, la Réunion et Mayotte. Les DROM font partie de l’Union européenne qu’elle qualifie de « régions ultrapériphériques ».

COM : les collectivités d’outre-mer. Ce sont des territoires administrés selon le statut fixé lors du remaniement constitutionnel de 2003. Elles regroupent Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française. Ces collectivités disposent d’une autonomie dont la gestion est confiée à diverses formes de gouvernement local. Les COM ne font pas partie de l’Union européenne mais appartiennent au territoire français. Leurs citoyens sont de nationalité française, ce qui leur donne le droit de participer aux élections nationales tenues en métropole et dans les DROM.

La Nouvelle-Calédonie bénéficie d’un statut unique qui ne lui permet pas de figurer parmi les DROM-COM. La France possède également l’île de Clipperton placée directement sous l’administration du gouvernement français. Les terres australes et antarctiques (TAAF) ainsi que les îles Eparses disposent d’un statut administratif particulier.

3Sujet d’étude n° 1 : les engagements militaires et humanitaires de la France et des Français dans le monde


La France entretient jusqu’à aujourd’hui une tradition de présence militaire dans le monde. En 2015, 6 500 militaires français étaient engagés à l’extérieur du territoire national. Cette présence militaire à l’étranger intervient à titre national (comme au Tchad et en République centrafricaine), ou bien sous mandat de l’ONU (comme au Liban), de l’OTAN (en Afghanistan et au Kosovo) ou encore de l’Union européenne (lutte contre la piraterie dans le Golfe d’Aden). En plein redéploiement pour des raisons à la fois stratégiques et budgétaires, le dispositif militaire français se réorganise. En Afrique, il se replie sur le Gabon et le Sénégal (pour l’Afrique occidentale) et sur Djibouti (Afrique orientale) qui sert aujourd’hui de base pour la flotte internationale chargée de lutter contre la piraterie le long des côtes somaliennes (mission Atalante). L’armée française se charge de la défense des intérêts français (opération Corymbe dans le Golfe de Guinée depuis 1990), de protéger les ressortissants menacés par des conflits, remplit parfois des missions humanitaires (comme à Haïti en 2010) et intervient aussi sur des champs d’opération comme la Libye en 2011 (opération Harmattan) et le Mali en 2013 (opération Serval). Elle contribue à affirmer la souveraineté française dans les DROM-COM (Forces armées de la zone sud de l’océan Indien stationnées à la Réunion et à Mayotte) et protège les sites les plus sensibles. En Guyane, les forces armées luttent contre les activités illégales et sécurisent la base spatiale de Kourou. L’armée française coopère enfin avec des puissances étrangères dans le cadre d’accords de coopération conclus entre les États (implantation militaire française aux Émirats Arabes Unis depuis 2009).

Les missions militaires françaises à l’étranger exposent le pays à des risques de terrorisme dès lors que les soldats français combattent un adversaire étranger et qu’ils s’associent à des partenaires comme les États-Unis. L’opinion reste sensible aux pertes enregistrées sur les théâtres d’opération comme l’Afghanistan où sont décédés 89 militaires depuis 2001. Le déploiement des forces à l’étranger engendre également des débats politiques sur la nécessité ou pas à intervenir à l’étranger et sur l’attitude à adopter vis-à-vis des États-Unis et de l’OTAN. En 2009, non sans polémiques, sur décision de Nicolas Sarkozy, la France a réintégré le commandement unifié de l’OTAN qu’elle avait quitté en 1966 du temps du général de Gaulle.

Les engagements humanitaires de la France sont le fait de l’État et des ONG (Organisations non gouvernementales). Grâce à son centre de crise (CDC), le ministère des Affaires étrangères peut rapidement intervenir dans le monde afin de répondre à une urgence humanitaire. En novembre 2012, il a fourni au Tadjikistan 600 000 doses de vaccins pour contrer une épidémie de poliomyélite. L’État intervient également par le biais des Nations Unies et de la Croix-Rouge. En 2011, 100 millions d’euros ont été consacrés à l’aide humanitaire d’urgence par le Quai d’Orsay. La France ne se classe pas pour autant parmi les États les plus généreux en matière d’aide humanitaire.

La tradition humanitaire française est surtout le fait des ONG. En 1971, quinze médecins français (dont Bernard Kouchner) fondent Médecins sans frontières (MSF). Les « french doctors » entendent ne pas laisser l’action humanitaire à des organismes internationaux tels que la Croix-Rouge soucieux de neutralité et de non-ingérence. L’action humanitaire défendue par MSF consiste à se rendre « là où les autres ne vont pas ». Cet état d’esprit inspire nombre d’organisations fondées en France depuis les années 1970. L’humanitaire d’urgence aboutit en 1984 à la médiatisation de la famine en Éthiopie et à la mobilisation du monde du spectacle. Depuis les années 1990, l’action humanitaire se préoccupe davantage d’aider au développement à terme. La professionnalisation des acteurs humanitaires suppose un niveau de qualification suffisant et une spécialisation (ingénierie, finances, médecine, droit…) pour prétendre à une action utile. Le Groupe Urgence Réhabilitation Développement (URD) créé en 1993 vise à réformer l’action humanitaire française, à la rendre plus efficace et à mieux l’intégrer aux actions conduites à l’initiative des autres pays. L’humanitaire apparaît donc comme une capacité de mobilisation en faveur des plus démunis et comme un vecteur de la mondialisation.

La présence militaire française dans le monde en 2013

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4Sujet d’étude n° 2 : les Français dans le monde : de nouvelles mobilités


Les Français sont de plus en plus nombreux à s’expatrier. Leur nombre s’est accru de 50 % depuis les années 2000. 1,5 million d’entre eux (inscrits au registre des Français établis hors de France) ont fait le choix de vivre à l’étranger pour des raisons personnelles ou professionnelles (dans 54 % des cas). Leur nombre est en nette progression et a augmenté de 90 000 en 2 011. Il faut ajouter à la liste du registre environ 500 000 personnes, ce qui porte le nombre de Français expatriés à 2 millions.

Les 20 pays accueillant le plus d’expatriés français, 2012

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Source : Ministère des Affaires étrangères, Registre mondial des Français établis hors de France (2012).

L’Europe accueille la moitié d’entre eux. Les pays limitrophes tels que la Belgique, la Suisse ou le Royaume-Uni sont avec les pays à forte croissance (Suède, Finlande, Islande) les destinations privilégiées. L’Italie, l’Irlande, la Grèce et le Portugal attirent moins compte tenu de leurs difficultés économiques. 12 % des expatriés ont choisi l’Amérique du Nord, 9 % le Moyen-Orient, 8 % l’Afrique francophone, 7 % l’Asie-Océanie, 6 % l’Amérique latine et 6 % l’Afrique du Nord. 42 % des expatriés possèdent la double nationalité.

Le profil social des Français de l’étranger montre qu’ils ont en moyenne un bon niveau d’études, qu’ils possèdent à 78 % un emploi, qu’ils gagnent pour la plupart un revenu minimum de 30 000 euros par an. Cadres, fonctionnaires et professions libérales constituent les trois principales catégories socioprofessionnelles expatriées. Les trois quarts travaillent pour une entreprise privée, un quart pour l’État. Le secteur humanitaire regroupe seulement 1 % d’entre eux. Les étudiants représentent 6 % et les retraités un peu plus de 5 %. L’expatriation concerne donc essentiellement les actifs motivés par des raisons professionnelles mais qui se montrent par ailleurs sensibles au désir d’enrichissement culturel.

Les raisons de quitter la France sont multiples. Les catégories les plus riches veulent échapper à une fiscalité jugée trop lourde. Ils sont appelés les « exilés fiscaux » (2 000 vivent en Suisse). Le manque d’opportunités professionnelles pour les plus jeunes les incite à choisir un autre pays. La recherche d’une meilleure qualité de vie motive beaucoup de personnes conscientes qu’à revenu égal, elles disposent à l’étranger d’un pouvoir d’achat supérieur. Les entrepreneurs fuient la lourdeur des charges administratives et beaucoup de jeunes issus de l’immigration veulent éviter la discrimination à l’embauche. Le modèle anglo-saxon séduit en particulier pour son libéralisme. La fuite des cerveaux profite avant tout aux États-Unis qui offrent davantage d’opportunités aux chercheurs les plus qualifiés. Le lien affectif et linguistique entretenu avec telle ou telle origine joue également dans le choix d’aller vivre dans le pays d’où sont originaires les parents ou les grands-parents.

Les Français de l’étranger conservent des liens forts avec leur pays. Le réseau des ambassades et des consulats permet à plus d’un million d’expatriés de participer aux élections qui rythment la vie démocratique française. Depuis 2009, onze circonscriptions législatives ont été instaurées à l’étranger : six députés pour les Français d’Europe, deux pour l’Amérique, deux pour l’Afrique et un pour l’Asie et l’Océanie. Les expatriés demeurent donc intégrés à la communauté nationale. Leurs enfants peuvent profiter d’une scolarisation dans un lycée français qui les prépare aux mêmes examens qu’en métropole. 145 centres et instituts culturels français installés dans 92 pays organisent notamment une vie culturelle qui relie les expatriés à leur culture d’origine.

Les Français de l’étranger contribuent au rayonnement de la France et à son intégration à la mondialisation. Ils sont un vecteur de diffusion de la culture et du mode de vie français. Des chefs cuisiniers s’implantent solidement à l’étranger (en particulier aux États-Unis, en Chine et au Japon) et y construisent des entreprises performantes qui font d’eux des ambassadeurs de la gastronomie nationale. Des Français se retrouvent à la tête de firmes multinationales étrangères et y apportent une french touch. Le nombre de start-up françaises à l’étranger ne fait qu’augmenter. La diaspora française contribue donc à l’internationalisation de l’économie nationale et à l’extension de son modèle culturel.

À savoir

Diaspora : ce terme désigne la dispersion d’une communauté ethnique ou nationale à l’étranger. La plus importante du monde est la diaspora chinoise évaluée à environ 40 millions de personnes.

Les 11 circonscriptions électorales pour l’élection des députés représentant les Français établis hors de France

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Source : ministère des Affaires étrangères et européennes, direction des Archives, 2009.