La question de l’homme dans l’argumentation du XIXe au XXe siècle

Merci !

Fiches
Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
La question de l’homme dans l’argumentation du XIXe au XXe siècle

FB_Bac_98608_Fra1_TT_044

44

101

6

1Au XIXe siècle

ADes débats politiques

 Pendant la période romantique, poètes et romanciers prennent part au débat d’idées sur la politique. Ils s’intéressent aux conditions de vie des hommes, à la misère, ils dénoncent les injustices sociales.

 Ainsi Hugo utilise toutes les ressources de la littérature pour défendre ses positions. Sa poésie se fait dénonciatrice dans Les Châtiments où il attaque Napoléon III. Son roman Le Dernier Jour d’un condamné emprunte la forme du journal pour dresser un réquisitoire contre la peine de mort. Son roman Les Misérables indique dès le titre son intérêt pour ceux que la société malmène. Dans Choses vues, il intervient à la première personne comme témoinde son temps.

 Pendant la période réaliste et naturaliste, le roman l’emporte sur les formes courtes de l’apologue. L’argumentation est moins liée à une forme déterminée mais l’essor de la presse permet la prise de parole publique dans les lettres ouvertes (le fameux « J’accuse » d’Émile Zola).

BDes débats esthétiques

 La modernisation et l’industrialisation de l’Europe changent les valeurs esthétiques. On assiste à des débats sur l’esthétique moderne, une nouvelle conception du beau apparaît, et surgissent de nouvelles valeurs pour l’homme.

 Baudelaire développe sa conception de la modernité dans ses Salons. Les réalistes et les naturalistes, qu’ils soient peintres (Gustave Courbet) ou écrivains (Maupassant, J. K. Huysmans, Zola), écrivent des préfaces ou des manifestes où ils défendent leur conception du beau.

2Au XXe siècle

ALa guerre et la condition humaine

 Les deux guerres mondiales marquent le xxe siècle. La poésie devient chant de guerre ou de refus de la guerre (Robert Desnos, Boris Vian, Jacques Prévert, Paul Éluard, Louis Aragon).

 La prise de conscience de ce que l’homme peut faire subir à l’homme, de la déshumanisation accomplie par le nazisme, rouvre une interrogation sur ce qu’est l’homme. Elle est au cœur du témoignage de Primo Levi, Si c’est un homme.

BLa pensée de l’absurde

Que reste-t-il à l’homme dans un monde sans Dieu et qui a perdu tout sens ? Quelles sont ses valeurs, quelle est sa part de liberté ? La pensée de l’absurde est exposée dans des essais comme Le Mythe de Sisyphe d’Albert Camus.

Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, 1942.

CUne réflexion sur l’engagement

 Au moment où le monde change, où des idéaux révolutionnaires semblent devenir réalité, le théâtre de Camus et de Jean-Paul Sartre se veut un débat sur l’engagement de l’homme dans l’action politique.

 Pour Sartre, l’écrivain doit s’engager dans son temps, et s’y engage de fait dès qu’il écrit : « la littérature efficace, c’est la littérature qui entraîne l’homme vers l’amélioration de la condition des hommes et vers l’humanité » (Situations).

DLe retour de l’apologue

 Les dictatures qui prétendent vouloir le bonheur de tous sont dénoncées dans les contre-utopies (G. Orwell, H. G. Wells).

 La vogue des nouvelles remet en faveur l’apologue. Ainsi la nouvelle de Marguerite Yourcenar « Comment Wang-Fô fut sauvé » (dans les Nouvelles orientales) est en fait une réflexion sur les pouvoirs de l’art.

Conclure

Les formes de l’argumentation directe ou indirecte sont variées ; elles peuvent différer selon leur contexte historique. Vous aurez à vous demander ce qu’apporte la forme choisie par un auteur à l’efficacité de son argumentation.

>>